Des ampoules DEL qui inquiètent

Selon l'Americain Medical Association les apoules DEL blanches... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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Selon l'Americain Medical Association les apoules DEL blanches ont cinq fois plus d'impact sur la qualité de sommeil comparé aux ampoules au sodium.

Patrick Woodbury, LeDroit

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La forte luminosité provenant des quelque 170 nouveaux luminaires équipés d'ampoules DEL blanches installés dans le cadre des travaux de réaménagement de la rue Jacques-Cartier incommode les résidents du secteur à un point tel que le Bureau de l'ombudsman de la Ville de Gatineau a décidé de se pencher sur le dossier, a appris LeDroit.

«Nous suivons ça de très près», confirme la secrétaire générale du Bureau de l'ombudsman de la Ville de Gatineau, Hélène Chagnon. Pour l'instant, aucune enquête n'a encore été déclenchée par l'ombudsman, mais la publication d'un «avis de préoccupation» à l'endroit de la direction générale de la Ville est fortement envisagée. 

Dans un tel cas, la directrice générale, Marie-Hélène Lajoie, aurait 30 jours pour indiquer si l'administration à l'intention d'intervenir ou pas. «Si la direction décide de ne pas intervenir, on pourrait décider de lancer une enquête, précise Mme Chagnon. La décision reviendra aux commissaires.»

Le virage aux ampoules DEL est un virage mondial. L'industrie délaisse les traditionnelles ampoules au sodium au profit de cette nouvelle technologie qui fait miroiter d'importants gains énergétiques et des économies d'argent. La Ville d'Ottawa vient d'annoncer son passage à la technologie DEL, mais a opté pour une ampoule ambrée, moins éblouissante que la blanche, plus populaire et plus économique. 

Gatineau migre tranquillement, pour sa part, vers les ampoules DEL blanches, depuis 2007. L'automne dernier, la Ville affirmait au Droit que ce virage allait devenir systématique dès cette année. 

Son utilisation doit être rendue obligatoire par la Ville, sauf exception, dans toutes les nouvelles rues, dans les nouveaux développements, les parcs industriels, les parcs de quartiers et à l'intérieur et l'extérieur des bâtiments municipaux. 

Plusieurs villes au Québec ont fait le même choix que la Ville de Gatineau, mais de récentes mises en garde de l'Americain Medical Association (AMA) à l'endroit de cette technologie en ont fait reculer certaines. 

La Ville de Trois-Rivières qui avait commencé à changer ses ampoules au sodium en DEL blanches vient de tout stopper. 

Pareil pour la Ville de Montréal. Sherbrooke refusait déjà pour sa part d'embarquer dans le train DEL en raison des risques d'une telle lumière pour la santé.

L'AMA indique que les ampoules DEL blanches ont cinq fois plus d'impact sur la qualité du sommeil que les luminaires équipés d'ampoule au sodium. De nombreux problèmes de santé peuvent naître d'un manque de sommeil.

«Je documente tout ce qui se passe présentement au Québec, explique Mme Chagnon. On pourrait faire un avis de préoccupation parce que les citoyens de l'endroit ont fait une pétition. Ils ont documenté leur intervention. On ne nous a pas demandé officiellement d'intervenir, mais c'est un débat public au Québec maintenant. On pense qu'il y a une problématique. Elle n'est pas unique à Gatineau.»

L'intervention officielle du Bureau de l'ombudsman pourrait survenir à la mi-septembre. «Nous avons une rencontre régulière le 12 septembre et je vais amener ce dossier à la table, indique la secrétaire générale du Bureau de l'ombudsman. Pour l'instant, je ne me concentre pas sur l'aspect de la luminosité, même si j'ai des éléments dans ma poche arrière. Je me concentre sur les délais de réponse de la Ville aux questions des citoyens. Il y a toujours des délais, on peut comprendre, mais ça commence à faire un bout de temps qu'ils attendent.»

Le Bureau de l'ombudsman, à l'instar des citoyens du secteur de la rue Jacques-Cartier, se demande si la Ville n'a pas installé trop de luminaires. «Ce que je veux savoir, c'est combien la Ville a installé de DEL sur la rue, et est-ce que c'est conforme aux normes ? explique Mme Chagnon. Ensuite je pourrais élaborer sur le confort des citoyens et l'impact de la luminosité sur leur sommeil.»

Des filtres

Questionnée par LeDroit sur ses intentions, la Ville de Gatineau a confirmé avoir fait réaliser une étude photométrique le 1er juin dernier sur la rue Jacques-Cartier. 

«L'éclairage au sol apporte confort et sécurité pour la conduite automobile, précise Hélène Lachanche, au service des communications. 

Toutefois, à la suite de l'analyse de cette étude et des recommandations du consultant, des filtres diffusants seront installés sur certains luminaires, dans la zone plus urbaine, à l'ouest de Prince-Albert pour diminuer l'éblouissement.»

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