Le cimetière Barber recevra sa citation patrimoniale

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Jean-Guy Ouimet veille sur le cimetière Barber, dans le secteur Gatineau, depuis déjà plusieurs années.

Etienne Ranger, LeDroit

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Après des années de travail acharné de deux Gatinois pour en faire reconnaître l'importance, le plus ancien cimetière du secteur Gatineau, celui de la famille Barber, situé sur la rue de l'Épée, aura bientôt sa citation patrimoniale.

Le conseil municipal de Gatineau a officiellement mandaté l'administration, mardi, d'aviser le propriétaire du terrain de son intention et de faire valider le tout par le ministère de la Culture du Québec.

Pour Jean-Guy Ouimet et Suzanne Bigras, cette citation patrimoniale est l'aboutissement de plusieurs années d'implication.

Une trentaine de personnes, tous de la même famille, sont inhumées dans ce cimetière qui a été rattrapé par l'urbanisation. Coincé entre deux maisons unifamiliales, l'endroit est tout ce qui reste d'un pan de l'histoire régionale et de ses familles pionnières arrivées dans le canton de Templeton dans la première moitié des années 1800.

«En 2010, quand on a décidé de s'en occuper, l'endroit était laissé à l'abandon, raconte M. Ouimet. Il y avait des débris de construction et des bouteilles de bière. Il y avait un grave manque de respect de l'endroit.»

Lui et plusieurs bénévoles ont entrepris d'entretenir l'endroit. Une corporation vient d'ailleurs d'être formée à cet égard. «Le cimetière est un exemple de cimetière rural de tradition protestante, stipule la résolution du conseil. En ce sens, il est l'un des derniers symboles du passé agricole du secteur. Il témoigne du caractère multiculturel du canton de Templeton à l'époque. Des Irlandais, des Écossais et des Anglais sont inhumés dans ce cimetière.»

Le conseiller du quartier, Gilles Carpentier, a salué le travail des deux citoyens. «M. Ouimet et Mme Bigras ont travaillé très fort, ils ont fait beaucoup de recherche. Leur dossier était bien monté. J'ai cependant dû travailler fort en coulisse pour amener le dossier là où il est rendu.»

Protection du patrimoine: une «culture de l'indifférence» dénoncée

N'eût été des pressions politiques exercées par le conseiller Gilles Carpentier, le président du comité consultatif d'urbanisme (CCU), Richard Bégin, et le maire Maxime Pedneaud-Jobin, les défenseurs du patrimoine auraient attendu encore longtemps avant que le service d'urbanisme n'entame les démarches visant à donner une citation patrimoniale au cimetière Barber.

En juin 2015, le service d'urbanisme a refusé de recommander la citation patrimoniale au cimetière. Deux mois plus tard, le CCU décidait cependant d'ignorer l'avis des fonctionnaires et proposait au conseil municipal d'aller de l'avant, ce que les élus ont fait.

Malgré la volonté du conseil, aucune démarche n'a été entreprise par l'administration avant juillet dernier, soit un an plus tard, juste après l'intervention du maire et du conseiller Carpentier, confirme M. Bégin.  

«Le patrimoine, ce n'est vraiment pas une priorité de l'urbanisme», dénonce Jean-Guy Ouimet, l'un des deux Gatinois à l'origine de la demande de la citation patrimoniale. C'est après en avoir discuté avec M. Carpentier, et le maire lors de la tournée du secteur de ce dernier, que les choses ont commencé à bouger.»

Gilles Carpentier reconnaît le peu de sensibilité envers le patrimoine à l'urbanisme. «Nous avons dû faire beaucoup de pression politique pour y arriver, admet-il. Il n'y avait pas un appétit très fort du côté de nos fonctionnaires. L'approche patrimoniale n'est pas très valorisée. Ce sont vraiment les pressions politiques qui font que nous en sommes là.»

«On part de loin», dit le conseiller Bégin

Richard Bégin admet que le service d'urbanisme de Gatineau pratique depuis longtemps une «culture de l'indifférence» face au patrimoine.

Il espère que les choses changent avec la réforme.

«Ce n'est pas juste à Gatineau qu'on a ce genre de problème, dit-il. La plupart des villes au Québec ont très peu de sensibilité à l'égard du patrimoine. Les municipalités, même les plus grosses, sont rarement équipées adéquatement pour pouvoir bien gérer les dossiers de patrimoine, et ce, même quand elles ont la meilleure volonté du monde. Mais on part de loin à Gatineau. Il faut aussi dire que dans le contexte de réforme actuel, les dossiers de patrimoine n'ont pas une très haute priorité.»

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