Le VG de Gatineau écorche la STO

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Le vérificateur général par intérim n'est cependant pas tendre envers l'organisation du travail au sein des équipes d'entretien de la STO.

Etienne Ranger, Archives LeDroit

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Le vérificateur général par intérim de la Ville de Gatineau, Alain Lalonde, écorche la Société de transport de l'Outaouais (STO).

Dans son rapport 2015, rendu public mardi, il dénonce, entre autres, que des problématiques identifiées dans un rapport produit en 1996 concernant la gestion des pièces de rechange pour les véhicules n'ont fait l'objet d'aucun suivi en 20 ans, ce qui a empêché le transporteur public de profiter d'économies substantielles au fil des ans.

L'élément du rapport qui a cependant retenu beaucoup d'attention concerne l'entretien de la flotte de véhicules de la STO. M. Lalonde précise que le transporteur public, dont 39% des autobus ont plus d'une décennie d'usure, «n'est pas conforme aux exigences de la Société d'assurance automobile du Québec (SAAQ) quant au respect des inspections des freins et des pneus, et quant à l'utilisation des véhicules quand les délais d'inspection sont dépassés».

Le rapport indique que plus de 27% des inspections de freins et de pneus n'ont pas respecté les fréquences réglementaires quant à l'entretien préventif. En tout, 158 fois, un véhicule a roulé alors que le délai d'inspection avait été dépassé de 50%. 

La vérification portait sur les années d'opération 2013, 2014, 2015 et sur le début de l'année en cours. À titre d'exemple, en mars dernier, neuf véhicules ont pris la route alors qu'ils étaient en interdiction de circuler. 

«Nous avons observé plusieurs enjeux en lien avec l'entretien des véhicules, mais nous n'avons pas trouvé d'élément qui pouvait nous faire dire que la sécurité des gens a été mise en danger», a-t-il tenu à préciser. 

Manque de planification

Le vérificateur général par intérim n'est cependant pas tendre envers l'organisation du travail au sein des équipes d'entretien de la STO. Il estime que les lacunes à ce chapitre forcent l'organisation à toujours travailler dans ce qu'il qualifie de contexte d'urgence.

La rapport du vérificateur général par intérim Alain... (Simon Séguin-Bertrand, LeDroit) - image 2.0

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La rapport du vérificateur général par intérim Alain Lalonde intique entre autres que le transporteur public, dont 39% des autobus ont plus d'une décennie d'usure, «n'est pas conforme aux exigences de la SAAQ quant au respect des inspections des freins et des pneus».

Simon Séguin-Bertrand, LeDroit

«Bien que la disponibilité des véhicules soit au rendez-vous pour les usagers, dit-il, la gestion quotidienne des activités d'entretien ne permet pas de s'assurer de fournir des véhicules fiables, au moindre coût possible et de façon efficiente. De plus, les processus en place ne permettent pas de s'assurer du respect de la réglementation en vigueur.»

Le manque de planification et de système fiable de gestion est particulièrement observable dans l'inventaire des pièces de rechange. En 2014, note le vérificateur général, la STO avait un inventaire de pièces d'une valeur de 2,3 millions $. Un an plus tard, en 2015, cet inventaire était passé à 2,8 millions $ sans qu'aucune explication puisse être donnée. Il mentionne aussi que la quantité maximum d'une pièce à avoir en inventaire dépasse actuellement de 37% les normes en vigueur, ce qui représente une somme de 900 000$.

Ce type de problématique avait été identifiée il y a 20 ans et absolument rien n'a été fait pour corriger la situation. «Je trouve ça un peu décevant que l'information était là et qu'elle n'a pas été utilisée et qu'on doive faire le même constat 20 ans plus tard», a-t-il dénoncé. 

M. Lalonde questionne aussi l'implantation du système Le Gareur, acheté en 2013 au coût de 867 000$ pour améliorer la gestion des opérations dans le garage de la STO. Trois ans plus tard, ce système n'est toujours pas pleinement fonctionnel et affiche un taux d'erreur de planification de 51%. «Ça prendrait un peu de discipline au sein de l'organisation pour terminer ce projet», a-t-il simplement indiqué.

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