Un géant européen lorgne les déchets gatinois

L'entreprise Derichebourg pourrait mettre fin à la main... (Etienne Ranger, Archives LeDroit)

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L'entreprise Derichebourg pourrait mettre fin à la main mise des compagnies Waste Management et Malex sur la collecte des ordures à Gatineau depuis une décennie.

Etienne Ranger, Archives LeDroit

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Un géant européen dans le domaine de la collecte des ordures ménagères, du recyclage et du compostage, Derichebourg Environnement, tente actuellement une importante percée dans le marché nord-américain. Et c'est par Gatineau que l'entreprise souhaite s'y attaquer.

La Ville de Gatineau devra, cet automne, octroyer un nouveau contrat pour la collecte à domicile des déchets. Le conseil municipal aura à choisir entre un contrat de deux ans ou un contrat de quatre ans permettant trois années supplémentaires en option. 

La compagnie Derichebourg, avec un prix de 45,3 millions $, apparaît comme le plus bas soumissionnaire pour la deuxième option. Quant à la première, c'est l'actuel détenteur du contrat depuis 2011, Waste Management, qui offre le meilleur prix, à 23,8 millions $.

«Le contrat de Gatineau représenterait pour nous des investissements d'environ 10 millions $ et l'embauche d'une centaine d'employés dans votre localité.»

Stanislas Le Moine
responsable du développement en Amérique du Nord pour Derichebourg

Advenant que la soumission déposée par Derichebourg soit retenue, le colosse européen dont le chiffre d'affaires dépassait les 2,5 milliards d'euros en 2014, viendrait mettre fin à la main mise sur la collecte des ordures exercée à Gatineau par Waste Management et Malex depuis 2006. 

Un tremplin au Québec

Déterminée à s'implanter dans le marché québécois, Derichebourg, une compagnie familiale déjà fortement présente dans les grandes villes de France, d'Italie et du Maroc, a implanté son siège social nord-américain à Montréal en décembre dernier.

La compagnie a obtenu les contrats pour la collecte des ordures dans les arrondissements montréalais de Rosemont-La-Petite-Patrie et Côte-des-Neiges, mais Gatineau serait la première véritable grande ville où s'implanterait la compagnie sur le continent. 

«Gatineau serait un tremplin intéressant pour nous permettre de continuer notre progression au Québec et même en Ontario, admet le responsable du développement en Amérique du Nord pour Derichebourg, Stanislas Le Moine. Les exigences des contrats au Québec ressemblent beaucoup à celles en France.»

Derichebourg souhaite créer plus de 500 emplois au Québec au cours des cinq prochaines années. Son incursion dans la province s'est scellée il y a environ deux ans, lors de la visite au Québec du président français, François Hollande. Depuis, la compagnie a investi plus de 4 millions $ en matériel roulant et a embauché une cinquantaine d'employés.

«Le contrat de Gatineau représenterait pour nous des investissements d'environ 10 millions $ et l'embauche d'une centaine d'employés dans votre localité, précise M. Le Moine. Pour nos camions et l'ensemble de nos équipements, nous ne faisons affaire qu'avec des fournisseurs du Québec. Nous travaillons aussi avec une firme québécoise pour implanter un système permettant d'éteindre le moteur de nos camions lorsque le véhicule est à l'arrêt. Cela réduit le bruit lors de la collecte dans les quartiers résidentiels et diminue d'environ 30% les rejets en CO2 de nos véhicules.»

M. Le Moine ajoute que la compagnie qu'il représente sur le continent nord-américain est pleinement consciente de la situation financière des villes de la province. «Notre politique est d'offrir une prestation de service à un juste prix, dit-il. Quel que soit le marché ou le domaine, quand un nouveau joueur arrive, il force toujours les autres déjà présents à s'adapter.»

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