De la salle de bain jusqu'aux terres agricoles

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En plus de produire de l'engrais prisé par les agriculteurs de la région, l'usine de la rue Notre-Dame utilise le méthane qu'elle produit pour assurer son autonomie énergétique.

Patrick Woodbury, LeDroit

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Ayant déjà réussi à détourner du site d'enfouissement les boues septiques issues du traitement de ses eaux usées, Gatineau vise maintenant une nouvelle étape en termes de rendement environnemental: transformer toutes ses matières biosolides en granules fertilisantes.

La Ville de Gatineau a ouvert les portes de son usine de traitement des eaux usées de la rue Notre-Dame aux médias, mercredi, afin de lever le voile sur le chemin parcouru par l'eau souillée des résidents des secteurs Aylmer, Hull et Gatineau, mais aussi sur ce qu'il en advient une fois qu'elle est «nettoyée».

Bien qu'elle ait commencé dès 1992 à produire des granules fertilisantes avec une partie de ses boues septiques, la Ville a longtemps continué à envoyer des biosolides vers un site d'enfouissement.

De 2012 à 2015, l'enfouissement a été évité, mais un processus de compostage était nécessaire, de sorte que les biosolides devaient être envoyés à Lachute. La Ville a ensuite modifié ses documents d'appels d'offre afin de «forcer la valorisation», indique la directrice du service de l'environnement, Chantal Marcotte.

En se tournant cette année vers l'épandage directement dans les champs sans avoir à composter les matières issues du traitement de ses eaux usées, Gatineau a pu générer une économie annuelle d'environ 300 000$, a fait savoir Mme Marcotte.

«D'enfouir les boues et de les traiter comme une matière résiduelle, comme une ordure ménagère, c'était beaucoup plus cher, explique-t-elle. On parle de 80$ la tonne avant avec l'enfouissement, et aujourd'hui, pour envoyer les boues granulées au champ, c'est 19$ la tonne.»

Gatineau a donc de l'avance par rapport à bien d'autres municipalités québécoises, qui devront se plier à l'interdiction provinciale d'enfouir des matières organiques d'ici 2020.

La Ville a même baptisé son usine STARRE, pour «station de récupération des ressources en eau». «On ne veut plus être une usine où on produit un déchet ou une matière résiduelle, insiste Mme Marcotte. On veut être une usine qui génère des ressources.»

En plus de produire de l'engrais prisé des agriculteurs de la région - particulièrement dans le Pontiac, où les terres présentent une carence en phosphore -, l'usine de la rue Notre-Dame produit du méthane permettant son autonomie énergétique. Le gaz qui émane des boues est mis en réserve et est utilisé pour chauffer l'usine en hiver, mais aussi pour sécher les boues.

L'objectif ultime serait, pour la Ville, de transformer la totalité de ses boues usées en granules fertilisantes. Il en coûte moins cher que les boues septiques pour les acheminer aux terres agricoles, et elles sont préférées par les cultivateurs.

Comme d'importants travaux de modernisation sont en cours à l'usine pour les prochaines années, Chantal Marcotte estime que cet objectif ne sera pas atteint avant 2020. À l'heure actuelle, l'usine produit 2800 tonnes de granules par année, une quantité qui pourrait grimper à environ 5000 tonnes à terme.

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