Difficile de générer de l'enthousiasme

Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin... (Patrick Woodbury, Archives LeDroit)

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Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin

Patrick Woodbury, Archives LeDroit

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Chaque lundi, pendant six semaines, LeDroit passe au peigne fin le bilan du programme du conseil municipal de Gatineau. Cette série de reportages s'appuie notamment sur trois heures d'entrevues avec le maire Maxime Pedneaud-Jobin. Cent quatre-vingts minutes d'entretien, à notre demande, au cours desquelles le programme du conseil a été revu presque point par point. Le thème de cette 3e semaine de publication : Développer une identité gatinoise.

Les Gatinois seraient-ils blasés ? Ou encore désenchantés après des années difficiles pour l'image publique de leur ville, notamment à cause de l'urbanisme. « Il est extrêmement difficile de générer de l'enthousiasme » à Gatineau, avoue candidement et avec une pointe de frustration le maire Maxime Pedneaud-Jobin. 

Une bonne nouvelle à Gatineau a eu trop longtemps tendance à être suivie de deux mauvaises, se désole le maire. 

« Quand une fois par semaine quelqu'un dans les médias dit que ça va mal à l'urbanisme, c'est un peu dur d'être fier de la Ville », lance-t-il, ajoutant toutefois qu'il sent que les choses sont en train de changer. 

« Je pense qu'on est passé de l'autre côté de la force, dit-il. On commence à se sortir d'une situation où il y avait tellement de choses à corriger que c'était difficile d'être enthousiaste. En même temps, les gens doivent demeurer critiques de la Ville, c'est une institution publique. La Ville n'est pas une entreprise qui offre un beau spectacle et dont les gens sont satisfaits à la fin. C'est une organisation qui agit constamment, et quand on agit constamment, on fait des erreurs. On doit les admettre, les expliquer et les corriger. On est aujourd'hui dans une relation beaucoup plus constructive avec nos partenaires. Quand on a un désaccord, les gens sentent qu'on tente de le régler, ce n'est plus juste de la chicane. »

Générer de l'événementiel

Tel que promis, le conseil dotera officiellement la Ville de Gatineau, cet automne, d'une stratégie pour accueillir plus d'événements culturels et sportifs sur son territoire. Il restera aux élus à s'entendre sur la façon de financer ce plan. Il en a été peu question au cours du mandat, mais beaucoup de travail a été fait, indique le maire.

 « À partir du moment où le moindre murmure sur Guertin devient une page complète [dans le journal], c'est sûr que ça laisse moins de place pour la stratégie événementielle », ajoute-t-il.

Ainsi, pendant que les regards étaient sur la gestion du dossier Guertin, Gatineau, le troisième pôle événementiel au Québec, consultait ses partenaires et les promoteurs d'événements. Une visite du conseil a été organisée au Bureau des événements de la Ville de Québec lors du congrès de l'Union des municipalités du Québec, en mai. 

« On a de l'amélioration à faire dans la structure de notre offre, dans le choix des priorités et dans la concentration de l'expertise, note le maire Pedneaud-Jobin. Nous ne sommes pas assez connus. La publicité pourrait être mieux faite. Il y a trop de portes d'entrée pour ceux qui veulent organiser un événement. Structurer tout ça, c'est un des gains faciles qu'on peut faire à Gatineau. »

Le patrimoine, cas par cas

Gatineau a longtemps été reconnue pour le peu d'effort qu'elle mettait à la préservation de son patrimoine. Aujourd'hui, la volonté du conseil est claire en ce domaine. Le projet Place des peuples, de Brigil, est cependant venu ébranler cette conviction naissante à Gatineau. 

« Le patrimoine, c'est un dossier pour lequel tout le monde est pour, mais ce n'est pas tout le monde qui veut faire les choix qui viennent avec, lance le maire de Gatineau. Le patrimoine, ça coûte cher et ça embête toujours quelqu'un. Dans le cas des tours, je ne change pas d'idée. S'il y a un endroit à préserver, c'est ce quartier-là. Il n'est pas parfait, mais il a énormément de valeur. Mais les tours, ce n'est pas qu'une histoire de patrimoine, c'est aussi 400 millions $ d'investissements privés. Les élus tiennent compte de cet élément-là aussi, à un degré plus ou moins grand selon l'élu. »

Retard dans le dossier des bibliothèques

Après avoir évité la question pendant quelques semaines au printemps, le maire Maxime Pedneaud-Jobin l'avoue maintenant sans détour. Gatineau est en retard dans son plan de déploiement des bibliothèques. «Dans ce dossier-là, il reste du travail à faire, c'est clair, dit-il. On est un peu en retard dans certains dossiers, notamment dans le Plateau. C'est clair qu'on est en retard. Ce dossier-là me préoccupe, mais l'argent et la volonté politique sont là.» Guertin, des bouleversements à la direction du service des arts et des échéanciers trop ambitieux plombent présentement le respect de cet engagement du conseil.

 «Si on avait dit oui au centre multifonctionnel, ça aurait été bien plus simple, dit-il, sans remettre en question sa décision et celle du conseil de juin 2015. En refusant, on s'est donné une charge de travail pas mal plus grande. Il fallait recommencer. Ç'a eu un impact sur toute l'organisation, notamment dans le dossier des bibliothèques.» Le maire rappelle toutefois que le présent conseil a mis de côté 21,9 millions $ pour la construction de nouvelles bibliothèques. C'est une première depuis la fusion en 2002.

Orientation #3 : Développer une identité gatinoise

Tous les conseils municipaux voudront laisser leur marque, modeler la ville qu'ils dirigent. Quatorze ans après la fusion, Gatineau se cherche toujours une identité bien à elle. Le conseil actuel a voulu mettre l'épaule. Il s'est donné le mandat de susciter un sentiment d'appartenance aux Gatinois. 

Résolution #1: Que le conseil municipal adopte un plan de déploiements des bibliothèques de proximité et d'un centre culturel, incluant une bibliothèque centrale, au centre-ville.

  • Pour la première fois depuis la fusion, Gatineau a investi dans ses bibliothèques. Une enveloppe de 21,9 millions $ a été réservée pour la phase I du plan de déploiement. Les priorités sont la construction d'une bibliothèque dans le Plateau, la bibliothèque Lucy-Faris à Aylmer, et Guy-Sanche à Gatineau. Le conseil accuse toutefois un retard d'environ un an sur son engagement dans le dossier des bibliothèques. 
Résolution #2: Que la Ville investisse dans la préservation du patrimoine

  • Compléter le financement nécessaire à la mise en oeuvre de la politique du patrimoine
  • Des études financées sont en cours concernant deux bâtiments dans le secteur de l'édifice de la Fonderie. Des citations patrimoniales ont été décernées. Plusieurs projets en analyse.

  • Soutenir directement les organismes oeuvrant dans le domaine du patrimoine
  • Augmentation de l'aide aux organismes en patrimoine.

  • Appuyer financièrement et politiquement le Musée d'histoire régionale de l'Outaouais
  • Restauration de l'Auberge Symmes, subvention de 240 000 $ au Réseau du patrimoine gatinois. Exposition lancée en juin 2015.
Résolution #3: Que la Ville participe davantage à la mise en valeur des arts et de la culture

  • Mettre en oeuvre des mesures pour favoriser l'émergence de regroupement et d'ateliers d'artistes dans l'axe culturel Montcalm
  • Réfection de la rue Morin terminée. Dépôt d'un projet préliminaire pour un regroupement d'organismes culturels et un centre d'excellence sur la rue Morin.

  • Encourager une plus grande présence des artistes locaux dans les lieux de diffusion de la ville
  • Plusieurs projets d'animation culturelle financés au centre-ville. Les artistes locaux occupent 59 % de la programmation dans les salles de spectacles municipales. 
Résolution #4: Que la Ville renforce les services de proximité et rapproche les services municipaux des citoyens

  • Donner un plus grand rôle aux centres de services dans certaines décisions administratives
  • Les directeurs des centres de services jouent un plus grand rôle depuis qu'ils relèvent directement de la directrice générale.

  • Assurer une plus grande accessibilité aux services municipaux par l'entremise des centres de services
  • Le conseil n'a pas amorcé de décentralisation de services.

  • Encourager un déploiement équitable des services et institutions municipaux à travers la ville pour diversifier les pôles d'emploi
  • Le conseil n'a pas amorcé de décentralisation des services.
Résolution #5: Que la Ville s'assure du respect et du succès de la mise en oeuvre du schéma d'aménagement

  • Mettre en place un comité de suivi et de mise en oeuvre formé d'acteurs du milieu
  • Travail en cours.

  • Assurer la revitalisation et le développement de l'offre commerciale dans les coeurs de village
  • Des sommes sont réservées pour appuyer la revitalisation des anciens centres-villes

  • Assurer un plus grand arrimage entre l'aménagement du territoire de la Ville, la planification du transport en commun et le déplacement durable
  • Plusieurs rencontres entre la Ville, la STO et le ministère des Transports
Résolution #6: Que la Ville de Gatineau développe une stratégie pour les grands événements culturels et sportifs

Une stratégie événementielle est en préparation et sera bientôt présentée aux élus.

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