Développement résidentiel controversé à Aylmer

Le terrain en question est situé au nord... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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Le terrain en question est situé au nord du boulevard des Allumettières, à l'est de la rue Vivaldi. Le projet nommé Parc de l'Harmonie est loin de faire l'unanimité dans le quartier.

Patrick Woodbury, LeDroit

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Un dossier complexe préoccupe des citoyens du secteur Aylmer. Ils ne savent plus trop à quel saint se vouer pour freiner - à tout le moins de façon temporaire - un développement domiciliaire sur un terrain qui comprend des milieux humides.

Le terrain en question est situé au nord du boulevard des Allumettières, à l'est de la rue Vivaldi. Le projet nommé Parc de l'Harmonie est loin de faire l'unanimité dans le quartier. Environ 50 citoyens se sont rassemblés pour une séance d'information, jeudi, pour échanger sur ce qu'ils peuvent faire pour bloquer le développement.

Les citoyens ne se disent pas nécessairement opposés à la construction de nouvelles maisons sur ce terrain, mais ils déplorent l'absence d'information dans ce dossier. Ils s'inquiètent, d'une part, de l'impact environnemental du développement en raison de la présence de milieux humides. D'autre part, les résidents du quartier craignent que la construction de nouvelles maisons affecte leur approvisionnement en eau puisqu'il y a principalement des puits artésiens dans ce secteur.

Selon l'un des organisateurs de la rencontre citoyenne, Stefan Haag, pour satisfaire le besoin en information, il faudrait un inventaire de la faune et de la flore, une étude de caractérisation des milieux hydriques, des études d'impact - sur la circulation, l'approvisionnement en eau, etc. - et des mesures de compensation.

Si ces rapports existent, les citoyens affirment ne pas les avoir reçus.

Dossier complexe

Là où les choses se corsent pour ce groupe de citoyens, c'est qu'il est minuit moins une pour faire valoir son point. Minuit est peut-être même passé depuis quelques minutes.

D'abord, le projet résidentiel a reçu l'appui du conseil municipal de l'ex-Ville d'Aylmer il y a plus de 25 ans. De plus, l'actuel conseil municipal a adopté une entente entre la Ville et le promoteur en mars dernier. Les travaux doivent débuter en septembre.

Le conseiller de Lucerne, Mike Duggan, était présent à la rencontre de jeudi. Il déplore que le conseil ait adopté aussi rapidement cette résolution. Informé seulement quelques jours avant la séance du conseil qu'une autorisation serait donnée au promoteur, l'élu a tenté de reporter la tenue du vote. Le conseiller du Plateau, Maxime Tremblay, aurait cependant décidé de déposer la résolution malgré l'opposition de son collègue.

« Moi, je pensais que ce serait assez facile, que le lundi, je demanderais qu'on reporte la décision d'un mois. Ça dure depuis des années, alors ce n'est pas grave d'attendre un mois ou deux pour clarifier la situation. Mais quelqu'un d'autre, sans hésitation, a dit moi je vais le faire, et je ne veux pas risquer une action judiciaire contre la Ville », indique M. Duggan, visiblement amer de cette situation.

Pour donner une chance aux citoyens de se prononcer, Mike Duggan a pigé dans son budget discrétionnaire pour produire une lettre d'information et la distribuer à tous les citoyens de ce quartier. Il estime qu'il est « ridicule » qu'il ait à en faire autant pour freiner un projet qui se trouve à l'extérieur du périmètre d'urbanisation de la municipalité.

« C'est le rôle de l'administration, s'exclame M. Duggan. Je trouve que c'est une insulte majeure. En plus qu'un autre élu va au-delà de moi pour le proposer. Il y a des comptes à rendre. »

La présence de milieux humides et de la rainette faux-grillon, une espèce de grenouille en voie de disparition, ne vient que compliquer le dossier.

Les citoyens ont écrit à la ministre fédérale de l'Environnement, Catherine McKenna, dans l'espoir que le projet connaisse le même dénouement qu'en Montérégie où un développement immobilier a été freiné récemment afin de protéger cette même rainette faux-grillon.

Dans l'entente avec la Ville, le promoteur s'engage à protéger les milieux humides présents sur le terrain. M. Haag, biologiste de formation, reconnaît la bonne foi de l'homme d'affaires, mais croit que ce n'est pas suffisant pour protéger la rainette faux-grillon.

« Il était fier de nous annoncer qu'il y avait 15 mètres avant les zones humides. Sauf que, dans le schéma d'urbanisation de la Ville, ils ont intégré le plan de conservation de la rainette. Là, on lit que pour préserver l'environnement de la rainette, il faut une aire de 250 mètres de diamètre autour de son aire de reproduction. [...] Ils préservent le milieu humide, mais toute la faune et la flore autour est appelée à changer drastiquement. »

Les citoyens comptent maintenant se mobiliser afin que la Ville de Gatineau demande un report des travaux afin de colliger toute l'information jugée nécessaire avant de donner un feu vert au projet.

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