Attentes irréalistes pour le déneigement?

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La politique du déneigement de la Ville de Gatineau prévoit que tous les trottoirs doivent être déneigés dans les 24 heures suivant la fin d'une chute de neige, des objectifs qui devraient être revus «en fonction des ressources disponibles et du type de situation», estime le service des travaux publics.

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Les attentes des élus gatinois par rapport au déneigement des trottoirs lors des tempêtes de 30 cm et plus sont irréalistes. C'est le message qu'a voulu lancer l'administration aux conseillers, mardi, lors de la présentation du bilan des activités hivernales des travaux publics, mais ces derniers n'étaient pas prêts à l'accepter. Du moins, pas encore.

« Ce n'est pas du déni, a insisté le président du conseil, Daniel Champagne. Nous voulons maintenir nos objectifs de déneigement [des trottoirs] dans les 24 heures, même si nous savons que nous ne pouvons pas les atteindre. Nous voulons savoir ce que ça coûterait pour atteindre les objectifs que nous fixons et ensuite nous pourrons prendre une décision et expliquer aux citoyens pourquoi le délai pourrait être plus long. »

La politique du déneigement de la Ville de Gatineau prévoit que tous les trottoirs doivent être déneigés dans les 24 heures suivant la fin d'une chute de neige, que ce soit une petite accumulation ou la tempête du siècle. Le service des travaux publics souhaitait que les élus revoient ces standards « en fonction des ressources disponibles et du type de situation ». Ainsi, les trottoirs les moins prioritaires, ceux qui longent les rues locales résidentielles, devraient être déneigés dans les cinq jours s'il tombe 45 centimètres de neige. Les trottoirs prioritaires seraient toujours déneigés en 24 heures.

« Le conseil n'était pas à l'aise avec cette recommandation, a résumé M. Champagne. Même si c'est la réalité, nous l'avons rejeté. La réalité, c'est que le service qu'on offre, notre capacité actuelle, ne nous permet pas de respecter nos normes de 24 heures. Mais là, on discute en long et en large de l'exception. Entre 1973 et 2008, il n'y avait eu aucune tempête de 35 cm et plus. Je ne veux pas qu'on investisse des millions pour gérer l'exception. On doit avant tout gérer nos communications. »

D'autres conseillers ont semblé ouverts à travailler à réduire les attentes élevées de la population. Peut-être qu'en démontrant aux gens ce que ça coûterait, ils comprendraient, a proposé le conseiller Maxime Tremblay.

« Moi, je ne peux pas vivre avec ça, a rétorqué sa collègue Louise Boudrias. Des gens ont besoin d'avoir accès aux trottoirs pour sortir de chez eux. On doit prendre les mesures nécessaires pour être capables de livrer ce niveau de service là. C'est purement politique. »

Les conseillers Gilles Carpentier et Myriam Nadeau ont émis des réserves à réduire les objectifs au moment où le conseil approuve des investissements dans l'équipement. 

La recommandation de l'administration n'a pas franchi l'étape du vote. Elle a été retirée.

Gatineau investira dans ses équipements

Les tempêtes majeures du 29 décembre et du 16 février derniers, du jamais-vu depuis respectivement 2008 et 1912, ont mis en lumière plusieurs faiblesses de l'équipement de déneigement et des façons de faire de la Ville de Gatineau. Devant la clarté de certains constats faits par le service des travaux publics, mardi, lors du bilan des opérations hivernales, les élus ont accepté d'investir dans du nouvel équipement et donné leur accord à une réorganisation des façons de faire. 

Au niveau des communications d'abord, internes et avec la population, et dans la gestion même des opérations ensuite. L'un des remèdes proposés par l'administration est la mise en place d'un centre de contrôle des opérations de déneigement. Des limitations au stationnement dans les rues étroites sont aussi envisagées. La nouvelle convention collective des cols bleus donnera plus de flexibilité à la Ville pour la gestion des horaires. Des employés seront cependant payés uniquement pour être disponibles, et ce dès le 15 novembre.

Nouvel équipement

Le conseil, réuni en comité plénier, a aussi accepté à l'unanimité de dépenser 1,7 million $ en deux ans pour ajouter des souffleurs aux équipements de déneigement des trottoirs. Une somme de 310 000 $ permettra de renouveler des équipements de soufflage de rues qui ont dû être retirés parce qu'ils ne respectaient plus les normes en vigueur. 

Dans un vote plus serré, les élus ont donné leur aval à la signature d'un contrat de soufflage, qui permettra d'assurer la disponibilité d'une entreprise privée et d'y recourir quand le besoin s'en fait sentir. Il pourrait en coûter 100 000 $.

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