Des firmes collusionnaires de génie-conseil bientôt mises en demeure

«Une série de mises en demeure» seront envoyées... (Étienne Ranger, Archives LeDroit)

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«Une série de mises en demeure» seront envoyées sous peu par Gatineau à des firmes de génie-conseil ayant participé à un système de collusion entre 2003 et 2009.

Étienne Ranger, Archives LeDroit

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Une trentaine de mises en demeure seront expédiées dans les prochaines heures par Gatineau à des firmes de génie-conseil et à leurs administrateurs, exigeant qu'ils se prévalent d'ici le 30 juin du Programme de remboursement volontaire des fruits de la collusion mis en place par le gouvernement.

Les conclusions des analyses faites par les différents services municipaux, ainsi que par la firme KPMG, sont claires et confirment les propos entendus devant la Commission Charbonneau, a annoncé le maire Maxime Pedneaud-Jobin, mercredi, dès l'ouverture du comité exécutif.

Gatineau a été victime de collusion et veut maintenant revoir la couleur de son argent.

Faisant preuve d'une très grande prudence, le maire a refusé de préciser qu'elles sont les firmes qui allaient recevoir la visite d'un huissier, tout comme il s'est bien gardé de dévoiler le montant total que la Ville souhaite se voir rembourser. 

Il est cependant déjà déterminé que les années de collusion ont coûté cher aux contribuables gatinois, «plusieurs millions de dollars», avait indiqué le maire en octobre 2014, lors de la présentation du rapport d'analyse de la Ville sur le «Code Gatineau», mis en place par les grandes firmes de génie-conseil, à Gatineau, de 2003 à 2009. 

Les firmes collusionnaires - CIMA+, Dessau, Genivar et Tecsult - ont monopolisé plus de 90% du marché des contrats de génie de moins de 500 000$ à Gatineau pendant les années de collusion. La qualité du stratagème, selon la Ville, était que les prix demeuraient près du barème établi par l'Association des ingénieurs-conseils du Québec. Les guerres de prix étaient complètement absentes. L'appareil municipal gatinois n'y a vu que du feu. 

Lors de la présentation de ce rapport, LeDroit avait évalué à 4 millions $ la somme payée en trop par Gatineau aux firmes collusionnaires. «Nos journalistes sont compétents, avait alors souligné le maire Pedneaud-Jobin. J'imagine qu'ils ne sont pas complètement dans l'erreur, mais je ne veux pas donner de chiffres. On peut parler de plusieurs millions de dollars.»

Ce n'est qu'un début

Le programme mis en place par Québec pour inciter les firmes collusionnaires à rembourser volontairement ce qu'elles ont volé permet aux institutions publiques de remonter jusqu'à 20 ans en arrière. Il se pourrait donc bien que d'autres entreprises du secteur de la construction ayant obtenu des contrats de la Ville de Gatineau reçoivent la visite d'huissiers dans les prochaines semaines.

«L'exercice fait par KPMG a ratissé très large, a affirmé le maire Pedneaud-Jobin. On a mis dans la machine énormément de contrats octroyés depuis plusieurs années. À un moment donné toutefois, plus on recule, plus ça devient presque de l'archéologie. Il y a encore des analyses qui se font présentement, notamment à la Société de transport de l'Outaouais. En réalité, nous n'arrêterons jamais. Dès qu'on aura des signes qu'il y a quelque chose de pas correct, on va faire les vérifications qu'il faut faire. Le message qu'on veut envoyer c'est qu'on ne tolère pas ça à Gatineau. On protège les citoyens et ils se sont fait avoir pas mal dans le passé.»

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