Confusion entre collusion et stratégie d'affaires sur les chantiers municipaux

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Même si Gatineau n'a pas été victime de collusion, cela n'empêchera pas la Ville de modifier ses façons de faire afin d'avoir «une meilleure vision du marché», a précisé le maire Pedneaud-Jobin.

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Les firmes professionnelles de contrôle des matériaux sur les chantiers municipaux de Gatineau n'ont pas versé dans la collusion entre 2008 et 2013, conclut un rapport dont les conclusions ont été rendues publiques mardi.

C'est plutôt la capacité des fonctionnaires municipaux à voir clair dans une stratégie d'affaires des soumissionnaires qui a fait défaut et qui a semé le doute au sein des élus. 

«Dans ce dossier-là, l'important, c'était d'aller au fond des choses», a affirmé le maire Maxime Pedneaud-Jobin. «Il y avait tellement de questions et de choses qu'on ne comprenait pas qu'on est allé au fond de l'analyse. On l'a fait et je suis content de découvrir qu'il n'y a pas de collusion, que les entreprises sont intègres. C'est juste des stratégies d'affaires qui ont semé ces signaux-là pour nous.»

Le 30 avril 2014, la Ville de Gatineau a rejeté des soumissions pour le contrôle des matériaux dans le cadre de travaux de réfection sur le boulevard St-Joseph. Les offres de prix étaient si basses qu'elles sont devenues carrément louches aux yeux de l'administration municipale. Trois jours plus tard, elle lançait une enquête afin de revoir la totalité des contrats de contrôle des matériaux octroyé pour ses chantiers entre 2008 et 2013.

«Je suis content de découvrir qu'il n'y a pas de collusion, que les entreprises sont intègres. C'est juste des stratégies d'affaires qui ont semé ces signaux-là pour nous.»

Maxime Pedneaud-Jobin
maire de Gatineau

Il est entre autres ressorti de ce rapport que deux firmes, LVM et Qualitas, se sont partagé 94% des contrats, soit 16 des 19 contrats octroyés par la Ville, pour une valeur totale de 3,6 millions $.

«Plusieurs soumissions reçues, provenant des deux firmes, comportent des prix unitaires anormalement bas ou débalancés pour les tests de laboratoires et pour le personnel demandé, précise le résumé du rapport. Plus de la moitié, 58%, des appels d'offres comportaient des soumissions ayant des prix à 0,01$ et 1$ pour des tests. Malgré ces tarifs anormalement bas, les services ont toujours été payés aux tarifs indiqués.»

Cela peut s'expliquer par des appels d'offres imprécis ou par des mauvaises estimations des quantités et des prix unitaires de la part de la Ville. «Les firmes de laboratoire semblent avoir une expertise, une connaissance du milieu et un historique permettant de mieux identifier les quantités réelles et les types de tests requis selon le mandat», ajoute le rapport. 

Même si la Ville n'a pas été victime de collusion, cela ne l'empêchera pas de modifier ses façons de faire afin d'avoir «une meilleure vision du marché», a précisé M. Pedneaud-Jobin.

«On va changer nos appels d'offres pour tenter d'ouvrir le marché, dit-il. Quand deux firmes vont chercher 16 contrats sur 19, à long terme, ce n'est pas viable. On veut plus que deux firmes qui contrôlent le marché.»

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