Le rapport sur le Rapibus, «un exercice incomplet», selon un économiste

Les prévisions faites par la STO avant la... (Patrick Woodbury, Archives LeDroit)

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Les prévisions faites par la STO avant la mise en service du Rapibus ciblaient une augmentation d'au moins 10%, ce qui ne s'est pas concrétisé.

Patrick Woodbury, Archives LeDroit

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L'exercice comptable fait par la Société de transport de l'Outaouais (STO) est un bon pas en avant, mais demeure largement incomplet pour bien évaluer un grand projet d'infrastructure de la nature du Rapibus, affirme un économiste ayant fait une carrière de 30 ans à la Banque du Canada, dont sept ans à titre de contrôleur et comptable en chef.

Jean-Pierre Aubry achète les explications de la STO voulant qu'à 239 millions $, le Rapibus accuse des dépassements de coûts de 33 millions $. «OK, ce n'est plus 100 millions $, c'est parfait, lance-t-il. Mais maintenant, qu'est-ce qu'on a pour ça? On obtient quoi pour 239 millions $? Les citoyens et la STO avaient des attentes et pas seulement sur les coûts, mais aussi sur le rendement, de rapidité du service et en augmentation de la clientèle.»

Plusieurs éléments sont manquants dans l'analyse faite par la firme Strategia, affirme l'économiste qui est aussi collaborateur au Centre interuniversitaire de recherche en analyse des organisations (CIRANO). L'absence des coûts d'exploitation du Rapibus dans l'évaluation présentée jeudi par le transporteur public nuit à la crédibilité de l'exercice, selon M. Aubry.

«Le projet Rapibus, ce n'est pas uniquement un investissement de 239 millions, c'est un service et il faut  en déterminer avec exactitude ses coûts, il faut pouvoir déterminer si les coûts annuels d'opération sont ceux qu'on avait évalués au départ.»

La porte-parole de la STO, Céline Gauthier, assure que le Rapibus fait partie prenante du réseau complet de la STO. Au-delà de l'entretien du Rapibus - environ 1 million $ par année -, «il n'y a pas de budget d'exploitation spécifique au Rapibus, dit-elle. Il fait partie du budget annuel de 86,4 millons $ en 2016.»

M. Aubry affirme que la STO doit aussi mettre en parallèle l'augmentation de sa clientèle depuis la mise en service du Rapibus pour en faire une bonne analyse. Après une baisse de l'achalandage, la STO dit observer une reprise de la croissance depuis septembre 2014. De janvier à avril 2016, la STO a remarqué une augmentation de 1,3% de son achalandage. Les prévisions faites par la STO avant la mise en service du Rapibus ciblaient une augmentation d'au moins 10%.

L'ancien économiste de la Banque du Canada précise que pour être entièrement honnête dans le calcul des coûts reliés au Rapibus, la STO devrait inclure toutes les dépenses juridiques liées au projet, que ce soit le paiement pour des causes perdues devant les tribunaux ou ses frais d'avocats. «Ce sont des montants qui comptent et qui sont directement liés au projet», dit-il. Mme Gauthier précise que ces frais font «partie inhérente de la réalisation du projet, donc du coût final de 239,1 millions $».

L'efficacité, un concept flou?

La STO a aussi affirmé avec beaucoup de candeur, jeudi, qu'elle s'était fait recommander d'abandonner l'aspect de la rapidité pour vendre le projet Rapibus à la population, et de plutôt mettre l'accent sur l'efficacité. «Un des critères importants de l'efficacité en transport en commun, c'est la rapidité, affirme M. Aubry. C'est quoi l'efficacité? Le confort? Le respect des horaires? Pour l'instant, nous avons l'impression qu'il s'agit d'un concept volontairement flou.» 

La directrice des communications de la STO, Renée Lafrenière, indique que l'efficacité est calculé sur les taux de fiabilité, la productivité, les coûts d'exploitation et la satisfaction.

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