Une deuxième vie pour les frênes

En deux ans seulement, Gatineau a abattu plus... (Patrick Woodbury, Archives LeDroit)

Agrandir

En deux ans seulement, Gatineau a abattu plus de 10 000 de ces arbres, dont certains étaient immenses.

Patrick Woodbury, Archives LeDroit

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Un ingénieur forestier de la région propose à la Ville de Gatineau de valoriser localement 30% des frênes qui seront abattus au cours des prochaines années.

Bruno Chicoine, président de la firme Antidote Aboriculture, se désole de voir Gatineau entasser des centaines de billes de bois qui ont une valeur aux dépôts des rues Pink et Granby en attendant qu'un industriel ne passe pour en faire des copeaux de bois dont le destin sera de finir dans la chaudière à biomasse de l'usine Fortress de Thurso. 

Dans une lettre envoyée à l'ensemble des élus gatinois et dont LeDroit a obtenu copie, M. Chicoine affirme que «le potentiel de valorisation du bois de frêne est grand». Il prévoit faire un investissement de plusieurs milliers de dollars pour mettre en valeur ce bois. Tout ce dont il affirme avoir besoin c'est d'un approvisionnement garanti et c'est ce qu'il demande à la Ville. 

«L'inutilisation et la transformation désinvolte de cette ressource constituent un gaspillage considérable à comparer de ce que nous croyons être en mesure d'accomplir», poursuit M. Chicoine.

La lutte contre l'agrile du frêne est sans issue. L'espèce sera complètement éradiquée du territoire de la Ville d'ici quelques années. En deux ans seulement, Gatineau a abattu plus de 10 000 de ces arbres, dont certains étaient immenses. Plus de 3000 frênes sur des sites municipaux aménagés et 50 000 autres sur des sites non aménagés connaîtront éventuellement le même sort. La situation est telle que Gatineau doit ralentir ses opérations de reboisement afin de se concentrer sur l'abattage des frênes. C'est devenu une question de sécurité publique, faisait savoir le service de l'environnement il y a près d'un an.

M. Chicoine affirme que le frêne est un bois franc qui s'apparente au chêne et qui est de plus en plus recherché dans certains types d'aménagements intérieurs. «On fait surtout des manches pour des outils et des bâtons de baseball avec le frêne, mais on peut faire des tables, des tablettes et même des comptoirs avec ce bois, dit-il. C'est d'ailleurs très en demande actuellement par les pubs et les restaurants. Le marché d'Ottawa donne aussi accès à un vaste réseau d'ébénistes.»

La compagnie Antidote arboriculture a déjà fait l'acquisition d'un entrepôt dans le parc industriel Richelieu. 

M. Chicoine prévoit investir environ 25 000 $ afin d'y aménager un séchoir à bois afin de rendre la matière première plus intéressante aux acheteurs potentiels. Il s'est déjà doté de la machinerie nécessaire pour le transport du bois. Il affirme être déjà accompagné par le CLD pour son projet. Selon lui, le projet qu'il propose permettrait la création de 2,5 emplois.

La Ville de Gatineau avait procédé à un appel de proposition auprès d'industriels souhaitant valoriser le bois de frêne en 2015, mais personne ne s'était manifesté. La Ville a donc été contrainte de donner son bois à la firme J.M.J. Cette dernière fait des copeaux qu'elle revend entre 10 $ et 35 $ la tonne à l'usine Fortress.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer