Arbitrage municipal: Pedneaud-Jobin craint un «déni de démocratie»

Maxime Pedneaud-Jobin a joint le rang des inquiets... (Patrick Woodbury, Archives LeDroit)

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Maxime Pedneaud-Jobin a joint le rang des inquiets devant le discours flou du gouvernement québécois.

Patrick Woodbury, Archives LeDroit

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Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, a voulu mettre tout son poids politique dans la balance, jeudi, dans la Vieille Capitale, aux assises de l'Union des municipalités du Québec (UMQ), pour convaincre le gouvernement d'accorder aux villes le droit de décréter les conditions de travail de ses employés.

Il joint ainsi le rang des inquiets devant le discours flou du premier ministre du Québec, Philippe Couillard, et son ministre des Affaires municipales, Martin Coiteux, qui refusent de dévoiler leur jeu et de préciser si le projet de loi sur les relations de travail devant être déposé d'ici la fin de la session parlementaire comprendra le droit de décret aux villes. 

Les maires de Québec et Montréal ont clairement indiqué qu'ils s'attendent à ce que Québec respecte son engagement du dernier pacte fiscal. Le maire Denis Coderre n'a d'ailleurs pas tardé à le faire savoir mercredi. Régis Labeaume a dit craindre un «bris de contrat» de la part du gouvernement.

Le maire Maxime Pedneaud-Jobin a poussé la note en disant, lors d'un atelier sur les relations de travail, que de laisser à un arbitre dicter, comme c'est le cas actuellement, les conditions de travail d'employés municipaux, au lieu de laisser aux villes le pouvoir de faire cet arbitrage entre les conditions de travail des salariés, la quantité et la qualité des services offerts aux citoyens et le fardeau fiscal qui leur incombe, est «un déni de démocratie».

Même si le discours des maires s'est quelque peu adouci au cours des dernières heures, le maire Pedneaud-Jobin a fait un long plaidoyer en faveur du droit de décret, en début d'après-midi, jeudi. «Si le gouvernement ne va pas jusque-là, mais qu'il nous donne des outils qui permettent de rééquilibrer le rapport de force, nous serons tous satisfaits», a toutefois ajouté le maire en entrevue avec LeDroit

Pour le maire de Gatineau, dont les policiers, et bientôt les pompiers, ont quitté la table de négociation pour entamer le processus d'arbitrage de la prochaine convention collective, le rééquilibrage du rapport de force entre les municipalités et leurs employés est un enjeu fondamental. 

«Ce n'est pas un débat pour ou contre le syndicalisme ou même la libre négociation», a lancé M. Pedneaud-Jobin.

Le maire de Gatineau a continué d'interpeller Québec en rappelant que les villes souhaitent obtenir «une vraie fiscalité de gouvernement», des «pouvoirs de vrai gouvernement» et «un vrai contrôle» sur les budgets et leur masse salariale.

«Échouer à rééquilibrer les relations de travail, c'est échouer quant à notre capacité de gérer 50% de nos budgets, c'est échouer sur l'essentiel, a déclaré le maire Pedneaud-Jobin. Notre masse salariale est en large partie contrôlée par un autre gouvernement. À Gatineau, depuis la fusion de 2002, 40% des nouveaux emplois créés sont des emplois de policiers et de pompiers que nous avons l'obligation d'embaucher à cause des normes imposées par Québec.»

Dès qu'un différend persiste entre un syndicat de policiers ou de pompiers et une ville, il est obligatoirement soumis à une procédure d'arbitrage, rappelle le maire. Cette mécanique et l'obligation de tenir compte des conditions de travail qui prévalent dans des municipalités semblables est «une négation de la réalité différente des villes», dit-il. Le tout étant remis entre les mains d'un tiers, non élu. «C'est un vice de légitimité fondamental», a ajouté M. Pedneaud-Jobin.

Pedneaud-Jobin ne sera pas représentant officiel de l'UMQ auprès du fédéral

Le maire Maxime Pedneaud-Jobin ne reviendra pas des assises annuelles de l'UMQ avec la responsabilité officielle supplémentaire de représenter l'organisation auprès du fédéral, un rôle auquel il avait commencé à prendre goût. 

M. Pedneaud-Jobin n'aurait pas refusé le poste de représentant de l'UMQ auprès du gouvernement fédéral, rôle qu'il a joué sporadiquement sous la présidence de Suzanne Roy. Il avait notamment enchaîné les entrevues avec les médias nationaux lors du dépôt du premier budget fédéral de Bill Morneau, il y a quelques semaines.

La conjointe du maire de Sherbrooke et nouveau président de l'UMQ, Bernard Sévigny, Marie-Claude Bibeau, est ministre fédérale du Développement international et de la Francophonie. La situation empêchait M. Sévigny d'être le représentant de son organisation auprès du fédéral sans se placer en conflit d'intérêts.  

Même si le siège du pouvoir fédéral est dans la cour arrière du maire de Gatineau, le nouveau président de l'UMQ a décidé de remettre cette responsabilité entre les mains du maire de Drummondville, Alexandre Cusson, qui a aussi été élu au poste de vice-président de l'UMQ, mardi. 

«Je n'ai jamais eu ce rôle officiellement, a tenu à rappeler le maire Pedneaud-Jobin. J'ai remplacé Mme Roy à quelques reprises et M. Sévigny m'a dit qu'il allait encore utiliser mes services de temps en temps et je suis content de ça. Il est normal que le représentant officiel siège parmi les officiers à l'exécutif.»

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