«Une dépense, c'est neutre», souligne le maire Pedneaud-Jobin

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L'important pour le maire Pedneaud-Jobin n'est pas de dépenser peu, mais de bien dépenser.

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Les résultats positifs de la Ville de Gatineau au plus récent palmarès des municipalités du Québec publié par les HEC Montréal ne font pas changer d'avis le maire Maxime Pedneaud-Jobin sur la validité d'un tel exercice. «On ne peut pas juger de la qualité de la gestion d'une administration par son niveau de dépense», insiste-t-il.

Selon lui, le message qu'envoie un tel palmarès en plaçant en tête les villes qui dépensent moins est erroné. «Une dépense, c'est neutre, ce n'est pas mauvais, dit-il. Les années où nous investissions peu dans nos infrastructures ont provoqué la situation difficile dans laquelle nous sommes aujourd'hui. C'était une grave erreur de ne pas dépenser pour entretenir nos infrastructures à l'époque. Le coût à long terme d'un tel choix est immense. On le voit bien.»

L'important pour M. Pedneaud-Jobin n'est pas de dépenser peu, mais de bien dépenser, et c'est, dit-il, ce que Gatineau cherche à faire le plus possible depuis quelques années. «Nous avons fait un exercice avec la commission de révision des dépenses qui nous a amenés à avoir, cette année, la plus petite hausse des dépenses dans l'histoire de la Ville, rappelle-t-il. Nous nous sommes remis en question dans de nombreux domaines. Ce qu'on veut, c'est que chaque dollar qu'on investit soit utilisé à son maximum. Cet exercice a commencé sous l'ancien mandat et la nouvelle administration a pris ça très au sérieux et aujourd'hui nous pouvons dire que nous livrons la marchandise.»

Les exemples sont nombreux, précise le maire de Gatineau. Il cite les efforts faits avec les cols bleus dans le domaine de l'horticulture. La Ville a revu en profondeur le type de plantes qu'elle mettait en terre pour embellir ses parcs et ses axes routiers afin de choisir des espèces qui nécessitent moins d'entretien. «Il y a des exemples comme ceux-là qui nous ont donné de petites économies et d'autres plus considérables, notamment en réorganisant le travail des cols bleus. Avec les mêmes montants aujourd'hui, nous sommes en mesure d'en faire beaucoup plus.»

Gatineau prête à s'endetter pour refaire ses infrastructures

À chaque présentation budgétaire, à la fin de l'année, l'administration municipale de Gatineau se félicite de la bonne gestion de sa dette - et avec raison.

Le palmarès des villes du Québec publié par les HEC Montréal révèle que Gatineau est parmi les villes de 100 000 habitants et plus qui offrent une des meilleures performances à ce chapitre.

Gatineau se classe en deuxième position quant à son taux d'endettement par rapport à sa richesse foncière et en quatrième position pour le service de sa dette par rapport aux dépenses municipales totales. 

Une telle performance peut à la fois être une bonne et une mauvaise nouvelle, précise toutefois le directeur de Centre sur la productivité et la prospérité des HEC Montréal, Robert Gagné. 

«Un faible niveau d'endettement peut mener à un mauvais entretien des infrastructures municipales, note-t-il. Agir ainsi peut éventuellement faire exploser les coûts d'opération d'une municipalité parce qu'elle est aux prises avec des infrastructures en piteux état.»

De fait, Gatineau accuse un déficit d'entretien de 1,3 milliard de ses infrastructures. Cela se reflète notamment dans les coûts qu'elle doit assumer pour sa gestion des eaux usées et sa production d'eau potable. Gatineau se classe parmi les villes qui dépensent le plus par habitant ou encore par kilomètre de conduite au Québec dans ce domaine. 

Profiter des programmes

La bonne nouvelle, c'est que Gatineau est une des villes les mieux positionnées pour profiter pleinement des généreux programmes d'infrastructures annoncés par les gouvernements fédéral et provincial, précise M. Gagné.

«C'est clair que nous sommes en très bonne position pour ça, reconnaît le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin. Nous savons que nous avons un espace fiscal intéressant. Les taux d'intérêt sont bas et nous avons une bonne marge de manoeuvre sur notre dette. C'est un bon moment pour s'endetter, mais nous devons tout de même demeurer prudents. Le risque c'est une variation brusque des taux d'intérêt.»

Le maire Pedneaud-Jobin va jusqu'à dire que dans le contexte actuel, il serait «plus risqué» pour la Ville de ne pas s'endetter. «Notre problème d'infrastructures est tellement grand, il se détériore, et ça nous coûte plus cher d'année en année, note-t-il. Nous sommes prêts à nous endetter pour profiter des généreux programmes d'infrastructures du fédéral. Nous allons emprunter pour payer notre part. C'est une façon intelligente de gérer notre dette, parce qu'il s'agit de travaux que nous devons faire, mais qui nous coûteront moins cher parce qu'Ottawa et Québec paieront une partie de la facture.»

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