Dépenses sous contrôle à Gatineau

La première année de mandat de l'administration Pedneaud-Jobin, à Gatineau,... (Patrick Woodbury, Archives LeDroit)

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Patrick Woodbury, Archives LeDroit

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La première année de mandat de l'administration Pedneaud-Jobin, à Gatineau, coïncide avec un bien meilleur contrôle des dépenses municipales, révèle le plus récent palmarès des municipalités publié par les HEC Montréal.

Gatineau ne fait cependant pas bande à part à ce chapitre. Le même phénomène est observable dans la grande majorité des municipalités du Québec, sans égard à leur importance démographique.

De 2010 à 2013, les dépenses municipales de la Ville de Gatineau augmentaient en moyenne de 3% annuellement, note Robert Gagné, directeur du Centre sur la productivité et la prospérité (CPP). Cela s'est traduit en réalité, au cours de cette période, par une augmentation de 205$ par habitant. 

Les plus récentes données compilées par les HEC Montréal datent de l'année 2014, soit la première année complète suivant les élections municipales de novembre 2013 qui ont donné lieu à Gatineau à l'élection du maire Maxime Pedneaud-Jobin et à l'entrée en scène d'un premier parti politique dans l'histoire de la Ville. 

Au cours de cette année, Gatineau a vu ses dépenses augmenter de 1,2%, ce qui s'est transformé par une légère hausse de 22,55$ par habitant. «C'est une réduction considérable de la croissance, note le chercheur. On remarque que le plus gros de l'effort à Gatineau a été fait dans l'administration générale où les dépenses ont même été réduites de 10$ par habitant.»

De 2010 à 2013, ce poste budgétaire avait plutôt été en croissance de 15,30$ par habitant.

Un seul secteur d'activité a connu une hausse de ses dépenses, à Gatineau, en 2014, par rapport à la période 2010-2013, d'après l'étude des HEC Montréal. Il s'agit du secteur de l'urbanisme. M. Gagné admet ne pas connaître la situation particulière de Gatineau. Les orientations stratégiques et les choix politiques de la Ville ne font pas partie de son analyse. La réforme à l'urbanisme qu'a entrepris la Ville de Gatineau est pour lui une variable complètement inconnue. Son analyse sur l'augmentation des dépenses par habitant à l'urbanisme est donc uniquement basée sur les chiffres transmis par la Ville au ministère des Affaires municipales.

«L'augmentation dans le secteur de l'aménagement et de l'urbanisme s'explique peut-être par des besoins importants pour la municipalité, dit-il. On remarque que Gatineau a plutôt fait des économies de 6,10$ par habitant dans ce secteur entre 2010 et 2013. Il y avait peut-être des choses à rattraper après avoir fait autant d'économies. Dans la grande majorité des autres municipalités, ce secteur a été en croissance au cours de ces trois mêmes années. Cette hausse ne veut pas dire qu'il s'agit de dépenses injustifiées découlant d'un mauvais contrôle. Il y a parfois un équilibre à faire.»

Ailleurs au Québec

La croissance des dépenses moyenne dans les villes du Québec atteignait 6% par année entre 2010 et 2013. Une telle augmentation était jugée inquiétante par les HEC Montréal. Le meilleur contrôle observé en 2014 n'est pas unique à Gatineau, note M. Gagné. 

«Les premières années de mandat sont celles où les dépenses sont souvent les mieux contrôlées, note le chercheur. Mais cette fois, le retournement de situation est carrément spectaculaire. On peut aussi croire que notre prochain palmarès démontrera aussi un meilleur contrôle par les administrations municipales.»

De fait, les données sur lesquelles sera basé le prochain exercice comprendront les importantes réductions imposées par Québec et le pacte fiscal transitoire. Pour Gatineau, ce pacte avait mené à une réduction récurrente de 6 millions $ des transferts provinciaux.

La performance de Gatineau en 2014 (parmi les 10 villes de 100 000 habitants et plus)

  • Dépense moyenne par habitant: 8e sur 10
  • Coût de l'administration générale sur l'ensemble des dépenses: 3e sur 10
  • Coût de l'administration générale par habitant: 5e sur 10
  • Financement de la dette: 4e sur 10
  • Coût de la voirie par kilomètre: 4e sur 10
  • Coût du déneigement par kilomètre: 3e sur 10
  • Coût des services policiers: 8e sur 10
  • Coût du service des incendies: 9e sur 10
  • Coût de la gestion des eaux usées par m3: 9e sur 10
  • Coût de production de l'eau potable par m3: 6e sur 10
  • Coût des déchets par habitant: 4e sur 10
  • Coût des déchets par tonne métrique: 8e sur 10
  • Coût du recyclage par habitant: 8e sur 10
  • Coût du recyclage par tonne métrique: 7e sur 10
  • Endettement: 2e sur 10

Source: Palmarès des villes des HEC

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