Exaspération chez les promoteurs immobiliers

Ce n'est pas d'hier que Paul-André Charbonneau peste... (Etienne Ranger, LeDroit)

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Ce n'est pas d'hier que Paul-André Charbonneau peste contre les délais de toutes sortes engendrés par la machine administrative gatinoise.

Etienne Ranger, LeDroit

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Excédé de devoir se dépatouiller avec une machine administrative qu'il juge «lente et inefficace», le promoteur immobilier gatinois Paul-André Charbonneau monte aux barricades et demande un changement d'attitude de la Ville envers ceux qui comme lui, dit-il, investissent argent et énergie pour développer Gatineau.

«Les promoteurs immobiliers sont perçus comme les méchants dans cette ville, lance-t-il. Je perçois un manque flagrant de volonté de cette administration et des anciennes de développer la ville. Je ne sais pas à quoi m'attendre de cette sortie publique, mais je suis exaspéré, c'est tout. Nous ne sommes pas perçus comme des partenaires économiques par la Ville. On nous perçoit uniquement comme des gens qui font de l'étalement urbain.»

M. Charbonneau en a gros sur le coeur, et ce n'est pas d'hier qu'il peste contre les délais de toutes sortes engendrés par la machine administrative gatinoise, notamment au service de l'urbanisme et au service technique.

Il affirme ne pas être le seul promoteur à ne plus savoir à quel saint se vouer pour que les projets immobiliers cheminent plus facilement.

Ce sont les délais d'attente pour la révision du plan technique de la phase IV du projet Terrasse de l'Émerad, dans le secteur Aylmer, qui a fait déborder la coupe dans le cas de M. Charbonneau. Son projet compte 218 maisons devant être construites à l'est de la rue Samuel-Edey, entre le boulevard des Allumettières et le chemin McConnell. Plus de 500 personnes y résideront une fois le chantier terminé.

Le plan d'ensemble du projet a été approuvé à la fois par le Comité consultatif d'urbanisme (CCU) et par le conseil après environ trois ans de «tapotage» avec l'urbanisme du centre de service d'Aylmer, précise-t-il.

«J'ai déposé mon plan technique aux ingénieurs de la Ville le 3 septembre dernier, indique-t-il. J'attends depuis ce temps que la Ville me donne ses commentaires et les modifications à apporter au plan afin qu'il soit conforme à ses exigences en matière d'infrastructures. Ça me prend ça pour que je puisse ensuite déposer à nouveau mon plan pour une approbation par l'administration et le conseil.»

Beaucoup de projets, dit la Ville

M. Charbonneau indique que son ingénieur a tenté à quatre reprises de savoir quand les commentaires des ingénieurs de la Ville seraient disponibles. Ce n'est que mercredi de cette semaine qu'il a su qu'il n'aurait aucune information avant la mi-mai.

Le service des communications de la Ville de Gatineau confirme cette information. 

«La Ville de Gatineau a présentement un fort volume de projets qui ont été approuvés et cette réalité a un impact sur le délai de traitement des suivis, a indiqué Yves Melanson, porte-parole de la Ville. Aussi, certains projets sont plus complexes et plus exigeants dans leur gestion, ce qui a un impact sur la charge de travail. La Ville a recruté de nombreux ingénieurs depuis quelques années et est à considérer des solutions au niveau des ressources dédiées à la gestion des projets de développement.»

Frais de croissance

Le promoteur immobilier en est même venu à croire que le bourbier juridique dans lequel est placée la Ville dans le dossier des frais de croissance était la raison derrière ces nombreux délais dans son dossier. La Ville de Gatineau précise que ce n'est pas le cas. 

Un seul projet immobilier est actuellement touché par le flottement juridique causé par le jugement de la Cour supérieure sur les frais de croissance, confirme le service des communications. La porte-parole Nancy Villeneuve ajoute toutefois que la Ville bénéficie d'un délai de 20 jours ouvrables afin de se prononcer sur une demande de permis de construire. «Cette demande a été reçue le 1er avril, dit-elle. La Ville aura déterminé d'ici la fin de ce délai ses intentions quant à un appel possible.»

Frais de croissance: Blondin ne veut pas aller en appel

Le conseil municipal doit décider mardi prochain si Gatineau doit en appeler de la décision de la Cour supérieure dans le dossier des frais de croissance.

S'il n'en tenait qu'au conseiller Jocelyn Blondin, le sort en serait déjà jeté. «Non, dit-il sans détour. On ne devrait pas aller en appel. Il faut éviter d'autres frais juridiques. Il faut cesser d'engager des deniers publics là-dedans.»

M. Blondin estime plutôt que la Ville devrait accepter la main tendue par l'Association des professionnels de la construction et de l'habitation du Québec (APCHQ) et tenter d'en arriver à une entente négociée. Il est toutefois clair que l'APCHQ ne cherche pas une négociation concernant la cause qu'elle vient de gagner devant le tribunal, mais plutôt quant à l'imposition future de frais de croissance à Gatineau.

«On devrait quand même accepter de participer à cette rencontre avec l'APCHQ avant de prendre une décision, affirme M. Blondin. Il revient au cabinet du maire d'accélérer les choses. Ça fait plusieurs fois que l'APCHQ demande à avoir un dialogue avec la Ville au sujet des frais de croissance.»

Sans vouloir nommer qui ils sont, M. Blondin soutient qu'«un certain nombre de [ses] collègues» au conseil sont aussi de l'avis que la Ville ne devrait pas aller en appel de la décision de la Cour supérieure.

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