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Le projet des Mosaïcultures 2017 émondé

Certaines des oeuvres magistrales dont la conception et... (Robert Skinner, Archives La Presse)

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Certaines des oeuvres magistrales dont la conception et la production peuvent parfois coûter plusieurs millions de dollars à elles seules seraient abandonnées, faute d'argent.

Robert Skinner, Archives La Presse

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La Ville de Gatineau devra vraisemblablement faire son deuil d'une exposition de mosaïcultures d'envergure internationale, tel que souhaité au départ, pour souligner le 150e anniversaire de la Confédération canadienne en 2017.

LeDroit a appris que l'offre de financement du fédéral serait de beaucoup inférieure à ce qui était attendu pour compléter le montage financier des promoteurs.

Selon nos informations, Patrimoine canadien mettrait 5 millions $ sur la table pour financer les Mosaïcultures internationales de Gatineau en 2017. Cette information a été corroborée par trois sources différentes qui ont toutes voulu demeurer anonymes.

C'est beaucoup moins que les 14,5 millions $ attendus par l'organisation dirigée par Lise Cormier. Ce montant avait été rendu public par un candidat conservateur de la région lors de la dernière campagne électorale et ancien employé du bureau de l'ex-ministre du Patrimoine, Shelley Glover. 

Le quart du budget prévu

Moins généreuse que souhaité, cette participation financière du fédéral forcerait l'organisation des Mosaïcultures à revoir la totalité de son projet et à en réduire considérablement l'ampleur.

Selon nos informations, le montage financier déposé par Mme Cormier au bureau de la ministre Mélanie Joly, l'automne dernier, dépassait les 40 millions $. Quelque 4,5 millions $ étaient attendus de Québec; 17 millions $ en revenus de billetterie; 6 millions $ en commandites et en financement des provinces canadiennes; et 2 millions $ de la Ville de Gatineau.

Le montant avancé par la Ville de Gatineau est toujours réservé, mais devra toutefois faire l'objet d'éventuelles discussions avec le promoteur, précise la porte-parole du maire, Laurence Gillot. «Une fois que le fédéral et le provincial auront confirmé leur financement, le promoteur devra revenir vers la Ville et nous présenter son plan de match pour que le conseil prenne une décision finale», a-t-elle affirmé.

Quant au financement provenant de Québec, il ne dépasserait pas 2 millions $. Questionnée à ce sujet, mercredi, la ministre responsable de l'Outaouais, Stéphanie Vallée, n'a pas voulu confirmer la participation de Québec. «Le dossier a été présenté et quand ce sera opportun, nous communiquerons les décisions qui auront été prises», a-t-elle indiqué au Droit.

Un événement gratuit, moins de sculptures

Déjà que la partie de l'exposition devant avoir lieu à Ottawa a été abandonnée en février, des sources consultées par LeDroit affirment que l'équipe de Mme Cormier songerait maintenant à n'utiliser qu'une partie du parc Jacques-Cartier pour tenir l'événement.

Il ne serait donc plus question d'une exposition de plus de 75 oeuvres pouvant générer environ 17 millions $ en revenus de billetterie, comme annoncé au départ. 

L'ampleur prévue de l'exposition serait à ce point réduite que l'organisation des Mosaïcultures internationales jonglerait avec l'idée d'en faire un événement gratuit, se privant du même coup d'une partie importante de son financement. Certaines des oeuvres magistrales dont la conception et la production peuvent parfois coûter plusieurs millions de dollars à elles seules seraient abandonnées, faute d'argent. 

Et les retombées?

Ces importantes modifications remettraient aussi en question l'ampleur des retombées économiques que faisait miroiter le promoteur en septembre.

Accompagnée du grand patron d'Investissement Québec, Louis L. Rocquet, Mme Cormier, étude de KPMG/SERCOR à la main, prévoyait que l'événement générerait des dépenses de toutes sortes de 56,5 millions dans la région, dont 21,8 millions en dépenses touristiques. Plus de 530 emplois allaient être créés. 

Mme Cormier n'a donné suite à aucune demande d'entrevue du Droit depuis février. Il a été impossible de la joindre mercredi. Son bureau a indiqué qu'elle était en direction de la Turquie pour aller s'occuper de l'exposition qu'elle prépare dans le cadre des Floralies internationales d'Antalya, qui s'ouvrent le 23 avril.

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