Camping des itinérants: la réaction tardive du maire suscite des questions

Le conseiller Daniel Champagne affirme avoir été surpris... (Patrick Woodbury, Archives LeDroit)

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Le conseiller Daniel Champagne affirme avoir été surpris d'entendre le maire, mardi soir, au terme du conseil, annoncer qu'il n'y aurait pas de camping cet été près du ruisseau.

Patrick Woodbury, Archives LeDroit

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Plusieurs élus gatinois s'expliquent mal pourquoi le maire de Gatineau a pris autant de temps avant d'annoncer officiellement la fin de l'expérience du boisé des itinérants aux abords du ruisseau de la Brasserie, alors que les messages des intervenants voulant passer à autre chose se faisaient de plus en plus insistants depuis plusieurs mois.

La députée de Hull, Maryse Gaudreault, soutient que le maire Maxime Pedneaud-Jobin a continué de défendre l'idée d'un camping pour les itinérants jusque dans les derniers instants, malgré plusieurs opinions inverses. «Il aurait été prêt à continuer pour une troisième année, peut-être sous une autre forme, mais il y voyait encore des effets positifs, il y tenait beaucoup, raconte la députée. J'imagine qu'il s'est finalement rendu à l'évidence que les risques d'événements malheureux étaient trop grands.»

Le conseiller Daniel Champagne affirme avoir été surpris d'entendre le maire, mardi soir, au terme du conseil, annoncer qu'il n'y aurait pas de camping cet été près du ruisseau. «Il n'avait jamais eu cette position avant, affirme le président du conseil. Moi, j'ai toujours dit que le camping était une fausse réponse à un vrai problème. Lui, il ne prônait pas le démantèlement, au contraire.»

Si M. Pedneaud-Jobin a pris plusieurs de ses collègues par surprise, mardi, c'est parce qu'il a été en réaction aux événements tragiques survenus tout près du site, affirme le conseiller Maxime Tremblay. «C'était devenu évident qu'un événement malheureux allait se produire, dit-il. La séquence d'escalade était claire. Le maire a été en réaction à ça mardi.»

«Sentiment d'urgence»

Maryse Gaudreault s'explique aussi mal pourquoi la Ville de Gatineau n'est pas intervenue avant mercredi pour déloger ceux qui s'étaient déjà installés au camping. Selon elle, cette décision aurait dû venir d'elle-même dès l'automne dernier, sinon dès la fin de la rencontre de formation en février, alors que les intervenants étaient presque unanimes pour mettre fin officiellement à l'expérience. «Je crois qu'il revient à la ville d'expliquer pourquoi, dit-elle. Il y avait pourtant un sentiment d'urgence. On voyait le beau temps arriver.»

Le conseiller Gilles Carpentier et sa collègue Louise Boudrias cherchent aussi tous deux à comprendre pourquoi le maire a pris autant de temps avant de statuer sur l'avenir du boisé, ou de demander l'avis du conseil à ce sujet. D'après l'horaire des prochaines semaines du conseil municipal, les élus doivent se prononcer sur l'avenir du camping le 29 mars, alors qu'il a été démantelé mercredi.

«C'était clair pour tout le monde, dès la rencontre de février, que le camping ne revenait pas cet été, indique Mme Boudrias. Pourquoi avoir attendu à cette semaine? Nous allons parler de quoi le 29 mars? Cette présentation aurait dû être faite en février. Le maire ne peut pas prétendre qu'il s'est fait prendre par un printemps hâtif. Nous aurions dû nous prononcer dès le mois de février.»

Maxime Tremblay est d'avis que toute cette controverse est un autre exemple qui démontre que le maire a tendance à centraliser tous les dossiers à son bureau. «On prend du retard dans tout et nous n'arrivons pas à prendre les décisions au bon moment, dit-il. C'est bien connu en gestion, c'est ce qui arrive quand il y a une trop grande centralisation.»

Le maire de Gatineau n'a pas été en mesure, jeudi, de donner suite aux demandes d'entrevue du Droit.

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