Vives confrontations au conseil municipal

Le conseiller Blondin entend pousser sa logique jusqu'au... (Etienne Ranger, Archives LeDroit)

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Le conseiller Blondin entend pousser sa logique jusqu'au bout, la semaine prochaine, en déposant une résolution qui demandera aux membres du conseil «de ne pas endosser le mémoire présenté par le maire parce qu'il ne représente pas l'opinion du conseil».

Etienne Ranger, Archives LeDroit

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Le débat sur les frais de croissance, notamment ceux imposés aux institutions publiques comme les écoles et les hôpitaux, s'est transformé en séance publique de lavage de linge sale, mardi, à la table du conseil municipal de Gatineau.

À la tête de la contestation se trouve le conseiller Jocelyn Blondin, qui a toujours de travers de la gorge la présentation faite par le maire Maxime Pedneaud-Jobin, en commission parlementaire, à Québec, le 23 février dernier. Il s'oppose farouchement depuis plusieurs mois à ce que Gatineau impose des frais de croissance aux institutions publiques et exige un débat sur cet aspect de l'épineux règlement qui, de surcroît, fait actuellement l'objet d'un litige juridique.

«Le conseil ne s'est jamais prononcé sur ce mémoire et je trouve ça inacceptable, a-t-il lancé. Je comprends qu'il ne faut pas rouvrir ce dossier au complet, mais j'insiste sur l'aspect du règlement concernant les institutions publiques.» Le conseiller Blondin entend pousser sa logique jusqu'au bout, la semaine prochaine, en déposant une résolution qui demandera aux membres du conseil «de ne pas endosser le mémoire présenté par le maire parce qu'il ne représente pas l'opinion du conseil».

Jouer avec le feu

Le maire Pedneaud-Jobin s'est vivement défendu en affirmant qu'il n'a fait que déposer, à Québec, la position actuelle de la Ville. «J'ai défendu le règlement actuel, notre plan financier à long terme et plusieurs de ses principes [...] comme celui de faire augmenter la contribution des autres paliers de gouvernement», a-t-il insisté.

Le conseiller Maxime Tremblay a mentionné que les débats à huis clos sur cette question laissent présager une «remise en question» de l'imposition pour les institutions publiques. «Le maire peut dire ce qu'il veut, mais le conseil peut aussi le désavouer», a-t-il affirmé.

M. Pedneaud-Jobin a aussi laissé entendre que le conseiller Blondin et ceux qui l'appuient dans sa démarche jouent dangereusement avec le feu puisque le dossier fait actuellement l'objet d'un litige juridique. Le maire précise qu'il avait été préalablement décidé de ne pas rouvrir le règlement tant que le dossier opposant la Ville à l'Association des professionnels constructeurs d'habitation du Québec ne serait pas réglé. 

«Nos avocats nous l'ont dit il y a quelques mois et ils vont nous redire la même chose, prévient le maire. Dans un processus juridique comme celui-là, il ne faut pas rouvrir notre règlement.» De fait, le danger fiscal est important pour les contribuables gatinois. Si Gatineau perd sa cause, ce sont 13,6 millions $ facturés depuis 2013 qui devront être remboursés par la Ville aux promoteurs immobiliers. De ce montant, 1,5 million $ provient des frais de croissance exigés des institutions publiques. 

«Ça ne me dérange pas qu'on s'attaque à moi dans votre résolution, a lancé le maire au conseiller Blondin. Mais quand vous dénoncez l'ensemble du mémoire, ce n'est pas juste à moi que vous pourriez nuire, mais à tout Gatineau. Je vous invite à raffiner votre résolution afin qu'elle ne dénonce pas l'ensemble de l'oeuvre. Nous sommes en train de faire bouger tout le Québec dans ce dossier-là. Ce qu'on est en train de faire pour les contribuables de tout le Québec est extraordinaire. Des mesures concrètes pour limiter la pression sur la taxe foncière, il n'y en a pas beaucoup. Vous pouvez m'attaquer, mais je vous en conjure, raffinez votre résolution.»

Au terme du débat, Jocelyn Blondin a indiqué qu'il consulterait les conseillers juridiques de la Ville avant de déposer sa résolution, mardi prochain. «Si je ne peux pas le faire, ils me ramèneront à l'ordre», a-t-il conclu.

Le maire a versé dans la partisanerie, accuse Sylvie Goneau

La conseillère Sylvie Goneau accuse le maire de Gatineau d'avoir versé dans la partisanerie en se prononçant sur le financement des fonds de recherche pour les élus lors de la présentation du mémoire de la Ville de Gatineau sur les frais de croissance, en commission parlementaire, à Québec, il y a deux semaines, sur le projet de loi 83.

«La position évoquée par le maire n'est pas équitable pour les élus indépendants, a-t-elle affirmé, mardi. Ces revendications ont en plus été faites par un maire [chef de parti] dont le conseil est majoritairement indépendant. Nous n'avons jamais eu de discussion sur cette question et le maire a pris une position tout à fait partisane. Le maire n'a pas à faire fi de l'opinion des membres du conseil.»

Maxime Pedneaud-Jobin s'est défendu en affirmant qu'il a défendu un principe d'équité pour tous les élus, qu'ils soient membres d'un parti politique ou indépendant. «J'ai exprimé ma position qui est aussi celle de l'Union des municipalités du Québec (UMQ) et du caucus des grandes villes. Ce principe est au-dessus de tout et veut que les élus soient respectés et considérés pour ce qu'ils sont, des élus.»

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