Un mois d'attente après une plainte d'insalubrité

Il faut en moyenne près d'un mois à la Ville de Gatineau pour qu'un inspecteur... (Robert Skinner, Archives La Presse)

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Robert Skinner, Archives La Presse

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Il faut en moyenne près d'un mois à la Ville de Gatineau pour qu'un inspecteur en salubrité établisse un premier contact lorsqu'une plainte est formulée par un locataire de taudis. Dans les secteurs Masson-Angers et Buckingham, ce délai moyen atteint pas moins de 82 jours.

L'attente pour une réponse des services municipaux varie beaucoup d'un secteur à l'autre de la ville. Il s'agit du principal constat qui ressort du premier bilan annuel du règlement relatif à la salubrité et à l'entretien des habitations et des logements de la Ville de Gatineau, rendu public mardi matin. 

«Il était temps qu'on fasse ce bilan, a lancé la conseillère et présidente de la commission permanente sur l'habitation à Gatineau, Myriam Nadeau. Sans bilan, on ne pouvait pas se donner un plan pour s'améliorer. C'est un outil indispensable pour savoir d'où on part et où on veut aller. Il illustre de façon factuelle et objective des données préoccupantes, voire inacceptables.»

Les services municipaux expliquent que ces longs délais proviennent en grande partie du peu de ressources affectées sur le terrain pour faire le travail. La Ville de Gatineau ne dispose que de deux inspecteurs en salubrité à temps plein et un troisième à temps partiel. Mme Nadeau précise que des mesures ont déjà été prises afin d'améliorer les délais d'intervention, notamment en centralisant les équipes. La conseillère indique que les délais avant un premier contact se rapprochent maintenant de la norme que se fixe la Ville de Gatineau qui est de deux jours ouvrables avant un premier contact avec le plaignant.

Plus de 100 jours

Les délais moyens pour traiter la plainte et régler la situation atteignent pour leur part 102 jours pour tout le territoire de Gatineau. Encore une fois, ce sont les secteurs de Masson-Angers et de Buckingham qui font le plus les frais du manque de personnel sur le terrain. Les délais moyens atteignent 159 jours dans ces secteurs et 136 jours dans le secteur Aylmer. 

Entre le 1er juin 2014 et le 31 mai 2015, les services municipaux ont enregistré un total de 450 plaintes dont 119 concernaient des éléments urgents comme une issue bloquée, la présence d'une situation dangereuse, l'absence de chauffage, la présence de vermine et des moisissures visibles en grande quantité. 

Registre public des taudis: pas pour tout de suite

En campagne électorale, en 2013, le parti Action Gatineau promettait de mener une lutte sans merci aux propriétaires de taudis. Le parti du maire Maxime Pedneaud-Jobin proposait même de rendre public un registre des taudis sur le territoire de la Ville de Gatineau.

Un peu plus de deux ans plus tard, la volonté d'enrayer les taudis demeure, mais le ton est un peu moins agressif. Le programme du conseil municipal parle plutôt d'un «registre des cas problématiques» dont la publication semble se buter à des aspects légaux dont n'avait pas tenu compte le parti alors qu'il sollicitait l'appui des électeurs.

«La question c'est est-ce qu'on loue des taudis à Gatineau, a proposé la conseillère Myriam Nadeau. Est-ce que le registre a besoin d'être public pour qu'on cesse de louer des taudis? C'est ça la nature de la réflexion que nous faisons.»

Ainsi, les modalités et les aspects légaux d'un tel registre sont encore en discussion à Gatineau. «L'objectif de ce registre est qu'on ne loue pas de taudis à Gatineau et qu'on prévienne que des logements deviennent des taudis», a ajouté la présidente de la commission permanente sur l'habitation.

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