La STO mal chaussée pour l'hiver

L'hiver, les autobus de la STO roulent en... (Simon Séguin-Bertrand, Archives LeDroit)

Agrandir

L'hiver, les autobus de la STO roulent en pneus à rayures, alors que les flottes des autres sociétés de transport sont équipées, en tout ou en partie, de pneus à traction.

Simon Séguin-Bertrand, Archives LeDroit

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

De tous les transporteurs publics du Québec, la Société de transport de l'Outaouais (STO) est le plus mal chaussé pour affronter l'hiver, une situation que les chauffeurs dénoncent à l'interne depuis maintenant deux ans.

Les autobus de la STO roulent en pneus à rayures, l'équivalent de pneus quatre saisons pour un véhicule automobile, alors que toutes les autres sociétés municipales de transport de la province sont équipées, en tout ou en partie, de pneus à traction, beaucoup mieux adaptés aux conditions hivernales.

«La grande majorité des véhicules lourds utilisent des pneus à traction pendant l'hiver, explique Guy Gosselin, vice-président du syndicat des chauffeurs de la STO et président du comité santé et sécurité au travail. Les pneus à rayures que nous avons à Gatineau perdent presque toute leur efficacité dès qu'il y a une accumulation de neige ou de glace sur la chaussée. Les distances de freinage sont beaucoup plus longues avec des pneus à rayures dans des conditions hivernales. Nous jugeons que c'est une question de sécurité, tant pour nos chauffeurs que pour la clientèle.»

Il y a deux ans, presque jour pour jour, le syndicat déposait une pétition signée par 228 chauffeurs de la STO pour réclamer du transporteur qu'il équipe les essieux arrière des véhicules de pneus à traction. La STO a mis à l'étude deux modèles de pneus sur une dizaine de véhicules afin de faire des tests. La porte-parole du transporteur, Céline Gauthier, confirme que l'analyse sur la performance de ces pneus est toujours en cours et que l'organisation souhaite demander au Conseil national de recherches du Canada (CNRC) d'exécuter des tests laboratoires, l'an prochain.

Selon M. Gosselin, il s'agit d'une tactique de l'employeur pour gagner du temps, d'autant plus qu'OC Transpo a fait faire ces tests par le CNRC récemment. «La STO avait pourtant équipé ses autobus de pneus à traction en 2009-2010, note le vice-président du syndicat des chauffeurs. Nous avons utilisé ces pneus pendant deux ans et les chauffeurs les appréciaient beaucoup. L'employeur a cependant décidé de revenir à des pneus à rayures pour des considérations budgétaires.»

Les nouveaux autobus à plancher bas seraient aussi plus à risque de dérapage, de freinage sur une longue distance et d'enlisement avec des pneus à rayures, soutient M. Gosselin.

Retards, enlisement et solidarité

La STO confirme qu'une vingtaine de véhicules se sont enlisés pendant la tempête de mardi.

Malgré des conditions exceptionnelles, Mme Gauthier admet que les véhicules à plancher bas présentent des défis particuliers lors d'accumulation de neige. Certains chauffeurs ont dû attendre plusieurs heures avant qu'on vienne les sortir du pétrin.

Cela a donné lieu à des élans de générosité, affirme la porte-parole, notamment près de la rue de la Galène, dans le secteur des Hautes-Plaines, où des résidents ont offert eau, café et sandwiches à un chauffeur enlisé.

Les conditions de la chaussée rendues extrêmement difficiles par l'accumulation de neige ont évidemment eu un impact sur le service de la STO. Aux heures de pointe, mardi, le retard moyen sur les réseaux de la STO pouvait varier entre 25 et 60 minutes, selon le secteur. Un total de 18 voyages ont dû carrément être annulés à cause de contraintes opérationnelles.

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer