Quartier créatif: Gatineau avait déjà l'étude en main

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La direction du service des arts et de la culture de la Ville de Gatineau avait en main l'étude sur le Quartier créatif depuis le 28 août dernier et savait très bien qu'elle était incomplète et que le montage financier attendu par les élus était absent du document, mais rien n'a été fait pour corriger le tir avant sa présentation au conseil à huis clos, il y a deux semaines.

Le directeur de Vision centre-ville, Stefan Psenak, accepte une partie du blâme pour avoir déposé une étude incomplète et en retard d'un an sur le Quartier créatif de Gatineau, mais il soutient ne pas avoir eu toute la collaboration promise au contrat avec la Ville pour sa réalisation. LeDroit révélait, dans son édition de lundi, de grands pans de l'étude attendue depuis un an par le conseil municipal sur l'identité à donner au centre-ville de Gatineau.

«Je considère que nous n'avons pas eu l'accompagnement qu'on a demandé à la Ville et c'est pour cette raison que le cadre financier ainsi que les estimations de retombées ne font pas partie de l'étude, explique M. Psenak. Il y avait une obligation pour la Ville d'accompagner l'organisme et dès avril 2015, nous avons demandé l'aide pour réaliser le cadre financier du Quartier créatif.»

Selon M. Psenak, Louis Cabral, qui dirigeait alors le service des arts, n'a pas donné suite à la demande de Vision centre-ville. Ce dernier n'a aussi rien fait pour que l'étude soit complétée avant qu'elle soit présentée aux élus, même si, selon M. Psenak, la moitié des 50 000 $ consentis pour la réalisation du document n'avaient pas été dépensés.

«Il devait y avoir une évaluation de l'étude de la part des services municipaux», précise le directeur de Vision centre-ville.

«La Ville avait le document final dès septembre. Ce n'est pas à moi à expliquer ce qui s'est passé entre septembre et décembre. À part les élus qui n'étaient pas au courant, personne ne peut dire qu'il ne savait pas que notre étude ne contenait pas de cadre financier.»

Cabral parti

Ce n'est que lors du départ à la retraite de M. Cabral, à la fin du mois de décembre, que le dossier a repris vie au service des arts.

«Il a été convenu avec le nouveau comité de travail, le 22 décembre dernier, que la réalisation du cadre financier serait confiée à une firme spécialisée, affirme M. Psenak. Notre travail qui a permis de développer une vision et des orientations serait comme la phase I de l'étude, et la deuxième phase permettrait la réalisation du cadre financier.»

Exit le marché public à la Fonderie

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L'organisme Vision centre-ville remet en question la pertinence d'un marché public permanent dans l'édifice de la Fonderie après avoir pourtant défendu bec et ongles pendant des années le même projet auprès des autorités municipales.

Un passage de l'étude produite par Vision centre-ville sur le Quartier créatif de Gatineau, dont LeDroit a obtenu copie, jettera une douche d'eau froide sur les défenseurs de ce projet qui avait l'appui de tout le milieu agroalimentaire de l'Outaouais.

La Ville a même réservé un montant de 5,7 millions$ pour restaurer les bâtiments sur le site et préparer l'installation d'un marché permanent devant ouvrir en 2018.

Une étude réalisée par la firme Plania, en 2012, a confirmé la rentabilité d'un tel projet et un sondage mené par Segma recherche a révélé que 77% des Gatinois se rangeaient derrière l'idée d'un marché public à la Fonderie.

«Il convient de remarquer que la mobilisation autour du projet de marché public permanent qui a fait l'objet d'une étude de faisabilité doit être réévaluée, croit maintenant Vision centre-ville. La mise à jour du document, mais encore plus la validation de la pertinence du projet, sont impératives dans le contexte d'effervescence qui a cours au centre-ville.»

Ainsi, après avoir publiquement porté le projet de marché public à la Fonderie, Vision centre-ville envisage maintenant «d'autres usages davantage en phase avec les objectifs de revitalisation par l'action culturelle», précise l'étude sur le Quartier créatif de Gatineau.

Psenak minimise

En entrevue, le directeur de Vision centre-ville, Stefan Psenak, a voulu minimiser ce passage de l'étude à laquelle il a participé. Il a d'abord rappelé que le projet de la ferme Moore, qui consiste à implanter un centre d'écologie et d'agriculture en milieu urbain, se concrétisait. «Et avec les données qu'on a, avec le travail qui a été fait, nous ne pouvons plus convenir que le marché est la meilleure idée pour la Fonderie, a-t-il dit. Ça ne veut pas dire qu'on doit exclure un marché public de la Fonderie. Ça pourrait être un marché auquel on ajoute une vocation culturelle.»

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