Développement résidentiel: Gatineau serre la vis

Gatineau assure ne pas vouloir ralentir la cadence du développement résidentiel... (Martin Roy, Archives LeDroit)

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Martin Roy, Archives LeDroit

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Gatineau assure ne pas vouloir ralentir la cadence du développement résidentiel sur son territoire, mais en même temps, elle impose des contraintes aux promoteurs immobiliers qui sont uniques au Québec.

La vitesse à laquelle Gatineau se développe se maintiendra dans la mesure où les promoteurs seront prêts à vendre plus cher, à appuyer la Ville dans la planification et le financement des infrastructures et parfois même à s'entendre entre eux.

La semaine dernière, l'Association des professionnels de la construction et de l'habitation du Québec (APCHQ) de l'Outaouais accusait la Ville de Gatineau de se déresponsabiliser face à la planification et au développement de ses infrastructures publiques.

Guider les 40 prochaines années

Le développement de Gatineau pour les 40 prochaines années se base depuis décembre dernier sur un tout nouveau document: le schéma d'aménagement. Le gouvernement du Québec vient tout juste de l'accepter. Gatineau travaillait sur ce document depuis des années.

LeDroit a passé plus d'une heure avec la directrice du service d'urbanisme, Catherine Marchand, pour faire le point sur les impacts du nouveau schéma.

Déjà, sous l'ancien schéma d'aménagement, Gatineau était la ville au Québec qui faisait le plus payer ses promoteurs immobiliers pour le développement. S'il y a un endroit où Gatineau n'a pas l'intention de lever le pied, c'est bien là.

Gatineau assure ne pas vouloir ralentir la cadence du... (Infographie LeDroit) - image 2.0

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Infographie LeDroit

«On oblige le promoteur à remettre à la Ville un plan complet qui comprend tous les services à fournir pour supporter son développement, explique la directrice de l'urbanisme. Il doit développer un plan d'ensemble qui inclut la planification des infrastructures, de l'équipement, de l'installation et des travaux pour l'alimentation en eau potable, le traitement des eaux usées, les bassins de rétention et le réseau routier. On ajoute maintenant à ça les centres communautaires, le réseau de transport en commun et actif, les écoles, les équipements récréatifs et le service de protection des incendies. On impose aussi la remise d'un montage financier détaillant les engagements du privé et ceux du public.»

Cohérence et dépenses supplémentaires

Une maxime née dans les couloirs de l'urbanisme et qui a fait son chemin jusqu'au cabinet du maire, la semaine dernière, tend à résumer le tout: «Ce n'est pas une question de vitesse, mais de cohérence.»

C'est ce dont Gatineau dit avoir besoin pour éviter, à l'avenir, qu'on doive céder une partie d'un parc pour y construire une école primaire.

Pour les promoteurs immobiliers, cependant, «ce sont des dépenses supplémentaires», admet Mme Marchand. «Et c'est pour ça que l'APCHQ va encore s'opposer, dit-elle. Mais le gouvernement nous offre la possibilité d'aller jusque-là.»

Il s'agit d'un des enjeux du projet de loi 83 bientôt à l'étude à Québec.

Mme Marchand est convaincue que ces dépenses supplémentaires n'auront pas d'impact «fondamental» sur le marché, notamment parce que Gatineau offre des valeurs marchandes, pour le même type d'habitation, qui sont de 20% à 30% inférieures à celle d'Ottawa. «Nous avons des analyses sur les impacts de ces dépenses supplémentaires et c'est bien en deçà d'un montant qui nous ferait perdre notre avantage compétitif avec l'Ontario. Il sera réduit, mais nous le conserverons.»

Quant aux municipalités québécoises en périphérie de Gatineau, qui n'auront pas les mêmes exigences, elles profiteront un temps de cet avantage dans le marché régional, «mais ça ne devrait pas fondamentalement changer le positionnement de Gatineau».

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