Action Gatineau perd son maître à penser

Jean-Paul L'Allier avait été l'invité d'honneur lors du congrès... (Martin Roy, Archives LeDroit)

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Jean-Paul L'Allier avait été l'invité d'honneur lors du congrès de fondation d'Action Gatineau en mars 2013.

Martin Roy, Archives LeDroit

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Le parti Action Gatineau et son chef, Maxime Pedenaud-Jobin, n'ont pas manqué de saluer, mardi, la contribution de Jean-Paul L'Allier à la démocratie municipale québécoise. L'un des éléments fondateurs du premier parti politique à Gatineau a été directement influencé par l'héritage de celui qui a été maire de la Ville de Québec de 1989 à 1995.

Le maire Pedneaud-Jobin a affirmé avoir appris avec «grande tristesse» le décès de Jean-Paul L'Allier, celui qui, dit-il, était le politicien municipal qu'il respectait le plus. «À 77 ans, il était encore un idéaliste qui rêvait à un monde avec de meilleures villes, note le maire de Gatineau. Il a perdu certaines de ses illusions, mais toute sa vie il a su conserver ses idéaux et les a défendus jusqu'à la dernière minute, et ça, pour moi, c'est admirable.»

M. L'Allier avait été l'invité d'honneur lors du congrès de fondation d'Action Gatineau en mars 2013. «Il disait qu'un parti politique doit être un outil pour penser la ville, un outil pour que plus de citoyens participent, raconte M. Pedneaud-Jobin. Il disait qu'il n'était pas intéressé à venir nous voir si le parti n'allait être en réalité qu'une machine à gagner des élections. C'est parce que Action Gatineau respectait cet idéal-là, qu'il avait, qu'il a décidé de venir chez nous.»

Au sein de son parti politique, le Renouveau municipal de Québec (RMQ), Jean-Paul L'Allier avait implanté une charte de la dissidence, rappelle le maire de Gatineau. «Ça donnait la capacité à l'intérieur du parti de contester des idées, d'avoir une ligne de parti beaucoup moins stricte que dans les partis traditionnels, explique M. Pedneaud-Jobin. Nous nous sommes beaucoup inspirés de ça à Action Gatineau. Il y a vraiment une filiation entre Action Gatineau et cet élément de la pensée de M. L'Allier.»

Le maire Pedneaud-Jobin et M. L'Allier se sont croisés à plusieurs reprises au cours des dernières années. Leur dernière rencontre remonte au congrès des urbanistes du Québec, à Gatineau, en novembre dernier. «Un parti, ça a une vision commune, mais c'est aussi un groupe qui se serre les coudes quand le vent souffle fort, affirme le maire de Gatineau. Pour M. L'Allier, le vent a soufflé fort quand il a refait le quartier Saint-Roch. Il disait que quand tu as un parti, tu es capable de garder le cap, que tu es moins soumis à la saveur du jour ou aux groupes de pression.»

En novembre 2013, M. L'Allier avouait que sans son parti politique, il n'est pas certain qu'il aurait pu mener son projet à terme dans ce quartier auparavant malfamé. «Quand tu es poussé dans le dos par des promoteurs, tu n'es pas porté à développer une vision d'ensemble», avait affirmé l'ancien maire de Québec. Maxime Pedneaud-Jobin souhaite avoir la chance de se rendre aux funérailles de M. L'Allier.

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