Le Collège Saint-Joseph dit non à Brigil

Non seulement le collège fondé en 1870 refuse... (Courtoisie Brigil)

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Non seulement le collège fondé en 1870 refuse catégoriquement de céder l'un de ses terrains à Brigil, il est d'avis que le projet immobilier Place des peuples menace la survie du quartier et nuirait à la réputation de l'institution d'enseignement.

Courtoisie Brigil

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Le Collège Saint-Joseph fera tout en son pouvoir pour éviter que Place des peuples voit le jour sur la rue Laurier, à Gatineau. Les dirigeants de l'établissement d'enseignement vieux de 145 ans sont d'avis que le projet, tel que présenté par l'homme d'affaires Gilles Desjardins, est carrément une menace à la qualité de l'enseignement de l'école, voire à la survie pure et simple de l'institution.

En entrevue exclusive avec LeDroit, lundi, la présidente et la vice-présidente du conseil d'administration du collège, Nicole Paquin et soeur Alice Labrie, ont toutes deux affirmé avec insistance que «jamais et sous aucune considération» leur corporation vendrait le terrain situé à l'angle des rues Notre-Dame-de-l'Île et Élisabeth-Bruyère.

Un mémoire précisant la position officielle du Collège Saint-Joseph, dont nous avons obtenu copie, doit être transmis, ce matin, en main propre, par le conseil d'administration, au cabinet du maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin. Le conseil d'administration tiendra ensuite une conférence de presse, prévue à 11 h.

Ce terrain sert actuellement de stationnement pour le personnel de l'école. La congrégation des Soeurs de la Charité d'Ottawa en a transféré la propriété à la corporation du Collège Saint-Joseph le 23 juin dernier. Il revêt une importance majeure pour le projet de Brigil. Les plans proposés par l'architecte Douglas Cardinal prévoient l'utilisation de ce lot pour ériger la tour de 55 étages.

Offre rejetée

Au début du mois de juin, le porte-parole de Brigil, Yves Ducharme, affirmait au Droit qu'une «offre extrêmement intéressante» serait faite pour l'acquisition de ce terrain. Mme Paquin raconte plutôt avoir été froissée par l'attitude de Gilles Desjardins et M. Ducharme lors d'une première rencontre à la fin du mois de juin.

«La première chose que M. Desjardins nous a demandé c'est combien de temps encore le collège voulait demeurer là où il est, affirme la présidente du conseil d'administration. Il nous a ensuite proposé de faire l'acquisition d'un lot sur la rue Notre-Dame-de-l'Île pour y déménager notre stationnement, ce que nous avons refusé. Il a quitté en nous disant qu'il n'avait pas vraiment besoin de notre terrain de stationnement pour son projet. Quand nous avons vu la deuxième mouture du projet, c'est à la stupéfaction qu'on s'est aperçu que sa tour de 55 étages serait bâtie sur notre terrain. Le collège n'a pas l'intention de vendre ce terrain ni de se relocaliser, et ce sous aucune considération.»

Patrimoine physique

Les dirigeants du Collège Saint-Joseph sont d'avis que Place des peuples menace la survie du quartier, lieu où, il y a 145 ans, mère Élisabeth Bruyère, fondatrice de la congrégation des Soeurs de la Charité d'Ottawa, fondait une première école où se trouve maintenant le collège.

«Le patrimoine physique est menacé par le projet Brigil, mais ce n'est pas le seul, peut-on lire dans le mémoire. Il existe un patrimoine immatériel et le Collège Saint-Joseph en fait partie. Cent quarante-cinq ans d'histoire, cela ne s'oublie pas facilement. Cette histoire est vivante et se perpétue. Nombre de femmes de la région ont été formées sur les bancs du Collège Saint-Joseph et font honneur à l'établissement, la Ville et la province.»

L'immense chantier de construction et les vibrations causées par l'excavation mettraient à risque les fondations mêmes du Collège, estime Mme Paquin. «Ensuite, combien de parents songeront à inscrire leur fille dans un endroit d'intense circulation, bruyant et contigu à un immense chantier? demande la présidente du collège. Pour bon nombre de parents, notre institution pourrait en venir à représenter un mauvais choix parce que trop dangereux, trop distrayant et trop peu propice à la concentration nécessaire aux études.»

D'après le palmarès 2015 publié par l'Institut Fraser, le Collège Saint-Joseph se classe au quatrième rang des meilleures écoles secondaires au Québec. Plus de 800 jeunes filles fréquentent l'institution.

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