Place des peuples, un projet sur mesure pour les investisseurs

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L'indice d'abordabilité Desjardins pour 2015, une donnée à laquelle les investisseurs portent attention, place la région de Gatineau-Ottawa au cinquième rang au niveau national.

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Un projet immobilier iconique comme celui de la Place des peuples proposé par l'homme d'affaires Gilles Desjardins dans le centre-ville de Gatineau est fait sur mesure pour attirer l'attention des réseaux internationaux d'investisseurs en immobilier, croit Patrice Groleau, propriétaire de l'Agence McGill Immobilier, le partenaire montréalais de l'agence de luxe Engel & Völkers.

«C'est une signature architecturale intéressante, note le courtier. Les investisseurs étrangers recherchent ce type de tours spectaculaires. Ils regardent à Dubaï, New York ou Miami parce qu'il y a là de l'architecture de haut niveau. Mais cela a un prix et dans ces endroits, ce prix est très élevé. Pour certains habitants de la planète, les condos de Place des peuples peuvent s'avérer de véritables aubaines.»

L'indice d'abordabilité Desjardins pour 2015, une donnée à laquelle les investisseurs portent attention, place la région de Gatineau-Ottawa au cinquième rang au niveau national. Les propriétés sont actuellement 0,6% plus abordables que le niveau historique enregistré dans la région. Les investisseurs pourraient aussi profiter des généreux crédits de taxes accordés par la Ville de Gatineau. Sur une période de 10 ans, tout ce projet pourrait bénéficier d'un crédit de taxe de plus de 20 millions $, selon des estimations préliminaires.

Un intérêt grandissant

M. Groleau vend des propriétés immobilières de luxe à des investisseurs étrangers depuis plusieurs années dans la métropole. Il affirme n'avoir jamais vécu un tel engouement de la part des étrangers pour le marché immobilier québécois et canadien.

«Le marché immobilier du Canada est de plus en plus perçu, au niveau international, comme une valeur refuge, dit-il. Notre pays est stable économiquement et politiquement. De nombreux investisseurs chinois, notamment, à cause de la conjoncture économique chez eux, sortent des capitaux de leur pays pour les placer dans des économies plus stables à moyen et long terme. En ce sens, l'immobilier de luxe dans les grandes villes canadiennes devient très attirant.»

Le propriétaire de McGill Immobilier commence à percevoir un engouement pour la région de Gatineau-Ottawa. Il est d'avis qu'un joueur majeur comme Brigil qui est prêt à risquer une somme importante pour un projet d'envergure comme celui proposé envoie un signal fort.

«C'est certain que Brigil doit considérer un pourcentage important d'investisseurs étrangers dans son projet, dit-il. Tous les signaux sont favorables pour lui actuellement.»

Brigil prend un «risque patrimonial», estime un spécialiste de l'immobilier

Yvon Rudolphe... (Archives La Presse) - image 3.0

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Yvon Rudolphe

Archives La Presse

Plusieurs intervenants québécois de l'immobilier se grattent la tête en se demandant sur quoi se base réellement l'homme d'affaires Gilles Desjardins pour croire que son projet est viable, affirme Yvon Rudolphe, évaluateur agréé, professeur en gestion immobilière à l'UQAM et collaborateur à la Chaire de recherche Ivanhoé Cambridge.

«C'est quand même un petit monde l'immobilier au Québec, on se connaît presque tous, j'ai de sérieux doutes quant à son projet et je ne suis pas le seul», lance M. Rudolphe. Selon lui, le grand patron de Brigil ne doit pas se bercer d'illusions en croyant que le marché d'Ottawa-Gatineau sera un jour aussi attrayant pour les investisseurs étrangers que l'est actuellement Vancouver, Toronto ou même Montréal. «En tout respect, Gatineau, ce n'est pas Dubaï, ajoute-t-il. Vancouver est devenu une banlieue de la Chine pour les investisseurs étrangers. Ottawa-Gatineau n'est pas du tout le même type de marché.»

Le porte-parole de Brigil, Yves Ducharme, affirme que le prix moyen des condos dans Place des Peuples sera équivalent aux prix dans les plus luxueuses tours d'habitation à Ottawa. M. Rudolphe se questionne sur la capacité du marché local à absorber une telle offre.

Cela fait dire à M. Rudolphe que Gilles Desjardins prend un «risque patrimonial» avec son projet. Il y a selon lui un risque pour l'homme d'affaires de faire une erreur qui pourrait laisser une trace indélébile sur Gatineau et avec laquelle les prochaines générations devront vivre.

«Ce genre de risque est habituellement possible grâce à une décision politique qui se prend aux dépens de la population. Je ne suis pas certain que l'homme d'affaires dans ce dossier a bien évalué l'ensemble des risques, pas uniquement pour lui, mais pour toute la communauté. Il est certainement très qualifié pour bien gérer le risque à court terme, mais je me questionne quant au risque à long terme. Encore heureux qu'il se soit adjoint les services d'un grand architecte.»

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