Gatineau, futur refuge de grandes fortunes?

Le promoteur Brigil projette de construire des tours... (Courtoisie, Brigil)

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Le promoteur Brigil projette de construire des tours de 35 et 55 étages au centre-ville de Gatineau.

Courtoisie, Brigil

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Il n'y a pas que le cadet du conseil municipal de Gatineau, Cédric Tessier, qui s'inquiète que de riches étrangers investissent massivement dans les tours signées par l'architecte Douglas Cardinal pour l'homme d'affaires Gilles Desjardins.

Dans tout son tumulte, le contexte mondial serait en train de faire du marché immobilier des grandes villes canadiennes une valeur refuge de plus en plus attirante pour les Chinois, les Russes et les grandes fortunes des pays pétroliers du Moyen-Orient.

Le nouveau président-directeur général de la Société canadienne d'hypothèques et de logement (SCHL), Evan Siddall, est aussi de ceux qui soulèvent certaines inquiétudes par rapport à l'afflux grandissant de capitaux étrangers dans le domaine de l'immobilier et aux impacts qui pourraient en découler.

L'ancien financier de Wall Street reconnu pour sa saine gestion du risque a abordé cette question de front, jeudi, lors d'un important discours devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.

«Les investissements étrangers sont peut-être plus mobiles et plus susceptibles d'entraîner une fuite de capitaux, ce qui pourrait accroître la volatilité sur les marchés intérieurs de l'habitation», a-t-il affirmé dans son discours.

L'endroit choisi pour présenter la première enquête de la SCHL sur la proportion d'appartements en copropriété aux mains d'intérêts étrangers n'était pas le fruit du hasard.

Après le centre de Toronto (5,8%) et la Ville de Vancouver (5,4%), le centre-ville de Montréal (4,9%) est l'endroit au Canada où la proportion d'investisseurs immobiliers étrangers est la plus élevée au pays.

Le projet Place des peuples

Le phénomène est encore marginal dans la région de la capitale fédérale, mais peut-être plus pour longtemps. La région de Gatineau-Ottawa, la quatrième plus grosse agglomération au pays, suscite un engouement naissant.

Un projet comme Place des peuples offrant des condos de luxe dans des immeubles iconiques situés à un jet de pierre du Parlement du Canada, à proximité d'ambassades et au coeur d'une agglomération cosmopolite et bilingue, est certainement de nature à attirer l'attention d'investisseurs internationaux.

Dans ce réseau de richissimes investisseurs chinois, indiens, russes, américains ou encore des Émirats arabes unis, un condominium de luxe à un prix moyen de 450 000$, tel que semble l'indiquer Brigil, peut représenter une véritable aubaine.

En mai dernier, le quotidien La Presse rapportait qu'un prince d'un pays pétrolier à la recherche d'un investissement locatif avait acheté 16 condos d'un seul coup dans le centre-ville de Montréal. Une vente qui n'a rien de sensationnel pour une firme comme Engel & Völkers.

Cette agence de luxe du type de Sotheby's vient de s'établir dans la métropole et garde un oeil attentif sur la capitale fédérale.

Manque de données

Le pdg de la SCHL insiste sur l'importance de raffiner ses données pour bien saisir les impacts des investissements étrangers sur les marchés immobiliers canadiens.

«Faute de données exactes et fiables, il est difficile de déterminer si les propriétés détenues par des étrangers ont un effet sur le marché et, le cas échéant, de le mesurer», a-t-il ajouté.

L'ancien gouvernement conservateur de Stephen Harper songeait déjà à la mise en place de politiques restreignant la propriété étrangère dans le marché de l'immobilier canadien.

Il y a tout juste quelques mois, en pleine campagne électorale, M. Harper promettait de travailler avec les provinces pour s'assurer que les investissements étrangers dans le secteur de l'immobilier ne nuisent pas aux Canadiens.

Il suggérait de dépenser un demi-million de dollars dès 2016 pour colliger plus d'informations sur le nombre et le type d'investissements étrangers.

La mesure était saluée par la plupart des grandes institutions financières du pays.

Appartements en copropriété appartenant à des investisseurs étrangers

Vancouver

  • Ville: 5,4%
  • Banlieue: 3,4%

Toronto

  • Centre-ville: 5,8%
  • Ville: 3,8%
  • Banlieue: 3,2%

Montréal

  • Centre-ville: 4,9%
  • Île: 1,7%
  • Banlieue: 0,7%

Ottawa: 1,0%

Gatineau: 0,3%

Québec: 0,6%

Source: Société canadienne d'hypothèques et de logement, décembre 2015

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