Critiques envers Brigil: le maire d'accord sur le fond, pas sur la forme

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En rencontre éditoriale avec LeDroit, le 13 novembre dernier, le maire Maxime Pedneaud-Jobin a lui aussi qualifié de «crois ou meurs» l'approche de Gilles Desjardins (notre photo).

Martin Roy, Archives LeDroit

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Le maire de Gatineau a condamné les propos tenus par le président de la Chambre de commerce de Gatineau (CCG) à l'endroit de Gilles Desjardins, jeudi, mais sur le fond des choses et sur l'approche «crois ou meurs» du promoteur immobilier, Maxime Pedneaud-Jobin est d'accord avec Antoine Normand.

«C'est évident que M. Normand a fait une erreur, il a dit quelque chose qui était inapproprié», a affirmé le maire en faisant référence aux propos du président de la Chambre qui affirmait, lundi dans LeDroit, que Gilles Desjardins avait une «approche George Bush, crois ou meurs» dans sa façon de promouvoir le projet Place des peuples auprès des gens d'affaires et de la classe politique.

Le grand patron de Brigil n'a pas du tout apprécié de se faire comparer à l'ancien président américain, si bien qu'il a officiellement demandé, mercredi soir, la tête du président de la CCG, ainsi que son exclusion de l'organisation pour une durée de cinq ans, faute de quoi il menace de poursuivre la chambre et son président.

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Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, en rencontre avec l'équipe éditoriale du Droit

Etienne Ranger, LeDroit

Or, en rencontre éditoriale avec LeDroit, le 13 novembre dernier, le maire de Gatineau a lui aussi qualifié de «crois ou meurs» l'approche de Gilles Desjardins. «Le malaise, disait le maire, vient beaucoup du processus dans le cas de Brigil. On présente un projet et c'est crois ou meurs. Moi, je suis mal à l'aise avec ça. Je trouve que ce n'est pas comme ça qu'on prend une bonne décision visionnaire pour une ville.»

Invité à revenir sur ses propos après avoir condamné ceux du président de la CCG, le maire a affirmé que «sur le fond des choses, dans la façon de faire [de Brigil] il y a un malaise, je l'ai exprimé et je le maintiens».

Le maire Pedneaud-Jobin prend toutefois de grandes distances quant à la référence à George Bush faite par M. Normand. «La référence à George Bush est inappropriée, c'est une erreur claire, mais sur le fond des choses, mon idée ne change pas».

Tentative d'intimidation

Dans la lettre écrite à l'intention du conseil d'administration de la Chambre de commerce où il demande la démission et l'exclusion du président, Gilles Desjardins affirme que la déclaration de M. Normand est «fort malheureuse, outrageuse, gratuite et sans fondement à l'endroit de ma personne et de mon entreprise».

Le patron de Brigil est d'avis que de tels propos ne sont pas dignes d'un président de la Chambre de commerce de Gatineau.

Le président de la Chambre de commerce de... (Etienne Ranger, LeDroit) - image 3.0

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Le président de la Chambre de commerce de Gatineau, Antoine Normand

Etienne Ranger, LeDroit

«Cette lettre est une tentative d'intimidation à l'endroit de mon conseil d'administration, a rétorqué M. Normand. Sa réaction est totalement disproportionnée. Je m'étais excusé, et je m'excuse encore. Je suis sincèrement désolé d'avoir utilisé les propos que j'ai utilisés et je m'en remets à mon conseil d'administration pour la suite des choses. J'espère que le conseil ne cédera pas à cette tentative d'intimidation.»

Les deux hommes se sont parlé lundi matin, après la publication des propos de M. Normand. Ce dernier affirme qu'en aucun temps sa démission et son exclusion n'ont été abordées par M. Desjardins lors de cette discussion. «Je lui ai expliqué l'essence de mes propos, et que ça ne changeait rien au fait que la CCG appuyait son projet immobilier, mais je lui ai expliqué que j'avais tenu ces propos en tentant d'expliquer que la Chambre prenait une certaine distance par rapport à la campagne de promotion du projet».

Le c.a. de la Chambre de commerce de Gatineau convoqué d'urgence

L'avenir d'Antoine Normand au sein de la CCG devrait être connu aujourd'hui.

Le conseil d'administration de la chambre a été convoqué d'urgence pour faire le point sur le bras de fer opposant le président Antoine Normand et l'entrepreneur Gilles Desjardins. La rencontre est prévue à 7h30.

«Nous allons débattre et discuter de la lettre de M. Desjardins et des propos de M. Normand, a indiqué le vice-président de la chambre de commerce, Jean-Claude Des Rosiers. Nous voulons clore ce dossier rapidement. Nous devrions être en mesure d'avoir plus d'information pour la suite des choses vers 8h30.»

M. Des Rosiers n'a pas voulu s'exprimer sur les propos du président, ni sur les menaces du grand patron de Brigil. Il a toutefois indiqué que M. Normand n'a pas respecté «l'axe de communication» mis en place récemment à la CCG. Cet axe de communication prévoit que le président est le seul porte-parole de la Chambre, mais que ce dernier doit solliciter l'avis des membres du conseil d'administration avant d'émettre un commentaire.

Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, a dit espérer que la CCG va tenir compte de «l'ensemble de la contribution de M. Normand au dynamisme économique» avant de porter un jugement.

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