Le malaise Brigil du maire Pedneaud-Jobin

Maxime Pedneaud-Jobin rappelle que Gilles Desjardins n'a toujours... (Etienne Ranger, LeDroit)

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Maxime Pedneaud-Jobin rappelle que Gilles Desjardins n'a toujours pas déposé officiellement son projet à la Ville.

Etienne Ranger, LeDroit

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Bien des choses ont été faites, plusieurs restent à accomplir, mais deux réalisations résument bien le chemin parcouru après deux ans par l'administration Pedneaud-Jobin, à Gatineau.

«On a commencé à remettre la maison en ordre et on a recommencé à se comporter comme une grande ville», lance le maire, en rencontre éditoriale avec LeDroit, pour résumer la première moitié de son mandat.

Maxime Pedneaud-Jobin accorde beaucoup d'importance au resserrement des liens avec la Ville d'Ottawa. Il parle même maintenant de «complicité» entre les deux villes. Le maire se fait aussi un point d'honneur de souligner que le conseil vient tout juste d'adopter un budget contenant la plus petite hausse des dépenses de son histoire, tout en dépensant plusieurs dizaines de millions de dollars aux quatre coins de la Ville, notamment dans le centre-ville et dans le réseau de bibliothèques.

Voici le bilan de mi-mandat vu par le maire Maxime Pedneaud-Jobin.

Un inconfort de plus en plus évident

Maxime Pedneaud-Jobin le cache de moins en moins. Il n'est pas à l'aise avec les tours que souhaite construire Brigil au centre-ville de Gatineau, en face du Musée canadien de l'histoire.

Il était suffisamment mal à l'aise pour sciemment briller par son absence lors de la grande fête organisée par Gilles Desjardins, jeudi dernier, au cours de laquelle le promoteur immobilier a dévoilé les nouvelles esquisses de son projet Place des peuples.

«Je n'ai pas boudé l'événement, lance le maire. J'y serais allé dans n'importe quel autre contexte, mais là, nous avons un promoteur qui fait une campagne massive, avec beaucoup d'argent pour nous convaincre d'adopter ce projet-là. Ce qu'il a fait c'est d'abord et avant tout une campagne politique. Il a interpellé d'anciens maires et toute une série de partenaires pour qu'ils prennent position. Le processus suivi n'est pas celui qu'on devrait avoir dans un cas comme celui-là. On est devant une machine de marketing imposante. Je n'ai jamais vu ça une campagne comme ça. Ce n'était pas approprié pour moi d'être là», a-t-il expliqué en rencontre éditoriale avec LeDroit.

Dans ce contexte, il était préférable, pour le maire, d'envoyer à la population le message qu'il y a une certaine distance à respecter entre les promoteurs et les décideurs politiques.

Le malaise est aussi «évident» sur le fond des choses, ajoute M. Pedneaud-Jobin. Il précise que Gatineau s'est dotée d'une vision à long terme pour le centre-ville qui est de le construire «à échelle humaine» et de mettre en valeur son patrimoine. «On voit que Windmill s'inscrit là-dedans, note-t-il. Ce que nous faisons dans le secteur Laval-Aubry et près du ruisseau de la Brasserie aussi. Le projet de Brigil ne correspond pas à cette vision. C'est une autre vision. C'est donc clair qu'il y a un malaise et une décision importante sera à prendre.»

Un site à revoir

Le maire de Gatineau rappelle que Gilles Desjardins n'a toujours pas déposé officiellement son projet à la Ville. Il continue de se garder d'annoncer sa position officielle dans le dossier, mais il admet en même temps que, selon lui, «l'endroit est loin d'être idéal» pour un tel projet.

Il n'y a aucune urgence pour la Ville de prendre une décision, insiste M. Pedneaud-Jobin. «On ne peut pas faire un projet qui changerait la face de la capitale, pas juste de Gatineau, mais de toute la capitale, sans se poser des questions, dit-il. Peut-être que pour certains le quartier du musée n'est pas précieux, mais pour moi, pour Gatineau, et selon le Plan particulier d'urbanisme, il l'est. Nous détruisons du patrimoine depuis des décennies à Gatineau. Avant d'en détruire d'autre, je vais poser bien des questions. Quand on change la face d'une ville avec un projet, il faut prendre son temps avant de le faire, surtout si ça va à l'encontre de la vision qui a pris des années à élaborer.»

Le bilan de mi-mandat du maire Pedneaud-Jobin

Catégorie «Se comporter comme une grande ville»

  • Gatineau a occupé passablement de place dans les élections provinciales et fédérales.
  • La Ville a participé à trois commissions parlementaires à Québec et a obtenu une «clause Gatineau» dans le nouveau pacte fiscal municipal.
  • Les voix politiques de Gatineau et d'Ottawa se sont unies sur certains enjeux, comme la représentation à la CCN.
  • Des liens avec le milieu de l'éducation ont été recréés, notamment par l'adoption d'un protocole avec l'UQO et l'ÉNAP.
  • Les besoins de la Ville en matière de logement abordable ont été reconnus par Québec.
Catégorie «Remettre la maison en ordre»

  • Un programme du conseil a été mis en place. Il est lié à un plan d'action, lui-même attaché à des montants précis sur lequel le conseil rend des comptes.
  • Le budget 2016 est accompagné de la plus petite hausse des dépenses dans l'histoire de la Ville (2,6%).
  • Les dépenses et les façons de faire ont été révisées dans tous les services.
  • Tous les cadres et les employés auront été évalués d'ici la fin du mandat, une première à Gatineau.
  • Le réforme à l'urbanisme est en marche.
  • Il existe plusieurs projets de développement dans le centre-ville, au ruisseau de la Brasserie, dans le réseau des bibliothèques et au parc des Cèdres.
  • Plus de 30 000 personnes ont été attirées dans le centre-ville grâce à Agwàtà, la patinoire du ruisseau de la Brasserie et Recycl'art.
  • Un changement de culture a eu lieu à la Société de transport de l'Outaouais; la crise du Rapibus a été prise en charge.

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