Le potentiel «intelligent» de Gatineau

En matière de technologies de l'information, Gatineau n'accuse... (Martin Roy, LeDroit)

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En matière de technologies de l'information, Gatineau n'accuse pas de retard par rapport aux autres grandes villes, à l'exception de Montréal.

Martin Roy, LeDroit

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En investissant un peu d'argent aux bons endroits, la Ville de Gatineau pourrait rapidement devenir le partenaire rêvé vers qui des dizaines d'entrepreneurs n'hésiteraient pas à se tourner pour développer des applications intelligentes, commercialisables partout dans le monde, croit un spécialiste de la gestion de données numériques.

Quelques embauches de spécialistes responsables de la gestion des données, et Gatineau n'aurait plus qu'à tendre la main pour cueillir le fruit de l'image de marque de «ville intelligente» qu'elle se sera donnée.

«Gatineau est très chanceuse, elle profite d'un bassin régional de gens très compétents en la matière, explique Stéphane Gagnon, professeur au département des sciences administratives à l'Université du Québec en Outaouais (UQO). Si on ne le fait pas, on se rend coupable de ne pas le faire.»

Gatineau n'accuse pas de retard en la matière par rapport aux autres municipalités, dit-il. Elle est au même stade que les autres grandes villes du Québec, à part Montréal, qui a pris une légère avance. La possibilité de marquer le pas est donc bien réelle. M. Gagnon ne doute pas une seconde de la volonté de la Ville de Gatineau d'avancer dans le concept émergent de ville intelligente. La Ville peut continuer d'avancer à petits pas, comme elle le fait présentement, ou en faire une véritable priorité en investissant entre 200 000$ et un million de dollars pour se doter du personnel qualifié et mandaté.

«En Europe, les villes qui ont fait des efforts réels pour devenir "intelligentes" en retirent les bénéfices, ajoute M. Gagnon. Il y a des villes sérieuses qui ont dépensé énormément d'argent pour établir un cycle d'ouverture de leurs données. Ces villes en profitent comme institution dans la qualité des services qu'elles offrent à leur population et dans l'efficience de leurs opérations.»

Ces villes sont appelées des «utilisateurs privilégiés», ou «lead user». Elles deviennent de véritables incubateurs où se développent des nouvelles technologies de l'information et de la gestion de données.

«En rendant accessibles leurs données, elles offrent tout ce dont les entrepreneurs ont besoin pour créer une application intelligente, explique M. Gagnon. Les villes deviennent, tout à fait gratuitement, les premiers utilisateurs de ces applications construites à même leurs données. Les entrepreneurs peuvent ensuite vendre ces applications n'importe où ailleurs dans le monde en y intégrant les données pertinentes.»

Des bénéfices réels

L'investissement que font ces villes pour rendre leurs informations publiques disponibles se transforme rapidement en gains d'efficience, note M. Gagnon.

Les opérations d'une organisation de la taille de la Ville de Gatineau ont un coût. Chaque gain en la matière peut représenter, mis bout à bout, des économies appréciables. C'est d'ailleurs ce que tente actuellement de faire la Commission de révision des dépenses à la Ville de Gatineau en revoyant les façons de faire dans tous les services municipaux.

«Le bénéfice est réel, tant pour la personne qui reçoit le service, mieux et plus rapidement, que pour l'organisation qui le donne, explique le professeur de l'UQO. Des applications intelligentes permettent d'éliminer des tâches inutiles et de revoir le flux et les séquences de travail. Ces gains sont facilement mesurables.»

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