En guerre contre les ampoules DEL blanches

Une résidente de Sherbrooke, Manon Bouchard, part en guerre contre les ampoules... (Etienne Ranger, Archives LeDroit)

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Etienne Ranger, Archives LeDroit

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Une résidente de Sherbrooke, Manon Bouchard, part en guerre contre les ampoules DEL blanches. Elle vient de lancer une pétition pour sensibiliser les élus municipaux aux risques potentiels sur la santé de ce type d'éclairage et pour forcer le gouvernement à adapter sa réglementation en conséquence.

La pétition hébergée par le site www.change.org a été lancée il y a deux semaines et compte jusqu'à maintenant un peu plus de 900 signatures. Mme Bouchard est astronome amateure. Elle se désole qu'ici comme ailleurs dans le monde, la pollution lumineuse augmente de 6% par année. Les dômes lumineux causés par l'utilisation grandissante des ampoules DEL blanches font disparaître, petit à petit, le ciel étoilé.

«Mais la cause va beaucoup plus loin que ça», dit-elle, en entrevue avec LeDroit. Elle rappelle que la pollution lumineuse est probablement l'une des plus «méconnue et insidieuse en raison de son apparence inoffensive».

La pétition cite notamment une étude menée par la Harvard Medical School qui démontre les effets de cette pollution sur la santé des humains, de la faune et de la flore. Elle cite aussi les conclusions de l'American Medical Association qui indique que la lumière bleue contenue en grande quantité dans les DEL blanches, lorsqu'elle est utilisée la nuit, dérègle l'horloge biologique et perturbe les cycles du sommeil des humains.

«La prolifération actuelle des DEL blanches est extrêmement préoccupante et constitue une grave aberration, poursuit Mme Bouchard. Il y a beaucoup de municipalités qui s'en fichent, Montréal en premier lieu, qui s'apprête à acheter massivement des DEL blanches.»

Dans son édition de samedi, LeDroit révélait que la Ville de Gatineau s'apprête aussi à passer d'un éclairage traditionnel au sodium à des ampoules DEL blanches, de manière systématique, dès 2016. Le reportage a interpellé la présidente de la Commission Gatineau ville en santé, Louise Boudrias. Cette dernière souhaite que la Ville fasse toutes les vérifications nécessaires avant de prendre une décision finale dans ce dossier.

La pétition demande à ce que les organismes publics au Québec favorisent l'utilisation d'ampoules DEL ambrées, contenant seulement 10% de lumière bleue, que la réglementation soit la même dans toutes les municipalités de la province, que l'Ordre des ingénieurs du Québec et l'Ordre des architectes exigent de leurs membres qu'ils tiennent compte des effets de l'éclairage sur la santé et qu'Hydro Québec subventionne l'achat d'ampoules DEL ambrées pour les municipalités.

Le choix d'Hydro-Québec

Hydro-Québec a subventionné des dizaines de municipalités de la province qui ont migré vers la technologie DEL depuis 2011 pour éclairer leurs rues.

Les ampoules DEL ambrées n'étaient toutefois pas admissibles à ce programme de subvention qui a pris fin en mars dernier, précise la société d'État. Seules les municipalités qui ont fait le choix du DEL blanc ont pu recevoir un appui financier d'Hydro-Québec.

«Le but de cet appui financier était d'inciter les municipalités à installer une mesure qui était plus coûteuse, mais plus performante sur le plan de l'efficacité énergétique, explique Marc-Antoine Pouliot, porte-parole d'Hydro-Québec. Avec la baisse continuelle du coût des luminaires DEL, Hydro-Québec considère que l'appui financier n'est plus un déclencheur pour la réalisation de ces projets.»

635 000$ en subventions

Entre 2011 et 2015, Hydro-Québec a subventionné 91 projets de migration vers les luminaires DEL blancs dans 62 municipalités, pour une somme totale de 635 775$, a appris LeDroit. La Ville de Sherbrooke, qui a choisi de migrer vers les luminaires DEL ambrés, n'a pas pu toucher un seul sou de ce programme de subvention.

M. Pouliot explique que les produits pouvant être subventionnés dans le cadre de ce programme devaient figurer à la liste de qualification du DesingLightsConsortium (DLC). Les luminaires DEL ambrés n'y figuraient pas. Le DLC est une organisation à but non lucratif fondée en 1996 et dont le mandat est d'accélérer l'efficacité énergétique dans le secteur public. Il met en collaboration ses membres du secteur public et les fabricants de luminaires et concepteurs d'éclairage du Canada et des États-Unis.

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