Tarifs en hausse, services en baisse

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Le maire Maxime Pedneaud-Jobin tient à respecter le cadre financier que s'est imposé le conseil municipal.

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La Ville de Gatineau est à la recherche de 4,5 millions $ pour boucler son budget de l'an prochain. Hausse de tarifs, réduction du nombre de trottoirs déneigés ou encore des dépenses remises à plus tard; à un mois de la préparation du budget 2016, absolument rien n'est exclu pour arriver à joindre les deux bouts.

Rien ou presque. Le maire Maxime Pedneaud-Jobin tient à respecter le cadre financier dont s'est doté le conseil municipal. La hausse de taxe ne devrait donc pas dépasser 2,9% encore une fois l'an prochain, dont 1% sera dédié aux infrastructures.

Les fonds de tiroirs sont si maigres, que même le conseiller et président du comité du budget, Denis Tassé, renonce pour l'instant à vouloir faire passer la taxe dédiée aux infrastructures à 2%, l'une de ses marottes, mandat après mandat.

Annonce attendue

La situation budgétaire de la Ville n'est pas nouvelle. L'annonce d'un déficit structurel à Gatineau et devenu aussi attendu à ce moment-ci de l'année que l'explosion de couleurs dans le parc de la Gatineau.

«En choisissant d'investir massivement dans les infrastructures, on se met nous-même dans cette situation, explique le maire. Chaque année, nous avons un certain nombre de millions de dollars à aller chercher pour boucler notre budget. Nous sommes dans un exercice constant de compression. Un moment donné, on ne pourra plus fonctionner comme ça.»

L'an passé, Gatineau a augmenté plusieurs de ses tarifs, notamment pour la carte Accès Gatineau, les permis de stationnement mensuels, les permis de construction et les inscriptions aux camps de jour de la Ville. Des tarifs de toutes sortes seront encore ciblés cette année. 

M. Tassé a rappelé que «tout doit se payer» et que «rien n'est gratuit». À son avis, une augmentation des tarifs, équivalente à l'inflation, est à considérer. «Mais ça ne pourra pas être que ça, ajoute M. Pedneaud-Jobin. Des dépenses prévues ne pourront pas être faites.»

Salaires et avantages sociaux

Année après année, les besoins budgétaires de la Ville augmentent. Les salaires et les avantages sociaux des employés exercent une pression constante sur les finances publiques, tout comme les régimes de retraite. À eux seuls, ces deux postes budgétaires nécessitent 8 millions $ de plus de fonds publics par année. C'est presque la moitié des 17,5 millions $ de nouvelles dépenses obligatoires chaque année.

Les autres postes budgétaires en augmentation sont la Société de transport de l'Outaouais, dont l'augmentation a toutefois été plafonnée, l'an passé, à 3,5 millions $ par année, l'indexation des contrats, la réserve cycle de vie et la mise à niveau des services à la population.

La Commission de révision des dépenses représente une partie de la solution. 

En se refusant à des compressions draconiennes dans la masse salariale, Gatineau s'oblige à revoir ses façons de faire pour dégager des économies. D'ici 2018, une somme récurrente de 15 millions $ doit avoir été dégagée. Actuellement les travaux de cette commission ont permis de trouver un peu plus de 6 millions $. Le maire Pedneaud-Jobin est convaincu qu'à long terme, la Loi sur les régimes de retraite et le rééquilibre du rapport de force dans les négociations avec les employés municipaux devraient permettre d'alléger le déficit structurel de la Ville.

Économiser dans le déneigement des trottoirs?

Plusieurs élus ont déchiré leur chemise, en juillet... (Simon Séguin-Bertrand, Archives LeDroit) - image 3.0

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Plusieurs élus ont déchiré leur chemise, en juillet dernier, devant la proposition des fonctionnaires municipaux de cesser le déneigement de certains trottoirs.

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Plusieurs élus ont déchiré leur chemise, en juillet dernier, devant la proposition des fonctionnaires municipaux de cesser le déneigement, dès cet hiver, des trottoirs situés dans des culs-de-sac et en bordure de rues peu achalandées de Gatineau.

Il était proposé de cesser le déneigement de 87 des 125 kilomètres de trottoirs de rues locales afin d'épargner annuellement une somme de 800 000$. La levée de boucliers de la part de nombreux élus avait été immédiate. «Je ne suis pas prête à ce qu'on lance nos citoyens dans les rues, entre les voitures, parce que les trottoirs ne sont pas déneigés», avait lancé la conseillère Sylvie Goneau. Cette dernière avait reçu l'appui du conseiller Richard Bégin, qui s'inquiétait du sort des aînés.

Finalement, la proposition avait été rejetée à l'unanimité. Le service des travaux publics devait faire une tournée des caucus de secteur afin d'établir des critères plus précis pour mieux choisir les trottoirs à ne plus déneiger. Une nouvelle proposition à cet effet doit faire surface au cours des prochaines semaines. Il est maintenant évident que la réduction du nombre de trottoirs à déneiger cet hiver fera partie des solutions proposées pour combler le déficit structurel.

Si les élus refusent d'aller dans cette direction, ils devront trouver un autre endroit où couper.

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