Dossier des Olympiques: le maire impose son veto

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«Ça ne remet pas en question le vote, a précisé le maire Maxime Pedneaud-Jobin, mais ça repousse la discussion pour un nouveau vote sur la même résolution.»

Patrick Woodbury, Archives LeDroit

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Pour la première fois dans l'histoire de la Ville de Gatineau, un maire a utilisé son droit de veto pour bloquer une résolution ralliant une majorité de conseillers municipaux.

Une importante crise de confiance a éclaté, mardi, au conseil municipal, avec en filigrane l'éternel dossier des Olympiques de Gatineau. Accusant le maire Maxime Pedneaud-Jobin de travailler en vase clos dans ce dossier, le conseiller Mike Duggan a proposé la formation d'un comité d'élus chargé de fournir de l'information aux élus et d'analyser les deux propositions actuellement entre les mains des fonctionnaires. M. Duggan a toutefois admis n'avoir jamais d'abord demandé de l'information au maire dans le dossier des Olympiques. «Je ne sais pas pourquoi [je ne l'ai pas fait], peut-être que j'aurais dû le faire», a-t-il affirmé.

La résolution de M. Duggan a rapidement obtenu l'appui de conseillers qui ressemblent de plus en plus à des opposants politiques du maire. Ainsi, Maxime Tremblay, Sylvie Goneau, Denise Laferrière et Louise Boudrias ont mis tout leur poids politique derrière la résolution de M. Duggan.

Le maire Pedneaud-Jobin qualifiait l'exercice de «règlement de comptes» de la part de certains conseillers. Il a affirmé que tout ce qu'il savait à cette étape du processus avait déjà été partagé, que le dossier est actuellement entre les mains des fonctionnaires chargés d'étudier les propositions déposées. À son avis, la formation d'un tel comité ne viendrait que complexifier la situation et créer un malaise auprès des partenaires privés.

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L'avenir des Olympiques de Gatineau est au coeur d'houleuses discussions, mardi, au conseil municipal de Gatineau.

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Le vote s'annonçait à ce point serré en début de soirée que la conseillère membre d'Action Gatineau, Myriam Nadeau, est sortie de son congé de maternité pour venir voter contre la proposition de M. Duggan. Ce ne fut pas suffisant. La résolution de M. Duggan a été adoptée à 11 contre huit.

C'est à ce moment que le maire Pedneaud-Jobin a pris la parole et a annoncé qu'il se prévalait de son droit de veto suspensif à cette décision du conseil, une première dans l'histoire de la Ville. «Ça ne remet pas en question le vote, a-t-il précisé, mais ça repousse la discussion pour un nouveau vote sur la même résolution au prochain conseil municipal. J'exerce mon rôle de maire et je tente de conserver une rigueur, ce qui n'a pas toujours été le cas dans ce dossier. Je crois profondément que c'est la bonne chose à faire pour Gatineau et les Olympiques et s'il y a un prix à payer pour ça, je vais le payer sans hésiter.»

Maxime Tremblay a affirmé qu'en agissant ainsi, «le maire a décidé de continuer de travailler seul en considérant que 11 conseillers en accord avec la formation du comité font fausse route».

Sylvie Goneau est d'avis que le maire a droit d'utiliser son veto, mais elle soutient que le conseil vient de lui envoyer un message très clair. «Les élus veulent collaborer, ils veulent avoir accès à l'information, être informés des décisions et prendre part au processus, a-t-elle affirmé. De garder ça à huis clos à l'intérieur du bureau du maire, le conseil ne veut plus travailler comme ça. Je suis assermentée, je ne comprends pas pourquoi je n'aurais pas droit à avoir toute l'information.»

Ce qu'ils ont dit

La conseillère Sylvie Goneau: «On remet en question certaines actions du maire et il ne répond pas à l'incertitude qui règne autour du conseil municipal. On voit aussi d'une façon très claire que les actions du maire ont compromis le dossier plus d'une fois.»

Le conseiller Mike Duggan: «Je remarque une tendance au cabinet du maire à vouloir concentrer le pouvoir avec une poignée de gens choisis. Je suis inquiet. Je veux en savoir plus avant de devoir prendre une décision à la dernière minute. Je ne veux pas laisser un petit groupe tout décider.»

Le conseiller Maxime Tremblay: «Les propositions viennent d'OBNL, ce n'est pas du secteur privé. On met de côté les Olympiques. Ce qui se fait actuellement, c'est certain que ça ne fonctionnera pas. Je ne veux pas prendre le crédit, mais il faut cesser d'être en compétition et travailler tous ensemble.»

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