Les élus n'ont «pas toute l'info», dénonce Louise Boudrias

La conseillère Louise Boudrias.... (Étienne Ranger, Archives LeDroit)

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La conseillère Louise Boudrias.

Étienne Ranger, Archives LeDroit

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Des études qui auraient pu avoir un impact important, qui auraient même pu faire changer d'idée les élus de Gatineau sur des enjeux majeurs des dernières années, n'ont jamais été présentées à la table du conseil, dénonce la conseillère Louise Boudrias.

Au moins deux de ces études, toujours bien à l'abri dans les filières des fonctionnaires, renferment des informations qui n'ont jamais été transmises aux élus. La première concerne directement les Fêtes et festivals financés par la Ville de Gatineau. Elle jette un nouvel éclairage, sinon un doute, sur certaines informations qui ont jusqu'ici été remises aux conseillers, estime la conseillère.

«Dans certains dossiers, nous n'avons pas toute l'information qu'on devrait avoir pour prendre une bonne décision», lance-t-elle.

Les retombées des événements

Une étude réalisée en 2013 qui évalue la provenance des visiteurs, l'achalandage et les retombées économiques des 10 événements financés par Gatineau est encore aujourd'hui inconnue des élus.

Mme Boudrias affirme en connaître l'existence, notamment à cause de ses fonctions à Tourisme Outaouais. «J'ai dû demander plusieurs fois à la Ville pour voir cette étude et ce n'est que suite à beaucoup d'acharnement que j'en ai finalement eu une copie, précise-t-elle. Je l'ai demandée une première fois en mai et ce n'est qu'en juillet que j'ai eu une copie.»

Mme Boudrias affirme avoir une relation de confiance avec les fonctionnaires et elle n'ose pas croire que les services municipaux gardent de l'information pour orienter des décisions du conseil. «Mais il a été compliqué pour moi d'obtenir cette étude et ça ne devrait pas être comme ça», dit-elle.

Des informations fournies au conseil municipal par l'organisation du Festival de montgolfières de Gatineau, ce printemps, démontrant que l'événement génère annuellement 89 000 nuitées dans la région, ont fait sourciller la conseillère.

Ce n'est pas que ces chiffres ne sont pas vrais, insiste Mme Boudrias. «Ça dépend de ce qui est calculé», dit-elle. Mais l'autre étude que détient la conseillère, que la Ville a financée en partie, propose plutôt que les dix grands événements combinés que finance Gatineau génèrent au total 38 000 nuitées «commerciales», par année.

Mme Boudrias croit qu'il est inconcevable que les élus n'aient pas eu accès à cette étude alors qu'une stratégie sur le développement d'un volet événementiel est en préparation à Gatineau et que le conseil devra bientôt se prononcer sur son contenu.

Le dossier du centre multifonctionnel

Le centre multifonctionnel est au centre de la deuxième étude qui n'a jamais été présentée aux élus et qui aurait pu avoir un impact important.

La Ville a commandé une étude de marché pour déterminer le potentiel d'un centre multifonctionnel de 4000 sièges. Contrairement à ce que laissait entrevoir l'information que les élus avaient entre les mains sur ce dossier, cette étude démontrait la non-rentabilité et le manque d'intérêt de la part des promoteurs de spectacle pour un tel centre multifonctionnel.

Mme Boudrias avait divulgué cette information au Droit dans les jours précédant le dernier vote sur le centre multifonctionnel, en juin.

«Peut-être que si les conseillers avaient eu en main cette étude, on aurait perdu moins de temps et que nous aurions revu nos options plus rapidement», affirme la conseillère.

Boudrias interpellera le conseil

Louise Boudrias est d'avis que les études financées par les fonds publics des Gatinois devraient être disponibles en tout temps aux élus qui en font la demande.

La conseillère déposera une résolution qui sera débattue et votée lors du prochain conseil municipal afin que les élus reçoivent, mensuellement, une liste de toutes les études commandées par les différents services municipaux de la Ville. Elle souhaite que ces documents soient ensuite rendus disponibles sans complication pour les élus.

La loi stipule qu'un conseil ne peut restreindre l'accès d'un élu à un document. Il revient toutefois aux élus eux-mêmes de fixer les modalités de la divulgation de l'information.

C'est sur cette base que Mme Boudrias interpellera ses collègues lors du prochain conseil municipal. «Je comprends que parfois nos services commandent des études afin de les aider à nous préparer des dossiers qui sont présentés au conseil et que pour eux il n'y a pas de raison de nous faire part de tout le travail qui a été fait par l'administration pour en arriver à une recommandation, explique Mme Boudrias. Quant à moi, je trouve qu'il est important d'aller au fond des choses. Seuls les élus sont redevables envers les citoyens.»

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