Claude Marquis radié pour 15 mois

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Le lien d'emploi entre Claude Marquis et GENIVAR a été rompu en août 2013, date depuis laquelle il est sans emploi permanent.

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Cité lors de la commission Charbonneau, l'ingénieur Claude Marquis vient d'être radié pour une période de 15 mois par son ordre professionnel pour avoir participé « à un système de partage de contrats lui permettant de contourner le processus d'appel d'offres de la Ville de Gatineau ».

Dans une décision rendue le 30 juillet dernier par le conseil de discipline de l'ordre des ingénieurs du Québec (OIQ), il est stipulé que Claude Marquis, ancien directeur régional de GENIVAR, a reconnu sa culpabilité à trois accusations déposées en vertu du Code de déontologie des ingénieurs.

« À Gatineau, entre les années 2004 et 2009, dans le cadre de l'exercice de sa profession, l'ingénieur Claude Marquis, alors qu'il était directeur régional pour la firme GENIVAR, a fait défaut de s'acquitter de ses obligations professionnelles en se prêtant à des procédés malhonnêtes et douteux en participant à un système de partage de contrats lui permettant de contourner le processus d'appel d'offres de la Ville de Gatineau », peut-on lire dans la plainte.

Les deux autres chefs stipulaient que M. Marquis « a omis à plusieurs reprises de sauvegarder son indépendance professionnelle », et qu'il « a manqué d'intégrité en participant à plusieurs reprises à un système collusionnaire. »

Dans une déclaration assermentée daté du 11 juin dernier, M. Marquis rappelle que son nom a été cité lors des audiences de la commission Charbonneau par le témoin Marc-André Gélinas, « sans qu'aucune nuance ou contexte sur [sa] participation et [son] rôle de représentant de GENIVAR (maintenant WSP) n'ait réellement été apporté ».

Tout en soulignant dans sa déclaration que cet événement « a eu un effet dévastateur » sur sa réputation, ses proches et sa vie professionnelles, il précise avoir aussi offert son « entière collaboration » à l'enquête du syndic adjoint du conseil de discipline de l'OIQ.

M. Marquis note que les « pratiques commerciales » auxquelles il a participé étaient « décidées » par son employeur, et qu'elles « étaient déjà bien en place au moment » où il a été nommé directeur régional, en 2004.

Toujours selon sa déclaration assermentée, les « pratiques commerciales » ont cessé au début de l'année 2009.

Il y indique aussi qu'« en aucun temps, il ne fut question par GENIVAR de profiter du système afin d'augmenter les honoraires pour les services rendus à la Ville de Gatineau », et que si cela avait été le cas, il aurait exprimé son désaccord.

Lien rompu

Le lien d'emploi entre Claude Marquis et GENIVAR a été rompu en août 2013, date depuis laquelle il est sans emploi permanent. « Je suis conscient que ma participation, limitée soit-elle, aux pratiques commerciales constitue un comportement répréhensible en soi, lit-on dans sa déclaration. [...] Aujourd'hui, avec du recul, je comprends que je n'aurais pas dû participer (de près ou de loin) à ces pratiques commerciales et je m'en excuse et repends sincèrement.

Selon le témoignage du syndic adjoint du conseil de discipline de l'OIQ, c'est le prédécesseur de M. Marquis au poste de directeur régional chez GENIVAR, François Paulhus, qui a été « l'un des stratèges du système mis en place » à Gatineau, qui établissait « le pourcentage des parts de marché » de quatre firmes, soit Cima +, Tecsult, GENIVAR et Dessau. La procureure du plaignant a aussi souligné toutefois que M. Marquis « a participé à presque toutes les réunions du comité des collusionnaires dans la région de Gatineau entre 2004 et 2009 ».

Dans son analyse, le conseil de discipline de l'OIQ note que « la conduite reprochée à [Claude Marquis] est grave et elle porte ombrage à l'ensemble de la profession ».

M. Marquis a ainsi écopé de trois périodes de radiation temporaire de 15 mois à purger concurremment, une peine qui avait fait l'objet d'une recommandation commune des parties.

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