Chantier domiciliaire bloqué dans le secteur Aylmer

Un deuxième «79, Fraser» pourrait fort bien avoir... (Patrick Woodbury)

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Un deuxième «79, Fraser» pourrait fort bien avoir été évité dans le secteur Aylmer.

Patrick Woodbury

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Ça sent le 79, chemin Fraser, ça goûte le 79, chemin Fraser, mais non, le cas problématique qui est actuellement en évolution à quelques coins de rue de cette tristement célèbre adresse n'est pas le petit frère du 79, chemin Fraser.

Un projet d'insertion au 42, rue Cochrane, dans le secteur Aylmer, met actuellement tout le service d'urbanisme de la Ville de Gatineau sur les dents, a appris LeDroit, si bien que la construction sur un terrain très étroit d'un jumelé de deux étages au beau milieu d'un quartier de bungalows vient d'être bloquée par la directrice de l'urbanisme, Catherine Marchand.

«À la suite de demandes de citoyens, la direction du service d'urbanisme a procédé à un premier examen et a décidé d'ordonner l'arrêt des travaux de construction, le 4 août dernier, a précisé Hélène Lachance, porte-parole au service des communications de la Ville de Gatineau. Une validation des conditions d'émission du permis de construction est en cours et devrait être complétée au début de la semaine prochaine.»

Perte d'intimité

Josée Ferland et son conjoint ont emménagé au 44, rue Cochrane en mai dernier. Au moment de l'achat, le couple était pleinement conscient qu'un jumelé de deux étages allait être érigé sur le terrain à côté de leur domicile.

«Nous avons vu les plans et on jugeait que c'était de grandeur raisonnable, explique Mme Ferland. Une fois la construction entamée, on s'est rendu compte que c'était beaucoup plus grand. Le propriétaire avait obtenu un nouveau permis de bâtir et là, sa maison va vraiment empiéter sur notre intimité. La maison est trop haute, trop grande, trop profonde sur un petit terrain de 43 pieds de large et elle ne s'harmonise pas du tout avec le reste du voisinage.»

Le couple s'est de nouveau rendu au service d'urbanisme du secteur Aylmer, où il leur a été indiqué que le permis émis à leur nouveau voisin respectait les normes et que les mesures prises sur le chantier étaient conformes au permis. Mme Ferland a donc décidé d'entamer d'autres démarches, cette fois auprès de la direction du service d'urbanisme. «Catherine Marchand a repris le dossier en main et a fait stopper les travaux immédiatement pour procéder à de nouvelles vérifications», précise-t-elle.

Bonne foi

Mme Ferland admet que ce dossier n'est pas de l'ampleur de celui du 79, chemin Fraser. «Tout le monde est de bonne foi, dit-elle. Le propriétaire respecte son permis, il est de bonne foi et souhaite investir dans sa maison, mais nous aussi nous avons investi et nous considérons que son projet va affecter la valeur de notre propriété et notre quiétude. Il faut bien comprendre que ce n'est pas le 79, chemin Fraser. La maison n'est pas aussi grosse et il ne semble pas y avoir de faute aussi grave de la part de l'administration. Dans le cas du 79, chemin Fraser, les citoyens n'étaient pas écoutés par les gens de l'urbanisme. Nous, nous avons été écoutés et entendus immédiatement. Des actions ont été prises rapidement. Nous sommes pour l'instant très satisfaits de la façon dont le dossier chemine. Pour le reste, nous allons attendre la décision administrative et nous verrons ensuite si nous ferons d'autres démarches.»

«Comme un enfant victime de bullying»

Au bout du fil, Sébastien Leblanc semble découragé. «Mon projet est autorisé par la Ville, il respecte les normes et je suis à la lettre ce que dicte mon permis de bâtir.»

Le propriétaire du 42, rue Cochrane sait très bien que le jumelé de deux étages qu'il érige présentement provoque le mécontentement de ses voisins. 

Il ne s'attendait toutefois pas à devenir la cible de tout un quartier et encore moins à recevoir l'appel d'un journaliste. 

«Ça frôle le harcèlement ce qu'ils font, dit-il en parlant d'une partie de son voisinage. Je me sens comme l'enfant victime de bullying dans une cour d'école. Je ne dors plus la nuit à cause de toute cette histoire. Pourtant, je respecte toutes les règles.»

M. Leblanc s'explique difficilement l'attitude de sa voisine immédiate, Josée Ferland, qui a entamé des procédures pour faire bloquer la construction de la maison. 

«Elle savait que ma maison allait avoir deux étages, dit-il. J'ai répondu à toutes ses questions sur mon projet avant qu'elle achète sa maison le printemps dernier. Le terrain est étroit. C'était l'évidence même que la maison allait être construite assez profondément dans la cour arrière. Elle a quand même acheté sa maison, et là, elle dit qu'elle va perdre son intimité. Je ne peux quand même pas me bâtir une maison sans fenêtre.»

Une visite dans certaines rues du quartier Westboro, à Ottawa, permet de voir à quoi ressembleront certains quartiers d'Aylmer dans certaines années, affirme Sébastien Leblanc. 

«C'est exactement le même type d'insertion que mon projet, dit-il. C'est ça que l'urbanisme voit pour l'avenir. Des rues avec des grands terrains et des bungalows, ça ne se fait plus. On est en 2015. On évolue. Aylmer évolue. J'ai un projet qui respecte les normes contemporaines d'urbanisme, mais je fais face à des gens traditionalistes qui n'en veulent pas et qui décident de s'attaquer à celui qui osera présenter un projet différent. Je ne suis pas le premier avec un tel projet, et je ne serai pas le dernier.»

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