Facture salée pour abattre les frênes

Gatineau a dénombré 3600 frênes sur des sites... (Simon Séguin-Bertrand, LeDroit)

Agrandir

Gatineau a dénombré 3600 frênes sur des sites municipaux aménagés, comme des parcs, et plus de 50000 autres dans des boisés non aménagés de propriété municipale. Ci-contre, des arbres infectés au parc Moussette, dans le secteur Hull.

Simon Séguin-Bertrand, LeDroit

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Sur le même thème

La catastrophe naturelle appréhendée est aujourd'hui bien réelle. L'agrile du frêne ne fait pas de quartier. D'ici quelques années, tous les frênes de la Ville de Gatineau auront été infestés et mourront. La Ville tente tant bien que mal de sauver environ 300 frênes d'une mort certaine en les traitant, mais il s'agit là d'une goutte d'eau dans l'océan et le résultat est plus qu'incertain. L'espèce ne pourra pas être sauvée.

L'infestation se fait à une vitesse telle que Gatineau doit maintenant ralentir la cadence de ses opérations de reboisement pour se concentrer sur l'abattage des arbres malades. Il s'agit maintenant d'une question de sécurité publique. Gatineau a dénombré 3 600 frênes sur des sites municipaux aménagés, comme des parcs, et plus de 50 000 autres dans des boisés non aménagés de propriété municipale. Cela ne compte pas les frênes situés sur des propriétés privées qui subiront exactement le même sort d'ici trois ou quatre ans.

La Ville de Gatineau a réservé plus de 1 million de dollars d'ici l'an prochain pour son plan d'action lié à l'agrile du frêne. Elle dépense actuellement d'énormes sommes pour abattre les arbres sans être en mesure d'en retirer le moindre profit. L'administration a procédé à un appel de proposition auprès des industriels intéressés à valoriser le bois de frêne, mais aucune entreprise ne s'est manifestée.

La Ville de Gatineau est donc contrainte, pour l'instant, de donner son bois. Le service des communications précise qu'elle a une « entente verbale » avec la firme J.M.J. Cette dernière broie et transporte les arbres à l'usine Fortress de Thurso qui utilise les copeaux pour en faire de l'énergie à son usine de cogénération. L'usine doit payer J.M.J. entre 10 et 35 $ la tonne. Fortress confirme avoir reçu cinq livraisons en mai dernier et affirme qu'elle pourrait en recevoir beaucoup d'autres si cela peut aider la Ville à se défaire de son bois.

« Nous avons prévu fonctionner de la même façon tant qu'il n'y aura pas d'intérêt de la part d'autres entreprises, a expliqué au conseil municipal, mardi dernier, Alexandre Dumas, responsable de la foresterie urbaine à Gatineau. Nous sommes ouverts à une meilleure valorisation du bois, mais le problème c'est que nous n'avons pas un volume suffisamment important à offrir. Nous sommes un petit joueur aux yeux des industriels. »

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer