Gatineau, «une ville pas d'affaires»

Le commerçant gatinois David Gomes devra encore faire... (Etienne Ranger, LeDroit)

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Le commerçant gatinois David Gomes devra encore faire une croix sur sa terrasse pour la saison estivale.

Etienne Ranger, LeDroit

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David Gomes n'en revient pas que Gatineau se targue d'être une « ville d'affaires ». Propriétaire du Bistro L'Alambic, ouvert au printemps 2014, il cherche encore à obtenir les autorisations nécessaires pour installer une terrasse. Une question de « survie » pour son entreprise, affirme ce restaurateur qui dénonce « les dédales administratifs » auxquels il dit se buter au service d'urbanisme.

Cela fait quelques mois déjà que M. Gomes détient son permis de terrasse octroyé par la Ville de Gatineau pour son restaurant du 307, boulevard Saint-Joseph. Après un premier été sans terrasse, il croyait que tout serait réglé cette année.

Permis en mains, il soumet une requête à la Régie des alcools, des courses et des jeux (RACJ) afin de pouvoir servir de l'alcool sur sa future terrasse. C'est là qu'il apprend qu'il a aussi besoin d'un « certificat d'autorisation » de la Ville.

« Jamais personne à l'urbanisme ne m'avait dit ça, dénonce M. Gomes. Quand tu demandes un permis de terrasse, la Ville devrait le dire qu'il faut un certificat d'autorisation, parce qu'elle le sait que la Régie des alcools va le demander. [...] Et j'avais présenté une demande pour présenter des spectacles comme à l'intérieur, mais personne à la Ville ne m'a dit que ce ne serait pas permis sur la terrasse. »

« Là, notre deuxième été commence, et je n'en peux plus, j'ai besoin de mes parasols, lance-t-il. Une terrasse, pour moi, c'est une entrée d'argent. [...] Là, je suis en train de penser à retourner me trouver une job de 8 à 4. Une chance qu'on a des super critiques depuis un an, parce que c'est ça qui nous sauve. [...] Le slogan de la Ville, ça ne devrait pas être 'Gatineau ville d'affaires', lance-t-il. C'est 'ville pas d'affaires'.»

Le service des communications de la Ville rétorque que la municipalité s'est opposée à la demande faite à la RACJ en raison de la requête pour présenter des spectacles. La Ville indique que la modification a été faite pour retirer la demande pour les spectacles, et qu'un inspecteur municipal « s'est présenté sur les lieux afin de confirmer que la terrasse est construite et que les enseignes sont conformes. Il a été convenu avec le requérant que certains ajustements mineurs seraient effectués à la terrasse. La Ville pourra par la suite signifier à la RACJ le retrait de son opposition. »

Le directeur général de Vision centre-ville, Stefan Psenak, affirme que des pourparlers ont lieu régulièrement avec le service d'urbanisme afin que la Ville soit informée des problématiques vécues par les commerçants. « Les restaurants-bistros, ce n'est déjà pas un marché facile, alors si on peut leur simplifier la vie pour l'obtention de terrasses, ce serait déjà un grand plus, note M. Psenak. C'est un enjeu dont on discute avec la Ville pour faciliter les choses, pour que l'interlocuteur soit en mesure de remettre aux gens d'affaires l'ensemble des exigences. [...] Il y a une volonté de régler un certain nombre de choses. »

David Gomes estime que la Ville devrait mieux accompagner les entrepreneurs. La Ville note pour sa part qu'« habituellement, lorsqu'un commerçant désire demander un permis d'alcool », un tableau détaillant les étapes à suivre lui est remis, « en adaptant chaque étape au cas concerné ».

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