Des retombées frôlant les 19 M$, selon un rapport secret

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D'après un rapport, un centre multifonctionnel qui attirerait 25 spectacles par année générerait des revenus de billetterie de 7,7 millions$ et des revenus nets d'opération de 1,7 million$ par année.

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La Ville de Gatineau a tout pour développer un véritable marché de l'événementiel et du spectacle de grande envergure. Avec un centre multifonctionnel, la Ville serait en mesure d'accueillir au moins 25 spectacles par année et générer des retombées économiques frôlant les 19 millions$.

C'est le principal constat émis par le Groupe IBI/DAA dans son rapport remis à la Ville, en 2010, sur la validation du marché, les projections d'achalandage, les retombées économiques et les conditions de réalisation d'un volet événementiel dans un nouvel amphithéâtre, dans le centre-ville de Gatineau.

La Ville de Gatineau a toujours refusé de rendre ce rapport public, malgré des demandes répétées. Elle a transmis un nouveau refus il y a quelques jours, cette fois à l'activiste Bill Clennett, qui tentait d'obtenir le document par le biais de la Loi d'accès à l'information.

«Ces documents constituent des analyses qui seront produites à l'occasion d'une recommandation faite dans le cadre d'un processus décisionnel en cours, a expliqué au Droit le directeur des communications de la Ville de Gatineau, Jean Boileau. Conséquemment, ces analyses ne peuvent être communiquées jusqu'à ce que la recommandation ait fait l'objet d'une décision du conseil municipal.»

Ce rapport de plusieurs centaines de pages - dont LeDroit avait obtenu copie sous l'administration de Marc Bureau - est l'un des principaux outils qui ont permis à la Ville d'étayer la pertinence d'investir dans le volet événementiel. Le rapport évalue aussi les différents modèles de gestion pouvant être mis de l'avant par la Ville pour une telle infrastructure.

D'après ce rapport, un centre multifonctionnel qui attirerait 25 spectacles par année générerait des revenus de billetterie de 7,7 millions$ et des revenus nets d'opération de 1,7 million$ par année.

Un sondage mené à l'époque auprès de 400 Gatinois révélait que 68% des répondants étaient favorables à ce que Gatineau se dote d'une telle infrastructure. La proportion grimpe à 87% chez les 18 à 34 ans. Plus de six répondants sur dix ont affirmé s'être déplacés à l'extérieur de la région pour assister à un spectacle qui aurait pu avoir lieu dans un centre multifonctionnel à Gatineau.

Modèle de gestion

Le rapport de IBI/DAA souligne que plusieurs villes canadiennes qui ont attaqué le marché de l'événementiel ont favorisé l'implantation d'un groupe qui garantie un rendement sur les revenus de billetterie en échange d'une exclusivité de programmation. Au Québec, précise le rapport, plusieurs villes ont préféré confier les activités de diffusion à une corporation culturelle régionale. Il s'agit du modèle que préconisait la Ville de Gatineau en remettant cette responsabilité entre les mains de la Maison de la culture. Le troisième modèle est celui pour lequel la Ville de Gatineau a récemment négocié avec le géant de l'événementiel AEG. C'est le modèle américain, où une firme spécialisée prend toute l'infrastructure en charge.

Gatineau refuse l'offre d'AEG

Les négociations entre la Ville de Gatineau et le géant de l'événementiel AEG seraient bel et bien rompues.

Gatineau a rejeté l'offre du groupe de Luc Robitaille pour participer au montage financier du centre multifonctionnel, en fin de journée, jeudi. AEG n'a peut-être pas officiellement lancé la serviette, mais rien n'indique que l'entreprise pourrait soumettre une contre-proposition.

«À mon avis, il n'y a plus d'intérêt de la part de Luc Robitaille et son groupe pour acheter les Olympiques. Je n'en ai pas discuté avec lui, mais ça doit être zéro maintenant.»

Alain Sear
Président des Olympiques de Gatineau

Le président des Olympiques de Gatineau, Alain Sear, a affirmé au Droit avoir contacté la Ville de Gatineau, vendredi matin, afin d'offrir son aide, mais sous certaines conditions. La Ville de Gatineau refuse catégoriquement tout commentaire à ce sujet.

Le président des Olympiques affirmait, tard jeudi soir, qu'un «important revirement de situation» venait de se produire dans le dossier du centre multifonctionnel. Il ne s'attendait même plus à ce que AEG prenne la peine de déposer une offre officielle dans le but d'acheter les Olympiques. Il venait alors tout juste de s'entretenir au téléphone avec Luc Robitaille.

«Il m'a informé que Catherine Marchand (directrice du service d'urbanisme) venait de lui dire que la proposition était rejetée pour des raisons légales, raconte M. Sear. On s'est ensuite salué et la conversation s'est terminée. À mon avis, il n'y a plus d'intérêt de la part de Luc Robitaille et son groupe pour acheter les Olympiques. Je n'en ai pas discuté avec lui, mais ça doit être zéro maintenant.»

Selon une source crédible bien au fait du dossier, la Ville de Gatineau n'aurait même pas pris la peine de transmettre la proposition au gouvernement du Québec pour faire analyser la recevabilité de l'offre transmise par AEG. Plusieurs sources confirment au Droit que AEG avait la ferme intention de faire l'acquisition des Olympiques, et ce depuis plusieurs mois. La vente des Olympiques n'était pas une condition aux yeux de la Ville, mais bien aux yeux de Luc Robitaille et son groupe AEG. M. Robitaille n'a pas retourné nos appels.

Une dernière chance

Selon nos informations, il resterait une toute dernière chance de sauver la construction d'un centre multifonctionnel à 75 millions$. Le groupe actuel de propriétaires des Olympiques tenterait actuellement de trouver un terrain d'entente avec la Ville de Gatineau pour participer au montage financier. Gatineau cherche toujours une dizaine de millions de dollars pour compléter son budget.

Le président des Olympiques explique que sa position demeure la même depuis le début dans ce dossier. «Si nous pouvons aider, pourquoi nous ne le ferions pas, lance-t-il. On a cependant besoin de savoir exactement ce que recherche la Ville. On ne peut pas faire de miracle et aucune entreprise privée ne va se lancer dans une aventure sans pouvoir en ressortir avec un profit. Nous n'avons jamais été mis au courant qu'il y avait une possibilité d'investir 10 millions$ et de devenir gestionnaire de l'immeuble.»

M. Sear admet que le volet événementiel n'est pas naturel pour son organisation. «Mais on peut faire des appels et se mettre à la recherche d'événements, dit-il. Ce n'est pas notre rôle, mais on est capable de s'entourer de personnes clés.»

Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, a confirmé vendredi sur son compte Facebook, que le débat public sur le centre multifonctionnel aura lieu mardi prochain.

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