Litige avec Croisières Outaouais: Gatineau s'explique

Croisières Outaouais amarre son bateau au quai près... (Etienne Ranger, LeDroit)

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Croisières Outaouais amarre son bateau au quai près du pont Alexandra pour le moment.

Etienne Ranger, LeDroit

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C'est avec très peu d'empressement que la Ville de Gatineau a finalement livré, hier, ses premières explications officielles concernant le litige qui l'oppose à Croisières Outaouais pour l'utilisation du Quai des artistes.

Après avoir d'abord refusé de préciser pourquoi la municipalité interdit à Croisières Outaouais d'amarrer ses bateaux au Quai des artistes alors que l'entreprise a remporté l'appel d'offres pour la location saisonnière pendant 25 ans de l'infrastructure, le service des communications s'est ravisé en toute fin de journée.

«L'appel d'offres et le bail spécifient que les droits d'amarrage sont tributaires de l'installation d'un système de défense par Croisières Outaouais, précise la Ville. Ce système de défense, dont les exigences minimales sont définies dans l'entente, vise à protéger les investissements faits par la Ville dans le cadre des travaux de réfection de 1,7 million$ du Quai des artistes. À ce jour, ce système de défense n'a pas encore été installé par la firme.»

D'après les informations qui ont filtré, la Ville exigerait que l'entrepreneur installe une protection suffisante pour faire face à des bateaux dont la force d'amarrage est de 150 kilonewtons, soit la force exercée par de très gros bateaux comme les paquebots.

Le propriétaire de Croisières Outaouais, Robert Taillefer, admet marcher sur des oeufs dans cette affaire et ne souhaite pas commenter le dossier tant qu'il demeure en négociation avec la Ville pour régler le litige. Il précise toutefois que ses bateaux ne développent pas plus de 40 kilonewtons et dit mal comprendre les exigences de la municipalité, surtout qu'il est assuré pour une somme de 5 millions$ et qu'il serait responsable, le cas échéant, des dommages causés au quai.

Quoi qu'il en soit, la Ville de Gatineau l'empêche d'amarrer ses bateaux au Quai des artistes, ce qui a forcé l'entrepreneur a reporté l'ouverture de sa saison et d'annuler ses premières activités.

Selon nos informations, la Ville aurait changé d'idée à plusieurs reprises dans le dossier. Le premier appel d'offres pour la location du quai exigeait une protection pour les bateaux de 150 kilonewtons. Cette exigence a toutefois été retirée lors d'un addenda, quelques jours avant la fermeture de l'appel d'offres. Comme Croisières Outaouais s'est révélé être le seul soumissionnaire, la Ville a pu légalement ouvrir une négociation avec l'entrepreneur et modifier certains éléments de l'appel d'offres. C'est ainsi que l'exigence qui avait été retirée serait réapparue subitement. La négociation à cet effet se serait déroulée pendant plusieurs mois, mais ce n'est qu'au début du mois que la Ville aurait annoncé qu'elle exigeait la protection maximale. Tant la Ville que M. Taillefer ont refusé de commenter cette information.

Un plan B

Une rencontre afin de dénouer l'impasse entre la Ville et Croisières Outaouais a eu lieu, mercredi après-midi, mais elle n'a débouché sur rien de concret. Les ponts ne sont pas coupés, mais la situation est telle que M. Taillefer a dû se trouver un plan B pour éviter de devoir fermer son entreprise.

M. Taillefer affirme s'être entendu, hier matin, tel que LeDroit l'annonçait sur son site Internet, avec la Commission de la capitale nationale (CCN) et la corporation qui gère la Marina de Hull afin qu'il puisse utiliser le quai aux abords du pont Alexandra pendant un certain temps. Il pourra ainsi opérer ses bateaux à partir de la Marina de Hull tant qu'il n'y aura pas d'entente avec la Ville sur les travaux à exécuter au Quai des artistes.

«Les parties ont convenu des prochaines étapes et la Ville est en attente d'une proposition complète de la part de Croisières Outaouais en lien avec le système de défense à être installé au Quai des artistes, précise le service des communications de la Ville. Cette proposition sera ensuite analysée afin de s'assurer qu'elle est conforme aux exigences minimales.»

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