Centre multi: des écarts de prix restent inexpliqués

En relançant un deuxième appel d'offres avec une stratégie différente pour la... (Courtoisie)

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En relançant un deuxième appel d'offres avec une stratégie différente pour la construction du centre multifonctionnel, Gatineau souhaitait réduire les coûts et briser le «facteur Outaouais».

Trois mois plus tard, Gatineau se retrouve encore avec sur la table un projet plus dispendieux que ce qu'elle avait estimé, 11 millions $ plus cher que les 63,5 millions $ prévus. Depuis le premier appel d'offres, dont les dossiers ont été transmis à l'Unité permanente anticorruption, la Ville cherche à comprendre les écarts entre ses estimations et les prix qui lui sont soumis.

En entrevue avec LeDroit, en février dernier, le maire Maxime Pedneaud-Jobin laissait entendre que la région serait en proie à un mystérieux «facteur Outaouais» qui ferait que les projets d'infrastructures publiques coûtent plus cher ici qu'ailleurs. «Il y a un phénomène ici qu'on ne voit pas ailleurs», disait-il.

La présentation faite mardi par les services municipaux et les représentants des firmes externes qui ont concocté les estimations sur lesquelles se base la Ville a apporté un peu d'eau au moulin, mais des questions restent entières, à l'insatisfaction du conseil et du maire d'ailleurs.

Gatineau a réalisé une première au Québec en assujettissant de force sept disciplines du milieu de la construction au Bureau des soumissions déposées du Québec (BSDQ). Son objectif était d'ouvrir le marché à plus d'entrepreneurs en espérant que les forces du marché penchent en sa faveur et se traduisent par des prix plus bas.

«Nous avons eu plus de soumissionnaires, ils venaient d'un peu partout et ça a fait baisser les prix, explique le maire. Nous avons fait baisser d'environ 7 millions $ les coûts du projet.»

De fait, 13 soumissionnaires ont participé à l'appel d'offres pour un des deux lots. Ces entrepreneurs généraux ont établi leur prix avec les meilleures des 92 soumissions soumises par des sous-traitants au BSDQ. Les économies par rapport au premier appel d'offres sont aussi bien réelles, mais certaines spécifications au projet avaient été modifiées par la Ville pour le deuxième appel d'offres, ce qui rend l'analyse moins rigoureuse. L'un des changements majeurs a été de remplacer la structure de béton par une structure d'acier.

Cependant, les prix touchant à la structure du bâtiment sont tous apparus plus élevés que ce qui avait été estimé. Le représentant de la firme externe responsable des estimations dans ce domaine n'avait aucune réponse à donner à la Ville, mardi, pour expliquer cet écart.

«Il y a une question qui se pose dans le cas de l'architecture et ce que le consultant externe nous dit c'est qu'il n'est pas capable de nous expliquer pourquoi, a expliqué le maire de Gatineau. Moi, je n'aime pas entendre ça de quelqu'un qu'on paie pour nous expliquer les choses.» Un examen par les pairs du travail fait par ce consultant sera prochainement effectué.

Le maire Pedneaud-Jobin dit qu'il est encore trop tôt pour savoir si la stratégie utilisée par la Ville lors du deuxième appel d'offres a permis de briser le «facteur Outaouais». «Il est trop tôt, a-t-il dit. On parle d'un seul projet pour l'instant. Mais pour ce projet en particulier, nous considérons que ça a fonctionné.»

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