Alain Riel dénonce le «gaspillage» de frênes

Alain Riel soutient que Gatineau va à l'encontre... (Étienne Ranger, LeDroit)

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Alain Riel soutient que Gatineau va à l'encontre de sa politique environnementale.

Étienne Ranger, LeDroit

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Si la Ville de Gatineau veut continuer de se draper dans la vertu du développement durable, elle doit immédiatement cesser de «gaspiller» en copeaux à brûler pour les usines de pâte et papier les milliers de frênes malades qu'elle abat, clame l'ancien conseiller municipal du secteur Aylmer, Alain Riel.

L'agrile du frêne est impitoyable à Gatineau. À la fin de l'été, ce sont près de 5000 frênes qui auront déjà été abattus sur les terrains de la Ville. À cela s'ajoutent les milliers de frênes sur les terrains privés qui connaîtront le même sort. Seulement en 2014, 6000 frênes privés ont été abattus à Gatineau.

Les arbres coupés par la Ville sont envoyés dans un dépôt sur la rue Granby, près de l'aéroport. Les branches sont déchiquetées pour en faire du paillis pour les activités municipales d'horticulture, mais les arbres sont acheminés, en copeaux, à Thurso, pour y être brûlés à l'usine de Fortress. La Ville confirme ne retirer aucun revenu de ces arbres qui permettent pourtant à Fortress de vendre de l'électricité à Hydro-Québec grâce à son usine de cogénération. «Le bois de frêne a été broyé, chargé et transporté jusqu'à l'usine sans frais», précise Nancy Villeneuve du service des communications de la Ville.

«Gatineau doit cesser ce gaspillage, ce qui se passe est déjà assez tragique comme ça, nous allons perdre la totalité de nos frênes», lance M. Riel, qui a fait des études en arboriculture. Ce dernier a coupé des centaines de frênes sur le territoire de la Ville. «Certains de ces arbres sont des colosses, dit-il. Il y a des spécimens exceptionnels, parfois centenaires, c'est inacceptable ce qui se passe. Ce que fait Gatineau va à l'encontre de sa politique environnementale. Ça vaut une fortune ces arbres-là.»

M. Riel explique que l'agrile du frêne n'abîme pas l'intégrité du bois. Même s'il doit être abattu, le bois de cet arbre franc garde toute sa qualité.

«Il faut trouver des preneurs, dit-il, des scieries, des industriels. On peut faire du plancher avec le frêne, des planches, des poutres, des bâtons de baseball ou encore des manches de hache. Les possibilités sont infinies.»

La Ville de Québec a d'ailleurs fait un projet pilote de valorisation de quelques-uns de ses frênes abattus. Du mobilier et des tables de réunion de l'hôtel de ville ont été faits avec des frênes abattus. Un porte-parole de la Ville de Québec ajoute que la Vieille Capitale continue sa réflexion sur les façons de valoriser cet arbre. À Joliette, la Ville n'a pas encore commencé à abattre ses frênes, mais elle ne s'attend pas à ce que l'agrile contourne la municipalité. La même réflexion est en cours.

«Nous avons encore le temps de voir venir, explique Sonia Hénault, porte-parole de la Ville de Joliette. Il y a différentes alternatives comme par exemple d'en faire profiter les différents ateliers d'ébénisterie qui font de l'insertion à l'emploi. Aucune décision n'a cependant encore été prise.»

La Ville de Gatineau affirme elle aussi poursuivre sa réflexion sur la meilleure manière de valoriser ses frênes abattus pour en retirer le plein potentiel économique. Il doit d'ailleurs en être question dans le cadre de la révision du plan de gestion des matières résiduelles, dont le nouveau plan doit être adopté d'ici la fin de l'année.

«Il y a moyen de faire bien mieux, soutient Alain Riel. Je suis convaincu que le conseil ne réalise pas ce qui se passe sur le terrain. Le conseil doit faire preuve de leadership. Gatineau doit agir comme modèle. Il revient au maire de mettre son pied à terre.»

Mabelanger@ledroit.com

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