Gatineau perd sa seule liaison aérienne

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En perdant cette liaison aérienne permanente, l'Aéroport de Gatineau risque aussi de ne plus avoir accès au généreux Programme d'aide en immobilisation aéroportuaire du gouvernement fédéral. Depuis 2008, ce sont 5,5 millions $ en subventions dont a profité l'aéroport pour faire la réfection de ses installations.

Étienne Ranger, archives LeDroit

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Gatineau, la quatrième ville en importance au Québec, se retrouve vendredi matin sans aucune desserte aérienne commerciale sur son territoire.

Pascan Aviation, aux prises avec d'importantes difficultés financières, effectuera vendredi son dernier vol reliant Gatineau à Québec, et par le fait même aux autres destinations offertes par le transporteur aérien en partance de la Vieille Capitale. Ceux qui voudront prendre l'avion pour se rendre ailleurs au Québec devront, comme dans bien d'autres domaines en Outaouais, se tourner vers Ottawa.

C'est la première fois depuis 2003 que Gatineau se retrouve sans desserte aérienne.

En juin 2014, la direction de l'Aéroport de Gatineau, les dirigeants de Pascan et le maire de Gatineau étaient tout sourires à l'annonce de la reprise, par le transporteur, de toute la gestion entourant la desserte aérienne à Gatineau. La Ville se félicitait des économies ainsi faites par l'aéroport, une corporation pour laquelle elle doit toujours éponger des déficits annuels de plusieurs centaines de milliers de dollars. Pascan voyait grand avec l'ajout de 13 destinations pour les Gatinois.

Moins d'un an plus tard, Gatineau se retrouve Gros-Jean comme devant, alors qu'elle tente de relancer son aéroport.

«Le dernier vol a lieu [vendredi] matin, après il n'y aura plus de desserte aérienne, a confirmé le directeur général de l'Aéroport de Gatineau, Gaston Cloutier. Nous sommes en pourparlers avec d'autres transporteurs pour rétablir la liaison avec Québec et éventuellement d'autres destinations.»

M. Cloutier ne veut pas préciser avec combien de compagnies aériennes il a entamé des discussions, et encore moins préciser quelles sont ces compagnies. «Ça pourrait se faire très rapidement, comme ça pourrait être long, note-t-il. Ça dépend d'un paquet de facteurs. On va tenter de rétablir le service le plus tôt possible.»

Pascan Aviation est dans l'obligation de vendre 14 de ses 22 appareils. À la fin de la restructuration de l'entreprise, pas plus d'une centaine de personnes seront à son emploi. Ils étaient 340 en 2013. À l'Assemblée nationale, la Coalition avenir Québec (CAQ) a reproché au gouvernement de ne pas avoir levé le petit doigt dans ce dossier, qualifiant le tout d'«une autre claque dans la face des régions».

En perdant cette liaison aérienne, l'Aéroport de Gatineau risque aussi de ne plus avoir accès au généreux Programme d'aide en immobilisation aéroportuaire du gouvernement fédéral. Depuis 2008, ce sont 5,5 millions $ en subventions dont a profité l'aéroport pour faire la réfection de ses installations. «L'impact à court terme sera minime parce que la grosse partie des travaux importants a été faite au cours des dernières années», précise M. Cloutier.

Quant au plan de relance sur lequel planche l'aéroport, il a été présenté au comité de relance à la fin du mois de mars. M. Cloutier précise qu'il a été endossé par le comité de relance et que le plan sera déposé au conseil d'administration de l'aéroport dans les prochains jours. L'étape suivante sera de passer le test à la table du conseil municipal.

Des vols entre Gatineau et la Vieille Capitale bien utiles

Il était 22h30, jeudi, quand André Fortin a pris sa voiture pour revenir à la maison. Il venait de terminer une longue journée d'étude de crédits budgétaires à l'Assemblée nationale, à Québec. Le député prévoyait arriver chez lui, dans le Pontiac, vers 3h30 vendredi matin, après avoir parcouru des centaines de kilomètres.

«C'est fatigant, dit le jeune député. C'est le sacrifice à faire si je veux être là quand la petite va se lever demain matin.»

Depuis que Pascan Aviation a réduit son service aérien entre Gatineau et Québec, en mars dernier, le député de Pontiac fait ce voyage en voiture une fois par semaine pour retrouver sa famille quelques jours par semaine. Les horaires de Pascan ne concordaient plus avec ses besoins.

Inutile de dire que la fin complète de la desserte aérienne à Gatineau, annoncée jeudi, ne viendra pas améliorer les choses. «C'est difficile, mais je m'adapte, affirme M. Fortin. Parfois, je fais du covoiturage avec d'autres députés de la région. C'est vrai que ça fait des horaires exigeants, mais à ce titre, je ne suis pas différent de plusieurs de mes concitoyens. Ils sont aussi très nombreux à se lever à des heures de fous et à faire des longues journées pour s'occuper de leur ferme. Nous avons chacun notre réalité, je ne suis pas différent des autres.»

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