Les marchés publics sous la loupe

Le marché public de la rue Laval, ainsi... (Patrick Woodbury, Archives LeDroit)

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Le marché public de la rue Laval, ainsi que les autres sur le territoire gatinois, seront sous la loupe des élus municipaux.

Patrick Woodbury, Archives LeDroit

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Les marchés publics devront trouver une façon de devenir autonomes et cesser de compter sur des subventions municipales pour survivre, croient plusieurs conseillers gatinois.

Mardi, le conseil a renouvelé l'octroi d'une subvention de 25000 $ au marché public du Vieux-Hull, ainsi que le bail du marché public Notre-Dame, dans le Vieux-Gatineau. Ces recommandations ont été adoptées à l'unanimité, mais plusieurs élus ont senti le besoin d'y apporter quelques bémols.

«Un jour ou l'autre il faudra se poser la question», a lancé le conseiller Maxime Tremblay, sous l'approbation de nombreux collègues autour de la table. «Si on continue de financer les marchés de manière perpétuelle, ce n'est plus de la diversification et du développement économique qu'on fait, c'est uniquement du maintien. Il faut s'attendre à ce que ces marchés fonctionnent de manière autonome pour qu'on puisse éventuellement utiliser ces sommes pour appuyer d'autres projets qui deviendront à leur tour autonomes. C'est ça du développement.»

Le défi pourrait toutefois s'avérer ardu pour les marchés publics. Il y a toutefois un exemple qui démontre que l'autonomie est possible: le marché public du Vieux-Aylmer, qui fonctionne sans subvention municipale.

Des difficultés

Le document d'analyse des marchés publics produit par le Comité consultatif agricole (CCA), et dont LeDroit a obtenu copie, est clair. «Tous [les marchés de la région], à différents degrés, ont des difficultés en matière de gestion, d'offre de produits, de variété de produits, de présence de producteur, de promotion et d'appui de leur municipalité, peut-on lire dans le document. Il est difficile de maintenir la qualité de l'expérience recherchée par les consommateurs, conséquemment ces derniers ne sont pas fidélisés.»

L'analyse du CCA mentionne que malgré une fréquentation appréciable, «les gestionnaires des marchés en activité ont mentionné que la question de la viabilité économique demeure l'enjeu le plus important et que le soutien de l'ensemble des partenaires devient alors primordial pour assurer maintien et le développement des marchés publics».

En novembre, le conseil avait mandaté le CCA d'évaluer la pertinence de confier la gestion et la coordination des marchés publics à un organisme municipal. Mardi, Sylvie Goneau a annoncé qu'il n'était pas pertinent de créer un tel organisme. Ce projet est donc mort et enterré.

En novembre 2012, l'ex-conseiller et membre d'Action Gatineau, Stefan Psenak, avait fait adopter une résolution qui allait dans le sens d'une structure de coordination. Considérant que Gatineau n'avait aucun plan de développement pour les marchés publics ni de coordination de ces marchés, il jugeait pertinent que la Ville travaille à un organisme permettant de structurer l'offre de marchés publics. Selon lui, la nouvelle créature administrative aurait pu être une Corporation des marchés publics.

Mardi, le conseil a de nouveau mandaté le CCA, présidé par Sylvie Goneau, de poursuivre le travail d'analyse déjà entrepris l'automne dernier afin de clarifier le rôle que doit jouer la Ville auprès de ses marchés publics.

Portrait des marchés publics analysés

Marché public du Vieux-Aylmer (en activité)

Marché estival situé sur la rue Court, la rue Principale et le chemin Eardley. Sous la gestion de l'Association des professionnels industriels et commerçants d'Aylmer (APICA), ce marché, à sa première année d'activité, comptait 35 kiosques. L'expérience semble positive pour l'ensemble des commerçants, tant les agriculteurs que les artisans. Ce marché ne reçoit pas de subvention de la Ville.

Marché du Vieux-Hull (en activité)

Situé sur la partie piétonne de la rue Laval, ce marché exploité par une coopérative dont le mandat est d'offrir du travail à ses membres travailleurs ainsi que des biens et services à ses membres utilisateurs dans les domaines de l'agriculture, l'horticulture, l'agroalimentaire et l'agrotourisme. En 2014, le marché offrait 45 étals dont la plupart étaient tenus par des producteurs agricoles. Ce marché reçoit une subvention de la Ville de Gatineau.

Marché Notre-Dame (en activité)

Situé dans un bâtiment appartenant à la Ville sur la rue Notre-Dame, ce marché fait partie des efforts de revitalisation et d'animation du Vieux-Gatineau. Géré par l'Association des gens d'affaires et professionnels du Vieux-Gatineau (AGAP), le marché vient de voir son bail avec la Ville renouvelé pour une période de cinq ans. L'AGAP peut sous-louer des espaces. Le marché comprend de la vente au détail de produits maraîchers et horticoles, ainsi que des expositions et la tenue d'activité d'animation et de promotion.

Marché de la Ferme Moore (en développement)

La Commission de la capitale nationale (CCN) est en discussion avec la Coopérative de solidarité de la Ferme Moore pour la mise en valeur de ces terrains. L'accent de ce marché serait mis sur l'éducation, la production et l'aspect champêtre et patrimonial des lieux. Il pourrait aussi y avoir un bistro et une boutique de produits agroalimentaires régionaux

Marché de la Fonderie (en développement)

Mené par Vision centre-ville, le projet consiste à l'établissement d'un marché public permanent et régional dans l'édifice de la Fonderie. Il se voudrait une vitrine sur l'agriculture régionale et un outil de maillage entre les producteurs et les citoyens. Une étude de Plania réalisée en 2012 démontrait que le projet pouvait être rentable, mais nécessiterait des investissements majeurs pour la mise aux normes du bâtiment. Ce projet est actuellement sur la glace et ne fait pas partie des grandes priorités dans le centre-ville.

Marché ambulant (en développement)

Un projet proposé par un regroupement de partenaires qui vise la promotion de saines habitudes de vie. Ce marché ambulant se déplacerait dans certains quartiers défavorisés pour y vendre des fruits et de légumes frais, du lait et des aliments secs en vrac. L'objectif est de réduire l'impact sur les quartiers qui ont une faible accessibilité aux aliments de bonne qualité.

Source: Comité consultatif agricole de la Ville de Gatineau

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