Uber traverse à Gatineau

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Uber a envoyé un message électronique à ses membres chauffeurs, jeudi soir, pour confirmer l'ouverture du marché à Gatineau.

Martin Roy, Archives LeDroit

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Après plusieurs grandes villes du monde, Montréal, Québec et plus récemment Ottawa, LeDroit a appris que Uber tente maintenant d'étendre ses tentacules à Gatineau.

Ce service de transport collectif, dont le système repose sur une application pour téléphones intelligents, bouscule et fait trembler la vieille industrie du taxi de par le monde. Londres, Berlin, Paris, Rome et Washington, partout où Uber s'installe, on tente de l'en empêcher. Très peu y arrivent. Au mieux, Uber doit s'adapter, un peu. À Barcelone, la start-up californienne, valorisée à 18,2 milliards $ en juin dernier, s'attaque maintenant à la livraison de nourriture.

L'Agence de contrôle routier du Québec, l'organisme chargé d'appliquer la loi en la matière, mis au fait de l'information par LeDroit, admet devoir réagir plus vite qu'elle ne l'avait anticipé à Gatineau. Uber est illégal au Québec.

Depuis jeudi soir

Un message électronique envoyé par Uber à ses membres chauffeurs, dans la soirée de jeudi, est venu, comme ça, tout bonnement, confirmer que le marché de Gatineau est désormais ouvert, que les chauffeurs ou les clients soient à Gatineau ou à Ottawa, et peu importe leur destination. La compagnie ne révèle pas le nombre de transports qu'elle fait, mais elle précise que plusieurs milliers de personnes à Ottawa ont installé l'application sur leur téléphone et s'en servent chaque semaine.

«Nous sommes heureux d'annoncer que vous pouvez maintenant recevoir les demandes de Gatineau, confirmait Uber. C'est un pas en avant qui peut représenter de nouveaux défis réglementaires. Cela dit, savez que vous aurez toujours l'appui d'Uber.»

L'Agence du contrôle routier du Québec est ferme. «Notre législation est claire, il s'agit d'un transport de personne qui est illégal au Québec», insiste Ian Crevier, porte-parole de l'Agence en Outaouais.

Réglementation vieillotte, dit Uber

Les positions des deux parties seront toutefois difficilement conciliables. «Les options de transports actuels sont loin de satisfaire les demandes des consommateurs et les chauffeurs, affirme le directeur des communications de Uber au Canada, Xavier Van Chau. Uber est un nouveau modèle d'affaires et l'environnement réglementaire qui a le contrôle sur l'industrie du taxi et de service de limousine ne s'est pas adapté aux nouvelles technologies. Uber aspire à être dans chaque ville du monde.»

À Ottawa, l'automne dernier, la compagnie Uber avait pris la peine de rencontrer les conseillers municipaux pour présenter le fonctionnement de leur application. À Gatineau, ni la direction des communications de la Ville ni le cabinet du maire n'étaient au fait des intentions d'Uber. Contrairement à sa voisine, par contre, Gatineau n'a pas la responsabilité du cadre réglementaire sur l'industrie du taxi. Cette responsabilité incombe directement au ministère des Transports du Québec.

«Ils rôdent»

L'Agence du contrôle routier en Outaouais indique tenter, tant bien que mal, de suivre les allées et venues des chauffeurs d'Uber depuis son arrivée à Ottawa. «Nous savons qu'il y a en a quelques-uns qui rôdent à Gatineau, mais nous n'avons eu aucune plainte officielle, précise M. Crevier. C'est un système complexe sur lequel il est difficile de garder un oeil. Nous sommes à développer une nouvelle approche, à raffiner nos méthodes d'intervention encore traditionnelle. Ça doit être disponible bientôt. Avec ce nouveau renseignement, aujourd'hui, ça nous force à régir plus rapidement que nous l'avions prévu.»

Pour transporter des gens, au Québec, il faut un permis. Il faut acheter une dispendieuse licence de taxi et détenir un permis de conducteur de taxi. Le chauffeur doit montrer patte blanche et son véhicule doit être inspecté et respecter les normes.

Un chauffeur d'Uber qui se ferait prendre par l'Agence du contrôle routier pourrait se voir imposer une amende allant de 350$ à 1050$. Son véhicule peut être saisi dès une première offense, pendant plus de 30 jours en cas de récidive.

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