Des millions pour des flocons

Contrairement à la Ville d'Ottawa, la Ville de... (Étienne Ranger,LeDroit)

Agrandir

Contrairement à la Ville d'Ottawa, la Ville de Gatineau a décidé d'intensifier sa participation financière à l'organisation du Bal de neige, en 2012, après que la Commission de la capitale nationale (CCN) fut contrainte de réduire son financement dans l'événement.

Étienne Ranger,LeDroit

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Coproduire avec Patrimoine canadien le Domaine des flocons dans le cadre du Bal de neige coûte des millions de dollars à la Ville de Gatineau depuis 2012.

Au cours des quatre dernières éditions du Bal de neige, Gatineau a dépensé 2,1 millions $ en argent et en services pour l'aménagement, l'organisation et la gestion du parc Jacques-Cartier, hôte du populaire lieu de résidence des Glamottes pendant les trois fins de semaine de festivités. Pour Gatineau, c'était une augmentation importante de sa contribution ou la menace de voir le Bal de neige quitter son territoire.

Le protocole d'entente signé, chaque année, entre la Ville de Gatineau et Patrimoine canadien, dont LeDroit a obtenu copie, stipule que la responsabilité de la livraison de la neige servant à la construction des immenses glissades revient à la municipalité. En plus des nombreuses livraisons de neige vierge devant être assurées par ses cols bleus, la Ville de Gatineau, aura dépensé, entre 2012 et 2016, près de 375 000 $ en neige artificielle servant à la construction des glissades géantes.

Les Glamottes en péril

Contrairement à la Ville d'Ottawa, la Ville de Gatineau a décidé d'intensifier sa participation financière à l'organisation du Bal de neige, en 2012, après que la Commission de la capitale nationale (CCN) fut contrainte de réduire son financement dans l'événement. Dans le cas contraire, le Domaine des flocons n'aurait pas été l'ombre de lui-même. Dans le pire des cas, les Glamottes auraient peut-être été forcées de déménager.

« Ça représentait une réduction d'environ 150 000 $ pour le Domaine des flocons de la part de la CCN, il fallait réagir, explique Cynthia Lauzon, porte-parole de la Ville de Gatineau. Si la Ville n'avait pas augmenté sa participation pour la réalisation du Domaine, son maintien avec le niveau d'activité actuel aurait été difficile, voire impossible à réaliser. La Ville a donc agi afin d'assurer la pérennité de Bal de neige en sol gatinois. La participation de la Ville à la réalisation du Domaine des flocons assure le maintien des activités au parc Jacques-Cartier, ainsi qu'une meilleure visibilité pour la Ville de Gatineau. »

Le protocole liant Patrimoine canadien et la Ville encadre le partage des revenus des deux parties, tant des stationnements que des commandites dénichées. En terme de visibilité publicitaire, l'élément important poussant Gatineau à investir plus d'un demi-million de dollars par année au Domaine des flocons, le protocole prévoit que le logo de la Ville de Gatineau doit être utilisé dans les communications officielles, ainsi que sur le site. Gatineau a aussi l'autorisation d'offrir certains de ses produits promotionnels sur le site.

La Ville ajoute que le Bal de neige amène des retombées touristiques importantes pour Gatineau, tant en nombre de nuitées, en dépense dans les restaurants, en magasinage et en autres activités connexes. « Les retombées sociales, identitaires, de fierté, d'engagement bénévole ainsi que l'offre de programmation gratuite et l'animation du milieu sont également très importantes », a ajouté Mme Lauzon.

Beaucoup de «locaux», peu de «touristes»

Qui sont ces touristes pour lesquels, entre autres, la Ville de Gatineau a dépensé plus de deux millions$ en quatre ans au Domaine des flocons? Sont-ils générateurs de retombées économiques? Dorment-ils dans les hôtels de Gatineau? Dépensent-ils dans des commerces gatinois?

À l'aube de négocier sa participation financière et son rôle dans la tenue des Mosaïcultures internationales de 2017, un événement d'environ quatre mois pour lequel elle se dit prête à investir un maximum de 2 millions$, la Ville assure que les retombées économiques découlant du Domaine des flocons sont au rendez-vous, tant en nuitées qu'en dépenses de tout genre.

Les données officielles sur le sujet sont cependant bien rares. Une étude de provenance et d'achalandage réalisée en 2011 par la firme Watson Recherche Marketing, dont LeDroit a obtenu copie, révèle que le Domaine des flocons accueille environ 200000 visiteurs pendant le Bal de neige. Du nombre, le tiers ont moins de six ans; les deux tiers, moins de 17 ans. Les autres sont visiblement des parents et des accompagnateurs.

L'étude établit qu'un visiteur local est un festivalier qui habite dans un rayon de 40 km du parc Jacques-Cartier. Il s'agit d'un visiteur qui ne dormira pas à l'hôtel et qui est très susceptible de retourner souper chez lui une fois sa journée au grand air terminée. Ces «locaux» qui se rendent au Domaine des flocons représentent 77% des visiteurs au parc Jacques-Cartier pendant le Bal de neige.

Les «touristes», ceux qui vont dormir au moins une nuit à l'extérieur de leur domicile, représentent 18% des visiteurs du Domaine des flocons. La moitié d'entre eux, selon le rapport de la firme Watson, évitent toutefois de payer une chambre d'hôtel et dorment chez un ami ou un parent.

De la neige artificielle à deux fois le prix

La neige soufflée artificiellement au Domaine des flocons par la firme embauchée par la Ville de Gatineau en 2012 et 2013 valait presque deux fois le prix de la neige soufflée cette année, par la même firme.

À ses deux premières années comme coproducteur du Domaine des flocons, la Ville a confié la production de la neige artificielle à la firme Snö Innovation, de Saint-Bruno de Montarville, pour une somme de 102000$ par année. La Ville confirme que Snö innovation avait été alors le seul soumissionnaire à avoir répondu à l'appel d'offres.

La même firme a depuis obtenu le contrat pour la production de neige artificielle au Domaine des flocons, mais cette fois pour une durée de trois ans, soit de 2014 à 2016, à raison de 58000$ par année, soit presque deux fois moins que dans le premier contrat. Trois soumissionnaires avaient proposé un prix à la Ville lors de cet appel d'offres.

- Avec William Leclerc

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer