Les Mosaïcultures à Gatineau en 2017

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Les Mosaïcultures internationales de Montréal

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La Ville de Gatineau frappe un grand coup en étant sur le point d'attirer chez elle ce qui pourrait bien être l'élément phare des festivités du 150e anniversaire de la Confédération dans la région de la capitale fédérale.

Tel que le révélait LeDroit mercredi matin, le parc Jacques-Cartier, dans le centre-ville de Gatineau, est dans la mire pour être l'hôte des Mosaïcultures internationales pendant tout l'été 2017. Une partie de l'exposition pourrait aussi avoir lieu à la Pointe-Nepean, à Ottawa. Selon nos informations, les investissements nécessaires pour un tel événement d'envergure internationale pourraient atteindre 41 millions $.

Le montage financier est actuellement en cours d'élaboration. Aucune demande officielle de financement n'a encore été déposée au gouvernement fédéral. Les organisateurs s'attendent à attirer plus de 700 000 visiteurs au cours des quelques mois que durera cette exposition d'immenses sculptures florales et végétales.

L'organisation des Mosaïcultures travaille sur ce projet depuis déjà plusieurs mois. Certaines oeuvres ont déjà été esquissées, note la directrice générale de l'événement, Lise Cormier. Un dossier officiel doit être présenté au gouvernement fédéral en avril prochain. Mme Cormier s'attend à une confirmation de financement d'Ottawa au plus tard à la fin de l'été. L'important chantier au parc Jacques-Cartier pourrait s'amorcer dès le printemps 2016.

«Là, il faut préciser notre montage financier, le concept général, finaliser les plans d'aménagement, déterminer les paramètres encadrant le choix des oeuvres exposées, préciser l'animation sur le site, valider les budgets et la valeur des legs que nous laisserons à la région», a précisé Mme Cormier.

«Difficile de dire non»

Malgré l'enthousiasme évident des autorités municipales de Gatineau, il reviendra au gouvernement fédéral d'accepter ou non ce projet. Mme Cormier affirme que son échelle de confiance se situe à 8 ou 9 sur 10. Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, voit mal comment Ottawa pourrait refuser un tel projet.

«Le gouvernement fédéral est souverain, il peut toujours dire non, mais moi je pense que s'il y a un projet sur la table qui est extrêmement intéressant de toutes sortes de façons pour le positionnement de la capitale fédérale, c'est bien celui-là, a lancé le maire. Ça va être difficile de dire non pour le fédéral. Les astres sont bien alignés. C'est un projet spectaculaire, qui a une touche environnementale et qui est symboliquement intéressant.»

Des emplois et des millions en retombées

Les Mosaïcultures internationales, de l'aveu même de leur directrice générale, Lise Cormier, coûtent cher. «Mais elles génèrent aussi beaucoup de sous», s'empresse-t-elle d'ajouter.

En 2013, à Montréal, la tenue de l'événement a nécessité un investissement de 30 millions $. À Gatineau, avec une envergure encore plus grande et un parc où tout est à faire pour accueillir l'exposition, les coûts pourraient friser les 40 millions $, selon nos informations.

Le jeu en vaut la chandelle, clament toutefois le maire de Gatineau et Mme Cormier. Plus d'un million de visiteurs se sont rendus à Montréal, il y a deux ans. Selon une étude de KPMG, la Ville a dégagé un excédent de 3,3 millions $. Les Mosaïcultures ont permis l'injection de 35,3 millions $ dans l'économie québécoise et donné une valeur ajoutée de 22,7 millions $ dans l'économie de Montréal.

Les Mosaïcultures feraient aussi travailler des centaines d'ouvriers de toutes sortes, des horticulteurs et soudeurs de la région. Ils étaient 371 à Montréal. Mme Cormier explique que le chantier pour les Mosaïcultures de 2017 au parc Jacques-Cartier s'échelonnerait sur une période de 18 mois. «On parle de 4 à 5 millions de plantes, c'est tout le milieu horticole du Québec et de l'Ontario qui serait mis à contribution.»

LE coup de téléphone

Ce que peut parfois faire un petit coup de téléphone... ou deux.

Le maire Maxime Pedneaud-Jobin n'était en vacances que depuis quelques heures quand, quelques jours avant Noël, il a reçu un appel du président de la Chambre de commerce de Gatineau (CCG), Antoine Normand. «Il me dit que les Mosaïcultures seraient intéressées à venir à Gatineau et que si on démontrait un peu d'enthousiasme, ça pourrait aider», raconte le maire.

Ce dernier met ses vacances en attente et contacte la directrice générale des Mosaïcultures. «Le coup de téléphone du maire Pedneaud-Jobin, le 17 décembre, est tombé à point», reconnaît la dg Lise Cormier, qui n'a pas hésité à vanter le dynamisme avec lequel la Ville de Gatineau l'a approché.

Deux mois plus tard, la Ville est sur la bonne voie pour accueillir chez elle un événement unique, exclusif et d'envergure international qui, selon le maire, pourrait «marquer Gatineau pour longtemps».

Pendant ce temps, à Ottawa

Plusieurs se sont demandé quel serait l'apport de la Ville d'Ottawa dans ce projet d'envergure qui se tiendrait en majorité en sol gatinois.

La Ville de Gatineau, par le biais de son CLD, n'a pas tardé à investir 175000$ dans l'étude d'avant-projet des Mosaïcultures internationales de 2017. Le maire de Gatineau a précisé que la Ville pourrait dépenser, en argent et en services, jusqu'à 2 millions $ dans le projet.

Pour sa part, le maire d'Ottawa, Jim Watson, a salué les efforts de Gatineau pour «attirer ce spectacle incroyable». «Il s'agit d'un bon exemple des efforts déployés par Gatineau pour accueillir un événement important en 2017, a-t-il affirmé. De notre côté, nous travaillons aussi vers le même but. Ce n'est pas une compétition. Nous travaillons ensemble.»

L'oeuvre Terre-Mère... (Courtoisie) - image 5.0

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L'oeuvre Terre-Mère

Courtoisie

Des sculptures végétales de 100 tonnes

Pour le 150e anniversaire de la Confédération, les Mosaïcultures veulent offrir au Canada «un bouquet de fleurs spectaculaire et fantastique à l'image de l'innovation et de la créativité qui anime le pays», a lancé mercredi la directrice générale de l'organisation, Lise Cormier.

Ce doit être «l'événement à ne pas manquer en 2017, tant au niveau national qu'international», a-t-elle ajouté.

Une des oeuvres fétiche des précédentes Mosaïcultures, la Terre-Mère, serait reproduite pour le 150e et figurerait parmi les quelque 50 oeuvres présentées. Il s'agit d'une immense sculpture faisant 17 mètres de haut et pesant près de 100 tonnes. À cela s'ajoute une envolée d'oiseaux pesant chacun entre trois et cinq tonnes.

En 2013, l'événement avait la certification écoresponsable de niveau 3. Les sculptures sont alimentées en eau par un système de «goutte à goutte» et sont remplies d'un terreau spécialement développé pour les Mosaïcultures afin de conserver l'eau très longtemps. «Nous utilisons un minimum d'eau pour un maximum d'effet», précise Mme Cormier.

Un legs pour le futur

Une fois les 114 jours d'exposition prévus terminés, que restera-t-il des Mosaïcultures, pour Gatineau? Le parc Jacques-Cartier devra avoir été complètement réaménagé.

«Pour nous, ça va devenir notre Place des festivals, a précisé le maire de Gatineau. On veut que ce qui demeure en place nous permette dans le futur d'animer ce parc et y accueillir d'autres festivals.»

Le coprésident du comité gatnois du 150e, Maxime Tremblay, précise que Gatineau héritera de tout le système d'irrigation sur le terrain. «Ça peut aussi être des sentiers ou encore des lacs artificiels, dit-il. Il y aura des infrastructures que nous pourrons réutiliser.»

Un tel legs tombe aussi dans les cordes de la Commission de la capitale nationale (CCN), propriétaire du terrain, qui souhaite voir plus d'action et d'activités dans ses parcs. «Cet événement va changer à long terme le visage du parc, a indiqué le premier dirigeant de la CCN, Mark Kristmanson. C'est un bijou dans la région et nous voulons qu'il devienne une structure plus efficace pour attirer d'autres événements d'envergure dans la région de la capitale.»

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