Un projet de train privé

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Le pont Prince-de-Galles a été acheté au CN au coût de 12 millions $ par la Ville d'Ottawa, en 2005.

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Une entreprise d'Ottawa croit avoir en main le projet qui permettra d'arrimer les réseaux de transport en commun de Gatineau et d'Ottawa.

Mobilité Outaouais-Ottawa Systèmes & Entreprises (MOOSE) propose de financer les réparations du pont Prince-de-Galles, qu'elle évalue à environ 10 millions $, en échange de quoi elle pourrait utiliser gratuitement, jusqu'à concurrence du prix des travaux, les rails pour y faire circuler son train et ainsi arrimer un éventuel Rapibus dans l'ouest de Gatineau avec le train léger d'OC Transpo, aux plaines LeBreton.

Joseph Potvin, président-directeur général de MOOSE, une firme basée à Kanata dont l'objectif est de créer un consortium régional de partenaires privés, croit que le maire d'Ottawa fait fausse route en ne souhaitant pas développer rapidement un lien permettant d'arrimer les services de transport en commun des deux rives de la rivière des Outaouais.

Le pont Prince-de-Galles a été acheté au CN au coût de 12 millions $ par la Ville d'Ottawa, en 2005. À l'origine, le train léger devait emprunter ce pont pour s'arrimer avec les services de la Société de transport de l'Outaouais (STO), mais les derniers documents à l'étude pour la phase 2 du train léger font maintenant abstraction de ce tronçon.

Le projet que tente de développer MOOSE va cependant beaucoup plus loin qu'un simple lien entre Ottawa et Gatineau. C'est toute la zone rurale en périphérie d'Ottawa et de Gatineau que l'entreprise souhaite relier à l'agglomération urbaine grâce aux infrastructures ferroviaires déjà existantes. Le tout serait financé à 100% par des capitaux privés.

M. Potvin souhaite attirer suffisamment de capitaux privés à l'intérieur d'un consortium afin de relier, par train, les villes de Montebello, Wakefield et Bristol au centre-ville de Gatineau. Du côté ontarien, il souhaite, avec la même stratégie, relier Maxville, Smith Falls et Anprior à Ottawa. Son service de train viendrait s'arrimer au corridor du Rapibus, dans le cas de Gatineau, et au train léger, dans le cas d'Ottawa. Le démantèlement des rails dans le Pontiac le force cependant à revoir des parties du projet.

«Mais notre modèle d'affaires ne se limite pas au transport en commun, dit-il. Il repose plutôt sur l'augmentation de la valeur foncière des biens immobiliers situés à proximité des points d'accès à notre service ferroviaire. Les membres que nous souhaitons attirer dans le consortium sont des promoteurs immobiliers, commerciaux ou industriels souhaitant augmenter la valeur de leurs actifs grâce au levier que représenterait la proximité avec le train MOOSE. Les municipalités intéressées pourraient aussi faire partie d'un tel consortium.»

M. Potvin reconnaît qu'il est encore loin de pouvoir réaliser un tel projet. La loi lui permet toutefois de pouvoir négocier des droits d'utilisation des chemins de fer existants.

La STO ouverte

La STO se dit ouverte à un tel projet d'intermodalité sur le territoire de l'Outaouais, mais regarde MOOSE d'un oeil quelque peu suspicieux.

«Nous avons rencontré M. Potvin, nous connaissons son projet, mais il lui reste encore énormément de travail à faire pour que ce projet puisse être considéré comme faisable», a indiqué Salah Barj, directeur de la planification et du développement à la STO.

M. Barj précise que la STO ne voit pas le projet de MOOSE comme un éventuel concurrent, mais comme une façon de compléter l'offre de transport dans la région. «Nous cherchons toujours des façons de collaborer et d'améliorer les déplacements régionaux, notamment avec notre périphérie, explique-t-il. Pour nous, ce projet représente une façon de créer de l'intermodalité sur notre territoire. L'idée est louable, elle mérite d'être examinée, mais il revient aux gens de MOOSE de faire ce travail.»

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