Financement de l'OSG: le maire fait fausse note

L'ex-premier violon de l'OSG n'est pas étonné qu'il... (Courtoisie)

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L'ex-premier violon de l'OSG n'est pas étonné qu'il y ait de moins en moins d'étudiants dans les conservatoires de la province.

Courtoisie

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L'ancien premier violon de l'Orchestre symphonique de Gatineau a grincé des dents, la semaine dernière, en constatant les propos du maire de Gatineau voulant que les Gatinois en aient assez pour leur argent avec leur orchestre.

François Goudreau dit comprendre le raisonnement de Maxime Pedneaud-Jobin. «Mais il est basé sur une fausse prémisse», ajoute-t-il.

Les subventions à la culture sont très importantes dans une société, rappelle le violoniste professionnel. «La culture a toujours été liée à l'avancement des sociétés, souligne M. Goudreau. Là, la culture joue le rôle de parent pauvre. Ce qui se passe au Québec n'est pas le signe d'une société qui avance, mais qui régresse. Le rôle du maire de Gatineau n'est pas d'être content avec ce qu'il a. Son rôle c'est de faire avancer la société, comme il peut. Ce n'est pas dans une position d'attentisme et complaisante comme celle-là que ça va s'améliorer.»

Subvention municipale

La subvention de la Ville de Gatineau, dont le protocole a été officiellement adopté mercredi par le comité exécutif, atteint 127500$.

François Goudreau salue cette contribution municipale, mais est loin d'être convaincu que tout le monde fait sa part dans le financement de l'orchestre gatinois. L'Orchestre symphonique de Gatineau est l'orchestre régional qui reçoit le moins d'argent du Conseil des arts et des lettres du Québec, 71 000$ en subvention. À titre de comparaison, celui de Rimouski reçoit 106800$. À Laval, c'est une subvention de 225000$ qui est empochée annuellement, et 280000$ à Trois-Rivières.

Plusieurs de ces orchestres ne paient pas leurs musiciens aux prix fixés par la Guilde des musiciens, soit au salaire minimum de ces musiciens. Ils s'en disent incapables, explique M. Goudreau. «En acceptant ces salaires, et ils n'ont pas le choix, les musiciens se retrouvent à subventionner leur propre orchestre et favorisent ainsi leur appauvrissement.

M. Goudreau a cessé d'être 1er Violon à Gatineau il y a deux ans, après une longue carrière. Il était alors le musicien le mieux payé. Il gagnait 1300$ par concert. Un concert, dit-il, représente trois jours de travail. Les moins bien payés ne font pas 500$ par concert. L'Orchestre symphonique de Gatineau fait cinq concerts par année.

Autrement dit, les musiciens professionnels ne vivent pas riches. Ayant la chance de jouer dans quelques autres orchestres symphoniques, M. Goudreau arrive à faire un salaire annuel d'environ 25000$. «Ce n'est pas étonnant que les gens quittent le milieu et qu'il y a de moins en moins d'étudiants dans les conservatoires, dit-il. Il doit y avoir une prise de conscience. Ça prend entre 15 et 20 ans pour former un musicien professionnel. C'est plus long qu'un médecin. Les musiciens ont des bac et des maîtrises. Ils sortent de l'école avec des dettes atteignant parfois 25000$. Un bon violon, c'est impossible à trouver en bas de 10000$. Combien de banques connaissez-vous qui vont prêter cet argent à un musicien?»

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