Autonomie des villes, prise 2

La présidente de l'UMQ, Suzanne Roy, de passage... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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La présidente de l'UMQ, Suzanne Roy, de passage jeudi à Gatineau, a rappelé l'engagement électoral du PLQ envers le monde municipal.

Patrick Woodbury, LeDroit

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L'année 2014 devait être celle où le monde municipal québécois allait gagner l'autonomie qu'il juge lui revenir. Le gouvernement libéral de Philippe Couillard avait cependant d'autres plans. Ce n'est que partie remise en 2015, selon la présidente de l'Union des municipalités du Québec (UMQ), Suzanne Roy.

De passage en Outaouais, jeudi, dans le cadre d'une tournée provinciale, Mme Roy a rappelé que Québec s'est compromis sur deux grands enjeux importants pour le monde municipal. D'ici la fin de l'année, les villes devraient bénéficier d'une loi sur l'autonomie municipale et d'une refonte en profondeur de la fiscalité des villes qui devra refléter cette autonomie nouvellement acquise. 

«Un ne va pas sans l'autre, a insisté Mme Roy, en rencontre éditoriale avec LeDroit. Ce sera une négociation, mais il y a présentement une solidarité municipale comme il n'y en avait pas eu depuis au moins 20 ans actuellement. Le gouvernement s'est engagé. Personne ne lui a tordu le bras. Il a pris ces engagements avant, pendant et après la période électorale. Nous espérons que 2015 soit l'année de la mise en place de ces engagements.»

Trop de dédoublements

D'abord l'autonomie. Tant Mme Roy que le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, dénoncent la lourde et souvent inutile reddition de compte que Québec exige des municipalités. «Le gouvernement passe des semaines à refaire ce qui a déjà été fait par les villes, note Mme Roy. Ça coûte une fortune aux villes, au gouvernement et finalement aux contribuables en études qui se multiplient.»

Il y a là des économies importantes à faire pour tout le monde, ajoute le maire de Gatineau. «Un fonctionnaire de Québec nous a déjà demandé de voir la vidéo d'un tuyau qu'on avait pris [pour autoriser un projet d'infrastructure], raconte-t-il avec une certaine dérision. C'est anecdotique, mais assez révélateur de jusqu'où Québec va pour refaire le travail que nos fonctionnaires et ingénieurs ont déjà fait.»

Diversifier les revenus

L'UMQ se range décidément derrière Gatineau sur la question des frais de croissance, que le maire nomme maintenant des redevances de développement. Suzanne Roy ajoute d'ailleurs que la loi doit être modifiée pour permettre aux villes qui souhaitent le faire d'étendre ses frais aux services à la personne. 

La fiscalité des villes n'a pas été réformée depuis plus de 30 ans. À l'époque, le rôle des villes se limitait aux services aux propriétés en infrastructures, comme les routes et les égouts. Des études universitaires citées par Mme Roy soutiennent qu'en moyenne, 56 % des dépenses d'une municipalité vont maintenant aux services à la personne. «Les temps ont drôlement changé, lance-t-elle. À partir du moment où nous devons dépenser dans des domaines liés à la personne, pourquoi l'argent qui y est dévolu ne nous est pas transféré.»

Québec ne pourra toutefois pas se garder le beurre et l'argent du beurre. S'il agissait de la sorte, le contribuable en pâtirait encore un peu plus, note Mme Roy. Si le gouvernement provincial permet aux villes d'obtenir tous les revenus en liens avec leurs dépenses réelles, il devra cesser de percevoir de l'argent pour des services qu'il ne donne déjà plus et qu'il a pelleté dans la cour des municipalités, rappelle l'UMQ. «Québec devra aussi faire ses propres devoirs», ajoute Mme Roy. 

Si Québec respecte ses promesses envers les villes, et si les changements mis en place sont ceux demandés, le monde municipal connaîtra, au cours des 12 prochains mois, sa plus vaste réforme depuis un siècle.

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